DRM : deux cas pratiques de problèmes

Et véritablement DRMatiques ! 235
Bien que le sujet des DRM soit aussi actuellement en vogue que les sorcières au Moyen-Age ou les communistes sous McCarthy, il existe de nombreux cas où cette technologie pose problème. Suivant la règle immuable du « Trop de … tue le … », trop de sécurité tue la sécurité.

Le fait que les DRM, lorsqu’ils sont appliqués à un CD audio acheté dans le commerce par exemple, peuvent provoquer des problèmes de lecture. C’est ce qui est par exemple arrivé à Tristan Nitot, qui raconte la mauvaise surprise du dernier Noël. Lui et sa femme ont acheté un lecteur CD pour leur enfant de huit ans, ainsi qu’un double CD faisant office de compilation musicale.

A l’insertion du CD dans le lecteur, la touche de lecture n’a rien donné : le CD n’était pas lisible. Nitot a regardé de plus près la pochette du CD et s’est aperçu d’un petit message indiquant que le disque était protégé contre la copie et que sa lecture dans tous les lecteurs n’était pas garantie. Au prix des CD aujourd’hui, le message est donc : vous achetez ce CD à vos risques et périls.

Tristan Nitot précise également que ce CD est de la marque EMI, la même major qui explique par exemple que ses DRM ne permettent pas de transférer la musique vers un iPod lorsqu’on se trouve sous Windows.

Dans un autre genre, l’aventure de Jérôme Colombain, journaliste à France Info, présente une autre facette des dangers des DRM, cette fois appliqués aux morceaux de musique numérisés. Ce brave monsieur avait acheté des musiques via Windows Media Player. Lorsqu’il a changé de machine, il a restauré la sauvegarde de ses licences afin de ne pas être ennuyé pour la lecture de ses musiques. Il faut déjà à un utilisateur lambda penser à sauvegarder ses licences au risque de tout perdre.

Le problème, c’est que même après la restauration de la sauvegarde, les musiques ne voulaient pas se lire. Colombain obtenait alors le message suivant :


Le Media Player demande alors à son infortuné utilisateur de restaurer une sauvegarde plus ancienne des licences. Mais bien sûr.

La très précieuse aide sur le web indique que pour résoudre cette situation il faut…revenir à l’ancienne configuration matérielle de la machine sur laquelle la musique avait été achetée. Dans le cas ou cette possibilité serait…impossible, Microsoft donne une méthode pour la « prochaine fois », consistant en une série de manipulations dans la base de registres. Autrement dit, Jérôme Colombain a perdu l’intégralité de sa musique en changeant la configuration de son PC. Pire, il a perdu dans le lot l’album « Division Bell » des Pink Floyd (je pleure avec vous, M. Colombain).

Des incidents contre lesquels les majors devraient faire attention si elles souhaitent répandre l’utilisation des DRM. A noter que Tristan Nitot avait eu exactement le même problème