2,5 millions de Chinois dépendants à l'Internet

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La Chine s'ouvre, à sa manière, aux joies de l'Internet. Malgré une censure omniprésente, et un contrôle constant du contenu consultable sur les ordinateurs du pays, 94 millions de Chinois ont déjà adopté le nouveau moyen de communication avec grand plaisir. Parfois trop même, car le pays voit apparaître ses premiers « drogués » du Net, qui ne peuvent plus se passer de leur site ou MMORPG favori.

Parmi ces « Net Addicts », ce sont surtout les jeunes qui souffrent. Dès 12 ans, certains arrêtent l'école pour s'adonner aux discussions virtuelles ou aux jeux. Autres conséquences de cette addiction, la dépression, la nervosité, la peur et l'absence de volonté d'entretenir des relations avec les autres, parfois même la panique, et l'agitation. Beaucoup souffrent donc aussi de problèmes de sommeil. Dans certains des pires cas, la dépendance nerveuse peut mener au suicide, ou même au meurtre.

Un hôpital de Pékin a donc pour la première fois ouvert un service de psychiatrie particulièrement destiné à prendre en charge ce nouveaux type de patients, virtuellement dépendants. Le docteur Tao Ran, directeur de la clinique en question a ouvert ce programme en mars dernier, accueillant plusieurs patients drogués du Net au sein de l'Hôpital Central Militaire de Pekin.

Les patients ont entre 14 et 24 ans, il sont entourés de 11 médecins et d'une douzaines d'infirmières, et ils sont tous "accros". Certains sont venus volontairement, d'autres ont été amenés de force par leurs parents. Beaucoup d'entre eux disent chercher à échapper au stress quotidien, et particulièrement à la pression des parents sur les résultats scolaires, par la voie des réseaux. Selon Tao Ran, les deux cas les plus courants de dépendance sont les jeux en réseau et le dialogue avec le sexe opposé sur le Net.

Selon le médecin, spécialiste des addictions depuis 20 ans maintenant, 2,5 millions de Chinois sont dépendants du Net actuellement. Un reporter a été autorisé à parler à certains d'entre eux, en traitement au service de Tao Ran. Un jeune de 20 ans passe 10 heures par jour sur Diablo, il n'écoute plus rien en cours, et ne peut que penser à jouer, la seule chose qui le rende heureux dit-il. Un autre enfant, de 12 ans cette fois, est arrivé au service après avoir passé quatre jours entiers dans un cybercafé, en mangeant et dormant devant l'écran.

Après avoir diagnostiqué une réelle dépendance, les traitements du service sont variés : sessions de psychothérapie, médicaments, acuponcture, ou même du sport comme la natation ou le basketball. D'une manière plus expérimentale mais non moins scientifique, deux traitements légèrement plus violents sont aussi appliqués. La journée commence à 6 heures du matin avec quelques petits chocs électriques de 30 V pour stimuler les nerfs, appliqués à des endroits sensibles, comme la plante de pieds par exemple. S'ensuivent aussi quelques injections de produits en intraveineuse pour réguler quelques hormones sécrétées par le cerveau, sans plus de détails de la part des responsables médicaux.

Après un séjour de sevrage de 10 à 15 jours en moyenne, à raison de 48 dollars par jour, les patients sont ainsi soignés. Toutefois, la plupart affirment qu'il leur sera difficile de quitter totalement les réseaux...