Milka.fr en appel : pas de droit, pas de chocolat

Le pot de terre contre le pot de .fr 163
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le jeudi 27 avril 2006 à 16:07
Lorsqu’on saisit aujourd’hui l’adresse de Milka.fr, le navigateur est automatiquement réorienté sur KraftFoods.fr, où on découvre que « l'aventure de la marque Milka se confond avec celle des premières tablettes de l'histoire du chocolat au lait. Créée par Suchard en 1901, Milka devient le spécialiste des tablettes de chocolat au lait. »

L’aventure de Milka.fr était aussi celle du site de cette couturière, Milka Budimir. Elle s’était vue offerte de ses enfants à Noël 2001 le nom de domaine en question. Milka.fr fut exploité en guise de vitrine de son petit magasin de couture dans la Drôme, sans trop de prétention, du moins dans le domaine alimentaire. La société Kraft, propriétaire de la marque Milka, qui n’avait donc pas estimé nécessaire l’achat d’un .fr, avait néanmoins attaqué la couturière pour récupérer ce .fr.

L’affaire pris rapidement un tournant judiciaire. La société américaine gagnait son procès devant le tribunal de Nanterre. « Le Tribunal a donné raison à cette multinationale ce qui empêche à toute personne d’utiliser le prénom ou le nom de Milka, dans tous les secteurs d’activités qu’elles soient commerciales, artisanales ou libérales. Cette décision me paraît injuste c’est pourquoi j’ai décidé de faire appel devant la cour de Paris » confie-t-elle.

Le résultat de l’appel vient d’être connu, indique l’AFP qui parle de source judiciaire : la Milka, la couturière a encore subi un revers contre Milka, la tablette. Elle devra donc abandonner son prénom en guise d’adresse...On se souviendra que Kraft avait proposé de lui offrir gracieusement Milkacouture.fr, plutôt que choisir Milkachocolat, mais le site n'est pas, à ce jour, actif traduisant un net refus de la couturière...

« Je remercie très vivement les centaines d’internautes qui m’ont manifesté par mail leur soutien dans une affaire qui leur semble typique de la volonté de certaines grandes entreprises de faire la loi sur Internet. » indiquait-elle sur son site, dont on trouve encore des traces sur Internet Archive.