Les puces RFID s'incrustent un peu plus au quotidien

Tu bois quoi, ma puce ? 140
En juillet 2004, nous vous parlions du Baja Beach Club, une discothèque barcelonaise très imprégnée de nouvelles technologies. Ses tenanciers avaient mis en route un système de paiement par puce RFID sous-cutanée. D’un doigt, enfin du membre concerné, passé près d’un scanner portatif, l’on peut être identifié selon un numéro par radiofréquence. A l’aide de ce code barre apposé dans ses entrailles, le consommateur peut ainsi payer son entrée, ses consommations, ou connaître le crédit dont il dispose. Bref, un portefeuille qui tient non dans la poche, mais sous la peau. La puce en question a été conçue sans surprise par Verichip, gros spécialiste dans le secteur des RFID.

Le Baja Beach Club de Rotterdam, pendant hollandais du club espagnol, devait aussi lui adopter ce moyen de paiement. Dans un article du Monde publié cette semaine, on relate que la mise en place s’est là encore bien effectuée. Un espace VIP est même réservé aux 70 clients particuliers qui ont jusqu’à lors accepté de se délester de 1000 euros pour pouvoir payer ainsi. Interviewé par nos confrères, un certain Dick Carlier, ingénieur d’une trentaine d’années, s'explique : « Quand j'ai décidé de me faire poser un chip, mes parents ont eu peur qu'il se casse ou qu'il aille se balader n'importe où dans mon corps. […] Personnellement, je n'ai jamais eu d'inquiétude. Ici à Rotterdam, il y a des tas de gens avec des piercings incroyables, et tout va bien pour eux. Moi, j'ai encore mieux : mon chip est un piercing secret, je me sens unique, original. C'est aussi une carte de crédit invisible, ça me plaît. Quand j'en parle à des gens que je rencontre, ils veulent tous me toucher le bras, pour sentir le chip sous ma peau ». Sur les 70 consommateurs intéressés par cette puce, une dizaine de femmes aurait déjà sauté le pas.

rfid

L’on rappellera que ces puces sont souvent présentées comme une solution idéale dans le milieu médical, afin d’identifier le dossier d’un patient par exemple. Des chercheurs de l’Université de Louvain travaillent ainsi sur l’incrustation d’une puce RFID dans une dent, lieu sûr et beaucoup moins sensible aux effets du temps. On trouve évidemment encore des applications en matière de gestion des stocks, avec la possibilité d’inventaire en un rien de temps. Par propagation, effet de mode ou besoin de sécurité, des applications de plus en plus dérivées des buts initiaux se confirment en tout cas chaque jour, au grand dam des risques pour les libertés individuelles.