Vista : la Commission Européenne met en garde Microsoft

Il y a déjà comme un OS 72
Mieux vaut prévenir que guérir ? Neelie Kroes, la commissaire européenne chargée de la concurrence, vient d’adresser un courrier à Microsoft. L’objet de la lettre se résume dans les propos de Jonathan Todd, porte-parole de la commission, rapportés par Reuters : « Nous sommes préoccupés par la possibilité que le prochain système d'exploitation Vista comprenne plusieurs éléments qui sont actuellement disponibles séparément chez Microsoft ou d'autres sociétés. » Selon le Wall Street Journal, la lettre de N. Kroes a été envoyée à Steve Ballmer le 20 mars dernier, mais Microsoft a déclaré ne pas en avoir été informée et refuse aussi de la commenter.

Pour l’heure, les seules réactions officielles viennent de Microsoft Europe, qui consistent à souligner que « les consommateurs réclament un système d'exploitation plus sûr et plus fonctionnel et Microsoft a conçu Vista pour répondre à cette exigence tout en respectant ses obligations légales. »

Avec un tel dispositif, il va sans dire que l’examen du prochain Vista se fera avec la plus grande attention par les institutions européennes. C’est sur le terrain de la vente liée, menace jugée toujours grave par la concurrence, que se fera l’analyse et notamment sur la présence éventuelle d’un antivirus (voir notre actualité), de Media Player, de MSN, moteur de recherche par défaut dans Internet Explorer 7 (voir sur ce point les dernières informations). « Il serait plutôt stupide de concevoir un produit qui contrevienne aux lois européennes » insiste Jonathan Todd, laissant entrevoir un nouveau champ d’affrontement



Cette lettre préventive intervient à une époque charnière pour Microsoft : l’éditeur vient tout juste de repousser la sortie de Vista pour le grand public, à janvier 2007, ratant la rentrée des classes et surtout la période de Noël Microsoft est encore concernée par l’actuelle procédure de la Commission avec la menace d’une astreinte de 2 millions d’euros par jour de retard (rétroactive au 15 décembre) pour des questions d’interopérabilité. En parallèle, le consortium ECIS (European Committee for Interoperable Systems ou Comité Européen pour des Systèmes Interopérables) qui regroupe IBM, Oracle, Nokia, Red Hat et RealNetworks, s’est ajouté au concert de critiques européennes pour souligner aux instances européennes d’autres points jugés anticoncurrentiels.