Crowdfunding : Orange investit dans KissKissBankBank, MyMajorCompany abandonne

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Crédits : starfotograf/iStock
Finances

KissKissBankBank Technologies a levé environ 5,3 millions d'euros (dont la majorité auprès d'Orange) lors de son dernier tour de table. L'argent doit notamment l'aider à se développer à l'étranger. De son côté, Michaël Goldman annonce que MyMajorCompany refuse les nouveaux projets, pour se concentrer sur Tipeee.

Orange entre au capital de KissKissBankBank Technologies par la grande porte. Le groupe télécoms a apporté la majorité des 5,3 millions d'euros que vient de lever le spécialiste du financement participatif. Orange est accompagné par le fonds XAnge (groupe La Poste) et des investisseurs privés. Cet argent doit contribuer au développement en France et à l'étranger, entre autres sur le « crowdlending », soit les prêts de particuliers à des entreprises.

KKBB : 21,5 millions d'euros levés en 2015

Aujourd'hui, KissKissBankBank Technologies dispose de trois plateformes. La première est KissKissBankBank, l'un des mastodontes français du financement participatif. La deuxième est la plateforme de « prêt solidaire » hellomerci, quand la troisième est Lendopolis, leur service de crowdlending. KissKissBankBank mène le groupe, avec ses 50 millions d'euros levés par les utilisateurs depuis 2010, et ce même en 2015.

« On a levé 21,5 millions d'euros l'année dernière, dont 17 millions d'euros sur KissKiss, 4 millions sur Lendopolis et 0,5 million sur hellomerci » nous explique Vincent Ricordeau, le patron de KissKissBankBank. Selon la société, le but de cette levée de fonds est de se développer massivement dans le crowdlending, sur un marché qui compte pourtant plusieurs dizaines d'acteurs. Une tâche sur laquelle l'entreprise se montre confiante, surtout qu'Orange affiche le même objectif.

Se recentrer sur le prêt aux entreprises

« Avec KissKissBankBank, nous ne sommes plus sur les 300 %, 400 % de croissance annuelle des premières années, le marché devient plus mature » déclare Vincent Ricordeau, pour qui le marché s'est stabilisé à trois acteurs, entre Kickstarter, KissKissBankBank et Ulule.

Du côté du « lending », le travail est important. L'entreprise compte doubler les équipes du pôle d'ici mi-2017. « Je pense qu'à terme, la plus grosse plateforme sera Lendopolis, la deuxième hellomerci et que KissKiss deviendra la plus petite du groupe » affirme-t-il, même si « je n'ai pas de boule de cristal ». « Il y a une trentaine de plateformes de crowdlending en France, mais seulement cinq qui sortent du lot » dont Lendopolis, estime son dirigeant, pour qui sa plateforme dominera le marché à terme... même s'il refuse de dire comment.

La société compte surtout lancer une quatrième plateforme en 2017, centrée sur l'« equity crowdfunding », soit « devenir actionnaire de jeunes start-ups ». Une nouvelle corde à l'arc de KissKissBankBank Technologies, qui estime couvrir tout le champ avec ce lancement. Au-delà de l'argent investi par Orange, KissKissBankBank compte développer des « synergies » avec le groupe, même si l'entreprise se refuse à dire lesquelles.

Cette levée de fonds doit aussi permettre à l'entreprise de se développer à l'étranger. Elle dispose déjà de deux antennes (en Belgique et au Québec), en ouvre une autre en Allemagne et se prépare à arriver en Europe de l'Est. Il n'est pas encore question de développement plus large aux États-Unis ou en Asie. Si KissKissBankBank tente une première percée avec le Québec, la société estime que concurrencer les grandes plateformes américaines demanderait trop d'investissement. De l'autre côté, l'Asie est encore un marché « illisible » pour l'acteur français.

Dès mars, MyMajorCompany refusera les nouveaux projets

La vie est tout de même moins douce pour d'autres acteurs. Le pionnier français du crowdfunding, MyMajorCompany, vient ainsi d'annoncer qu'il refusera bientôt les nouveaux projets. Dans un entretien au Monde, son fondateur Michaël Goldman explique que le service n'acceptera plus de campagne dès mars. Fondée en 2007, MyMajorCompany a connu son apogée en 2008 avec le succès du financement de l'album Toi+Moi de Grégoire, qui a convaincu beaucoup d'artistes de se lancer. La promesse de départ était simple : financer un album pour ensuite recevoir les royalties en cas de succès.

« Les royalties étaient une fausse promesse » estime le patron de KissKissBankBank, pour qui « MyMajor est mort une première fois lors de la Grégoire-mania, où des centaines d'artistes se sont lancés et n'ont pas pu être traités par le label » et n'ont donc pas généré de royalties.

Malgré un recentrage, la plateforme a depuis pâti de son image musicale et n'attire pas autant de projets que ses concurrents français et américains. « Nous arrêtons cette activité pour nous concentrer sur la production d’artistes, avec notre label, et sur le développement de Tipeee » explique Michaël Goldman au Monde. Contacté, le service n'a pas répondu à nos sollicitations.

Le relai est donc le service Tipeee, qui permet de rémunérer des auteurs, soit pour chaque production, soit chaque mois. Ce modèle est notamment prisé des YouTubeurs, dont certains sont des têtes d'affiche de la plateforme, comme Usul, qui récolte plus de 8 000 euros à chaque vidéo. Le service a d'ailleurs levé 160 000 euros en novembre, notamment auprès de Xavier Niel.

Par Guénaël Pépin Publiée le 12/02/2016 à 17:20

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