Un rappel à la loi pour avoir harcelé Emmanuel Macron avec des emails érotiques

D'Emmanuelle à Emmanuel 111
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Crédits : Assemblée Nationale
Justice

Une femme de 29 ans a écopé aujourd’hui d’un rappel à la loi après avoir envoyé de nombreux emails et photos à caractère érotique à Emmanuel Macron, le ministre de l’Économie. Ce dernier avait porté plainte il y a quelques jours.

Le locataire de Bercy aurait-il dû se garder de dévoiler publiquement son adresse Gmail, comme il l’avait fait en décembre 2014 afin de séduire les start-upers ? Le Midi Libre, qui dévoilait ce matin ce fait divers pour le moins croustillant, ne précise pas comment la harceleuse a pu trouver les coordonnées d'Emmanuel Macron. Mais toujours est-il que l’intéressée « envoyait des messages d'amour et des photos érotiques » au ministre de l’Économie depuis le mois de septembre...

« Les premiers messages n'ont sans doute pas attiré beaucoup l'attention du ministre. Mais leur répétition et leur nombre ont fini par pousser Emmanuel Macron à déposer plainte le 16 février dernier », expliquent nos confrères. Ces derniers citent une source judiciaire : « Il s'agissait de messages à caractère érotique, c'étaient des mails dans lesquels elle lui déclarait sa flamme. Il y avait aussi des photos d'elle, dans le détail desquelles nous n'entrerons pas. »

Garde à vue, perquisition et rappel à l’ordre

L’enquête menée par la police judiciaire a conduit les forces de l’ordre à identifier l’auteur des messages, une étudiante en droit résidant à Juvignac (près de Montpellier). Cette Gabonaise de 29 ans a été mise en garde à vue hier après-midi. Un ordinateur et un téléphone portable furent saisis lors d’une perquisition à son domicile.

Relâchée ce matin, l’intéressée a finalement écopé d’un simple rappel à la loi. « Cette jeune femme souffre de troubles psychologiques conséquents », a déclaré le procureur de Montpellier à l’AFP. Mais selon lui, « l'enquête a montré qu'elle ne présentait aucune dangerosité ». L’affaire n’ira donc pas jusque devant le tribunal, où l'internaute aurait pu être sanctionnée d’une peine maximale d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende pour « envois réitérés de messages malveillants » (article 222-16 du Code pénal).

Dans un registre moins anecdotique, signalons à titre d’illustration qu’une cyber-harceleuse a été condamnée en 2014 à deux ans de prison avec sursis pour des faits beaucoup plus graves : centaines de SMS injurieux à l’encontre de son ancien compagnon, faux profils Facebook, menaces, insultes et dénonciations calomnieuses envoyées à des proches et même à son réseau professionnel... Le tribunal de grande instance de Paris lui avait également ordonné de dédommager ses nombreuses victimes pour un total dépassant les 75 000 euros (voir notre article).

Publiée le 26/02/2016 à 16:25
Xavier Berne

Journaliste, spécialisé dans les thématiques juridiques et politiques.

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