VeriChip : des puces RFID dans le bras des immigrés ?

Le saut de puce de trop ? 357
Dans une émission titrée « Hear and Know” sur Fox & Friends" (*), Scott Silverman, Chairman de la société VeriChip Corporation a exposé quelques-unes de ses idées pour l’avenir. Verichip, pour mémoire est le spécialiste mondial des puces par radiofréquences et de la traçabilité. Le roi du tag, non sur les murs, mais sous la peau, n’est jamais très loin lorsqu’il s’agit de pucer à tout va.

En 2002, par exemple, trois membres d'une même famille de Floride se faisaient implanter dans le bras une VeriChip afin de collecter et d'analyser les données nécessaires à leur suivi médical. Verichip a encore des alliances avec ORBCOMM, afin de réfléchir à une association puce-GPS-satellite. En Espagne, une boîte de nuit propose elle d’implanter une VeriChip dans l’épaule des personnes afin qu’elles puissent payer leurs consommations ou leur entrée à distance. Ces implants sont encore utilisés à tour de bras dans les hôpitaux afin d’accompagner le patient avec son dossier médical « sous le bras » (le système Verimed vient justement d'être adopté par 13 nouveaux centres hospitaliers américains).

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Scott Silverman a donc proposé dans cette émission de la Fox que ces puces pourraient être utilisées pour contrôler les flux migratoires : une Verichip, de la taille d'un grain de riz, seraient judicieusement implantées dans le corps des travailleurs immigrés, avant qu’ils ne viennent aux Etats-Unis dans le cadre de travail saisonnier. Il suffirait par exemple d'exiger la présence de cette puce pour donner le feu vert à la frontière « On peut penser qu’il s’agit d’une technologie appropriée qui peut être employée entre autres, pour s'assurer que des travailleurs immigrés entrant et sortant des Etats-Unis, sont correctement enregistrés » explique l’intéressé. Une mesure idéale donc pour s’assurer des contrôles exigés en la matière et qui trouverait aussi « une place au niveau de l’employeur ».

Sur le thème de l'immigration et des RFID,  Verichip a reconnu, à demi-mot, faire du lobbying à Washington pour que sa voix soit entendue. L’idée de M. Silvermann tombe en tout cas à merveille alors que le Sénat américain discute actuellement une nouvelle loi en la matière.

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Répondant au fantasme du contrôle et de la traçabilité absolue des êtres humains, les questions dépassant le pur cadre commercial ou réglementaire semblent hors de portée de l’intéressé... Dans le même temps, heureux hasard du calendrier, Jim Doyle, gouverneur du Wisconsin, a signé une loi qui froissera Verichip : elle interdit pénalement le fait d’exiger d’une individu l’implantation d’une micropuce sous la peau. L’amende, qui a été fixée à un plafond de 10 000 dollars, risque de rester en travers de la gorge de VeriChip...

(*) On trouvera une retranscription de l’interview chez SpyChips.