Les Etats-Unis lâchent du lest sur le contrôle du net ?

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Un soupçon de début d’internationalisation du contrôle du net ? Le secrétaire chargé des communications et de l'information, John Kneuer, a donné un signal en ce sens. Selon lui, les États-Unis restent engagés dans un processus de privatisation de l'Internet. Un processus qui aurait donc débuté, mais pour lequel paradoxalement peu de signes extérieurs sont visibles.

icannCes propos ont été énoncés alors que l’accord de 1998 entre Icann et États-Unis arrivera à terme le 30 septembre prochain. Une occasion pour les États-Unis de lâcher du lest sur leur contrôle de la gouvernance et des serveurs racines. Le contrat en question pourra toutefois être renouvelé dans des conditions identiques si ces déclarations de principes ne sont suivies d’aucune avancée réelle…

l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN) est une organisation de droit privé à but non lucratif très proche du gouvernement fédéral américain. Sa mission est d’allouer l’espace des adresses de protocole Internet (IP), d’attribuer les identificateurs de protocole, de gérer le système de nom de domaine de premier niveau pour les codes génériques (gTLD) et les codes nationaux (ccTLD), et d’assurer les fonctions de gestion du système de serveurs racines.

« En tant que partenariat public-privé, l’ICANN a pour mission de préserver la stabilité opérationnelle d’Internet, de promouvoir la concurrence, d’assurer une représentation globale des communautés Internet, et d’élaborer une politique correspondant à sa mission suivant une démarche consensuelle ascendante » claironne l'organisme.

Le dernier épisode du domaine XXX, dont le rejet fut téléguidé par l’administration Bush fait mentir le sens de ce processus. Tout comme celui de la question de l’accès au Whois, que certains aimeraient restreindre pour protéger la vie privée des détenteurs de nom de domaine. La Federal Trade Commission (FTC), gendarme du commerce outre-Atlantique, a pourtant pesé de tout son poids pour qu’en soit abandonnée l’idée, au prétexte de lutter contre certaines fraudes.

Le 30 juin 2005, ce même Département américain du Commerce déclarait vouloir « garder la main sur les serveurs racines de l’Internet indéfiniment ». Quant à David Gross, l'ambassadeur et coordinateur de la politique de la communication et de l'information des États-Unis au niveau international déclarait « nous n’accepterons pas que la prise en charge de l’Internet par les Nations Unis » Des aveux prémonitoires ?