La Californie en plein « SchwarzyGate » numérique

Téléphonator 63
Le gouverneur de la Californie Arnold Schwarzenegger est en plein mini-scandale cybernétique. L'ancien acteur hollywoodien s'est récemment fait chiper l'enregistrement d'un de ses entretiens téléphoniques, dans lequel il fait référence au « sang chaud » de certains élus locaux hispaniques et afro-américains dans leur passion de la chose politique.

L'enregistrement, stocké initialement sur un ordinateur appartenant à l'État, a finalement atterri dans les bureaux du Los Angeles Times, qui n'a pas manqué d'en publier de larges extraits. L'opposition qualifie immédiatement les propos de l'ex-Terminator d' « agressifs et embarrassants » pour les communautés concernées.

L'opposant monté au créneau est un fervent ennemi démocrate de Schwarzenegger, Phil Angelides. Il fut le premier à réagir à l'article du Los Angeles Times, un peu trop vite d'ailleurs... Du côté du « gouvernator », on affirme que l'enregistrement a été volé par un pirate qui s'est illégalement introduit dans les fichiers d'un ordinateur d'État, l'adresse IP de l'attaquant aurait d'ailleurs été identifiée. Le vol aurait eu lieu la nuit du 29 au 30 août dernier...

Schwarzenegger

Après quelques excuses formulées par Schwarzenegger en personne, certains républicains auront même qualifié l'affaire de « Watergate technologique ». Bref, un petit scandale à l'occidentale.

Et ce n'est pas fini, le dénouement est encore tout frais. Le fameux démocrate Phil Angelides, premier critique virulent du gouverneur, avoue aujourd'hui avoir légèrement aidé le Los Angeles Times à obtenir l'enregistrement litigieux. Mais il se défend d'avoir commis un acte de piratage, car aucune « cyber-effraction » n'a été nécessaire, selon lui.

Angelides affirme en effet que ces fichiers audio ont été téléchargés « sur un site accessible publiquement, ne requérant pas de mot de passe, sans aucune mention de confidentialité ». Considérant cela, il a estimé que ces fichiers se devaient d'être publiquement révélés. La page Web en question a été supprimée depuis, mais elle est encore visible sur le cache de Google, certainement plus pour longtemps...

La page, censée rester dans le domaine privé, se serait retrouvée sur le Web à la suite d'une erreur d'administration réseau, le dossier dans lequel sont stockés les MP3 du scandale n'aurait alors eu aucune restriction d'accès. On en saura plus sur cette histoire de colosse aux pieds d'argile à la fin de l'enquête des autorités californiennes.