Une adresse IP du ministère de l'Intérieur assignée hors de la résidence Wikipédia

Des tas d'urgence 76
image dediée
Services

Une IP partagée au sein du ministère de l’Intérieur bannie de Wikipedia pour « attitude non collaborative (…), passage en force » ou encore « foutage de gueule ». Voilà la déconvenue racontée par le Canard Enchaîné cette semaine.

Le couperet est tombé le 18 décembre 2015 suite à la décision d’un certain Jules, agacé des contributions de l’utilisateur 212.234.218.196 sur Wikipedia : « entre vandalismes et attitude non-collaborative (passages en force, pistage des contributions d'autrui et foutage de gueule en prime), cette IP pose plus de problèmes qu'elle n'apporte de chose positive à Wikipédia. J'ai donc réévalué le blocage à une durée d'un an ». Bon prince, Jules indique qu’il « reste possible aux personnes travaillant au ministère de l'Intérieur avec cette IP de contribuer en créant un compte. »

C'est le ministère de l'Intérieur qui est titulaire de cette adresse comme on peut le tester ici. Cette adresse avait en tout cas déjà subi pareilles mesures dans le passé, pour des durées toutefois plus courtes. En mai 2013 par exemple, on lui reprochait des « retraits répétés d’informations sourcées », et déjà du « vandalisme », des « dégradations répétées ». Un exemple, l’utilisateur 212.234.218.196 avait introduit l’expression de « sale batar » (sic) dans une entrée de l’encyclopédie. Certaines interventions sont en lien avec les intérêts du ministère. En 2013, par exemple, notre 212.234.218.196 avait par exemple tenté d’effacer ses relations électriques avec les opposants au « Mariage pour Tous ». D’autres sont cependant sans aucun rapport, comme cette modification d’une fiche relative à la taupe de Townsend.

Ce n'est pas la première fois qu'une IP rattachée à un ministère est prise la main dans le pot de confiture. En mai 2009, des petites mains de la Rue de Valois tentaient de refaire une beauté à Hadopi. En juillet 2009, un acharné fonctionnaire avait choyé un vendredi à 23h11, l'entrée d'Olivier Henrard, directeur adjoint du ministre de la Culture Frédéric Mittérand, et présenté comme corédacteur de la loi sur la réponse graduée.

Publiée le 13/01/2016 à 18:00
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef Droit, LCEN, copie privée, terrorisme, données personnelles, surveillance, vie privée, et toutes ces choses...

Soutenez nos journalistes

Le travail et l'indépendance de la rédaction dépendent avant tout du soutien de nos lecteurs.

Abonnez-vous
À partir de 0,99 €


chargement
Chargement des commentaires...