Pharmacie en ligne : entre danger et contrefaçon, une issue ?

médicaments spam Véritable fléau tristement connu comme l'une des sources du spam, la vente de médicaments frauduleux  sur Internet est un thème bouillant, pour ne pas dire effervescent. Nous savons que la Belgique va prochainement innover dans le contrôle des médicaments : un système élaboré par Aegate permettra en effet une maîtrise lors des ventes. Une banque de données centralisée validera, à distance, l'authenticité du produit.  Cette mesure vise à lutter contre la prolifération de contrefaçons.

Car évidemment, jouer avec les médicaments ne revient pas simplement à pénétrer le cercle fermé et lucratif des laboratoires pharmaceutiques. La contrefaçon de molécules, et par conséquent des produits médicamenteux, entraîne un risque patent pour la santé. Si en France, délivrer des médicaments n'est autorisé qu'en officine, ce monopole implique et garantit surtout conseils et garanties de professionnels pour accompagner les prescriptions.

Contrefaçons dangereuses

Internet, à l'heure actuelle, servirait donc de "vide-grenier" aux contrefacteurs, qui, par le biais des fameux spams, écoulent une marchandise frauduleuse et moins chère. Selon l'OMS, ce commerce, via le net et d'autres moyens de vente, entraîne 32 milliards de dollars par an. Et plus alarmant encore, un médicaments spammédicament sur dix serait faux : au mieux inactif, au pire  gravement toxique. Et parmi les têtes de peloton, de récentes saisies en Europe affolent : antihistaminiques en Angleterre, anticancéreux aux Pays-Bas, antidépresseurs en Belgique (dont la France raffole tout particulièrement).

La prudence recommande de ne pas acheter en ligne, d'autant que seule une prescription médicale assure leur remboursement, en France du moins. Les risques sont considérables, pour les plus célèbres cachets luttant contre les troubles érectiles, y compris pour de simples "coupe-faim". Pratique fortement déconseillée, fut-ce par prudence, et plus globalement strictement interdite par la legislation française. Et pourtant...

Le net, approvisionnement facile mais à risques

Si en un clic, de pâles imitations remplissent votre armoire à pharmacie, le contrôle à l'échelle mondiale est impossible. Isabelle Adenot, présidente de la Section A de l’Ordre national des pharmaciens, explique : « La coordination internationale se révèle d’autant plus difficile que les lois sont totalement hétérogènes et que se juxtaposent sur Internet une offre tout à fait légale dans certains pays avec une autre totalement illégale. » Sa vente sans encadrement pourrait être compensée par un dialogue interactif, mais qui touche alors à un point sensible : les données de santé et leur caractère privé. Le risque de dérive fait à nouveau peur.

En réalité, le noeud gordien provient de cette funeste habitude qu'est l'automédicamentation, et par extension, via le Net, l'autoprescription. En Allemagne, la vente de médicamentscaducée est légale, à condition qu'elle soit encadrée par un pharmacien. Deux critères à mettre ainsi en exergue : prévenir l'autoprescription et structurer un cadre légal nécessaire. Et les solutions existent pourtant : « Seul un pharmacien titulaire d’officine pourrait avoir un site Internet proposant une pharmacie virtuelle. Cela signifie qu’il ne pourrait pas se consacrer exclusivement à cette activité puisqu’il faut qu’il soit le titulaire d’une officine et exerce réellement. »

Si l'intérêt d'une vente par correspondance peut permettre à des régions mal couvertes, ou dont les officines sont trop distantes, alors Internet, bien cadré peut offrir une solution. En France, cependant, on reste frileux. Au quotidien, 23 000 officines prodiguent  300 millions de médicaments non-remboursés. La densité serait d'une pharmacie pour 2600 habitants, avec des horaires et des gardes assurés pour une amplitude maximale. La vente par Internet perdrait alors une grande partie de son bénéfice.

Assurance-vie ou profits sur la vie ?

Récemment encore, rappelle QuotiPharm, 6 Chinois furent arrêtés pour détention et vente de médicaments contre l'obésité, non encore commercialisés en France, et marqués du sceau Sanofi-Aventis. Ces trois directeurs d'entreprises chinoises risquent 5 ans, et 500 000 € d'amende, pour contrefaçon de brevet en bande organisée, vente et exportation de contrefaçon, pubicité mensongère, imitation et suppression de marque, et tentative de tromperie aggravée par le risque que sa consommation fait courir.

croix La sécurisation de l'étiquetage optimiserait également la lutte. le Datamatrix englobe plusieurs codes-barres linéaires (code refermant jusqu’à 8000 caractères), et sera obligatoire au 1er janvier 2014. La solution RFID est aussi évoquée. Malheureusement, cette étiquette coûte 400 fois plus cher que le Datamatrix. Prévention et information, à l'image des initiatives du Leem, lors des journées du 16 au 21 octobre derniers, restent pour l'heure les meilleures solutions.

Et un bon filtre antispam ?

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