Un député se plaint du manque d'interopérabilité des dispositifs de vidéo-surveillance

Visiblement, ça ne marche pas à l’œil 19
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Crédits : stnazkul/iStock/Thinkstock
Justice

Dénonçant l’incompatibilité entre ordinateurs des forces de l'ordre et certains dispositifs de vidéo-surveillance, un député propose au gouvernement d’imposer aux fabricants plus d’interopérabilité lors des passations de marchés publics.

Qui n’a jamais pu ouvrir un fichier, faute d’avoir le logiciel nécessaire à sa lecture ? Même les policiers et gendarmes semblent confrontés à ce problème vieux comme l’informatique, dans le cadre de leurs opérations de « vidéo-protection ». Au travers d’une question écrite publiée ce matin au Journal officiel, le député Jacques Cresta fait ainsi remonter au ministre de l’Intérieur les difficultés rencontrées par plusieurs unités « pour pouvoir lire les images et les utiliser en raison, pour certaines, de leur non compatibilité avec leur programme informatique ».

Si l’élu socialiste ne s’étend pas davantage sur ce manque d’interopérabilité, on en devine facilement les conséquences : ralentissement – voire blocage – des procédures judiciaires. Avec des implications tant pour le travail des policiers et gendarmes que pour les victimes...

Imposer (ou non) l’interopérabilité

Relevant que l’État apporte un soutien financier « important » aux collectivités locales désireuses de s’équiper en caméras, Jacques Cresta demande à la Place Beauvau s’il ne serait pas possible « d'imposer dans le cahier des charges des systèmes informatiques compatibles avec celui des forces de l'ordre ». L’objectif ? Favoriser « l'extraction des vidéos » par « l'uniformisation des systèmes de lecture de la vidéo protection ».

En attendant la réponse du ministre de l’Intérieur (qui dispose théoriquement d’un délai de deux mois), rappelons que les députés ont refusé le mois dernier de contraindre les services de l’État – et donc de la police ou de la gendarmerie – à utiliser prioritairement des standards ouverts « lors du développement, de l’achat ou de l’utilisation d’un système informatique ». L’Assemblée nationale a préféré opter pour un vague « encouragement » à ces formats et aux logiciels libres, après d’intenses débats.

Publiée le 23/02/2016 à 09:50
Xavier Berne

Journaliste, spécialisé dans les thématiques juridiques et politiques.

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