IBM crée des emplois à Lille, les syndicats n'apprécient pas la nouvelle

Schizophrènes les syndicats ? Pas forcément. 91

Hier, IBM France n'était pas peu fière d'annoncer l'ouverture d'un centre de services à Lille. À la clé, 200 emplois cette année et 700 emplois d'ici trois à cinq ans. Mais cette bonne nouvelle pour le département du Nord n'a pas reçu le même accueil du côté des syndicats.

IBM France Lille

Des « créations d'emploi (...) au détriment de ses propres salariés »

IBM France, qui fêtera ses 100 ans l'an prochain, a donc annoncé hier l'ouverture d' « IBM Services Center Lille », un centre de services dédié aux clients français de la firme américaine « pour répondre à leurs besoins spécifiques en termes de développement et de gestion d'applications ainsi que des services d'intégration de systèmes ». 200 emplois, plutôt des jeunes Bac +2 ou 3, seront créés dès cet été, et 500 supplémentaires suivront d'ici 2016 à 2018. Martine Aubry et Arnaud Montebourg étaient présents lors de l'inauguration des locaux.

Mais alors qu'il s'agit d'une excellente nouvelle pour l'emploi et le secteur high-tech, certains syndicats d'IBM n'ont pas caché leur amertume. La CFTC explique ainsi qu'elle « pourrait se réjouir de ces créations d'emploi d'IBM France si ce n'était pas au détriment de ses propres salariés malmenés actuellement par des mutations forcées ou des licenciements ». Il faut dire que depuis une quinzaine d'années, IBM n'a eu de cesse de réduire son effectif en France, passant de 26 000 employés à la fin des années 90 à moins de 10 000 salariés à ce jour. Et un nouveau plan de suppressions d'emplois de 689 postes est prévu pour cette année, sans compter d'autres départs l'an prochain.

IBM, un « serial job killer »

De son côté, la CGT continue de lutter contre IBM France vis-à-vis du prochain Plan de Sauvegarde de l'Emploi, qui n'a selon elle aucune justification économique. Pour le syndicat, IBM est un « serial job killer ». Contrairement à l'UNSA, la CGC et la CFDT, la CGT demande d'ailleurs une annulation pure et simple des licenciements chez IBM France.

« La CGT met toute son énergie pour contrer ce PSE arbitraire et injuste, y compris par une action en justice. Ses élus ne sont pas mandatés pour faire grossir les rangs de Pôle Emploi ! » explique le syndicat dans un tract destiné aux salariés. Mais la CGT est esseulée. Elle demande ainsi aux salariés de faire pression sur les autres syndicats afin d'atteindre ses objectifs. Demain matin, un comité central d'entreprise (CCE) aura lieu. La CGT appelle les employés d'IBM France à se rassembler à l'entrée du CCE.


Enfin, on se rappellera que le mois dernier, Gérard Chameau, délégué central CFDT, déclarait déjà à l'AFP qu'IBM pouvait utiliser le futur centre de Lille pour détruire de l'emploi ailleurs : « ils ont décidé de supprimer 689 postes d'ici le mois de septembre via un plan de sauvegarde de l'emploi. À cela s'ajoutent 129 postes soumis à une obligation de mobilité, c'est-à-dire des gens qui sont à Marseille, par exemple, à qui on va demander d'aller à Lille. »


Dans ces conditions, les 200 à 700 postes du centre lillois sont à relativiser.

Publiée le 25/06/2013 à 15:35 - Source : CFTC
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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