AMD creuse encore ses pertes, en attendant un rebond

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Crédits : Ridofranz/iStock
Finances

AMD vient d'annoncer ses résultats pour l'ensemble de son exercice 2015, et le bilan est conforme aux attentes... c'est à dire peu glorieux. Le chiffre d'affaires de la firme de Sunnyvale est en chute libre, tandis que ses pertes se creusent.

Chez AMD, les trimestres se suivent et se ressemblent, et ce n'est globalement pas une bonne nouvelle pour la société. Sur le dernier quart de 2015, AMD a réalisé un chiffre d'affaires de 958 millions de dollars, en baisse de 23 % sur un an avec des pertes nettes de 102 millions de dollars, contre 364 millions de dollars perdus l'an passé.

Il est à noter que le résultat de 2014 tient compte d'une dévaluation de 233 millions de dollars de sa branche Computing and Graphics, d'une dévaluation de ses stocks de 58 millions de dollars, et de 71 millions de dollars de frais de restructuration, dont 10 millions concernent directement le départ de Rory Read, l'ancien PDG de la société. Sans ces éléments non récurrents, l'an passé, AMD aurait affiché un bénéfice net de 2 millions de dollars sur le quatrième trimestre.

2015 année noire

Sur l'ensemble de l'exercice, la douche est encore plus froide. Les revenus d'AMD sont passés sous la barre des 4 milliards de dollars, à 3,99 milliards pour être exact. Cela représente une baisse de 28 % par rapport aux 5,51 milliards de dollars de chiffre d'affaire enregistré l'an passé. 

Le résultat net est quant à lui en chute libre. En comptant les évènements exceptionnels comme ceux décrits plus haut, en 2015, AMD a perdu 660 millions de dollars, contre seulement 403 millions un an plus tôt. Si l'on fait abstraction de ces facteurs, nous passons d'un bénéfice de 132 millions de dollars en 2014, à 419 millions de dollars de pertes.

Première cause de cette débandade : la forte baisse enregistrée du côté de la marge brute de l'entreprise, passée de 33 % à 27 % en un an. Pour rappel, celle d'Intel gravite autour de 61 %.

AMD souffre dans tous les secteurs

Sur l'ensemble de l'exercice, toutes les branches d'AMD ont souffert sur le plan financier. Du côté de Computing and Graphics, qui se charge des ventes de processeurs, d'APU et de cartes graphiques, hors serveurs, les revenus ont fondu de 42 % sur un an, passant de 3,1 milliards de dollars à seulement 1,8 milliard. Une dégringolade que l'entreprise impute à une baisse des ventes de processeurs.

Par ailleurs, AMD note que le prix de vente moyen de ses puces pour ordinateurs portables a également baissé entre 2014 et 2015. Par contre, le prix de vente moyen des GPU vendus sous forme de cartes additionnelles a quant à lui augmenté. Dans les deux cas, la société ne précise pas dans quelles proportions.

AMD Q4 15AMD Q4 15

Sur le segment Entreprise, Embedded and Semi-Custom, qui regroupe les ventes de puces pour serveur, pour les appareils embarqués et pour les consoles, AMD a là aussi enregistré une baisse de ses ventes : - 8 % sur un an. La firme de Sunnyvale évoque « une baisse des revenus issus des royalties sur les consoles de jeux » comme facteur principal de ce résultat.

2016 : année de la dernière chance ?

Les prévisions pour 2016 ne sont également pas très reluisantes pour le début de l'année, mais AMD espère que les choses s'arrangeront d'ici la fin de l'exercice. Si le premier trimestre devrait être le théâtre d'une nouvelle baisse de chiffre d'affaires, la société estime que sur l'ensemble de 2016 il repartira à la hausse. Les dépenses de l'entreprise devraient quant à elles rester constantes.

Il faut dire que la société mise beaucoup sur ses deux grosses nouveautés : Polaris et Zen. Malheureusement, elles arriveront bien tard sur le marché et pas forcément en masse. En effet, après une refonte de sa stratégie logicielle (voir notre analyse) Polaris sera proposée sous la forme d'un GPU pensé pour des usages compacts et mobiles dans un premier temps.

Si la société se veut rassurante sur l'arrivée d'une version Bi-GPU et de modèles haut de gamme, tout semble encore un peu flou pour le moment. Et son passif en terme de promesses ne joue sans doute pas en sa faveur. Côté CPU, la nouvelle architecture Zen devrait se montrer d'ici la fin du dernier trimestre, mais sans doute pas arriver sur le marché à temps pour jouer sur le chiffre d'affaires de manière importante. 

L'Opteron A1100 pour retrouver une place dans les serveurs

AMD a néanmoins dévoilé l'un de ces cartes maitresses il y a quelques jours : les Opteron A1100. Attendus depuis un moment, ceux-ci exploitent une architecture ARM Cortex-A57, une finesse de gravure en 28 nm et sont déclinés en trois modèles différents : 

AMD Opteron A1100AMD Opteron A1100

Avec quatre à huit cœurs, une fréquence de 1,7 ou 2 GHz et des TDP de 25 à 32 watts la société va désormais chercher à attquer le marché des serveurs par le bas, en misant sur une intégration compacte et l'avancée de l'écosystème ARM sur ce genre de segment.

Il faudra néanmoins faire face à une concurrence désormais nombreuse, mais aussi aux processeurs Intel Atom de la génération Avoton (22 nm) ou aux Denverton (14 nm) qui arriveront un peu plus tard dans l'année. Reste donc à voir si les clients et les intégrateurs seront conquis par cette nouvelle gamme.

AMD Opteron A1100AMD Opteron A1100

Tout reste à faire

En bourse, les investisseurs n'ont pas été impressionnés par la présentation d'AMD et les perspectives évoquées. Le cours de l'entreprise a ainsi enregistré une baisse de plus de 6 points après la clôture de la dernière séance, où elle avait déjà reculé d'environ 4 points.

Depuis le 1er janvier, le cours d'AMD a ainsi chuté de 32 %, annulant totalement l'embellie observée en décembre dernier. Aujourd'hui, AMD est valorisé à un peu plus de 1,5 milliard de dollars. Il va donc falloir que Lisa Su et ses équipes passent le reste de l'année à tenir les promesses et à impressionner pour réussir à inverser sérieusement la tendance.

Publiée le 20/01/2016 à 17:30
Kevin Hottot

Journaliste spécialisé dans l'univers du jeu vidéo. Passionné par le Dogecoin, le financement participatif. Ne se déplace jamais sans son poney.

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