Xbox One : angoisses autour de l'espionnage potentiel du Kinect

L'espion qui m'attirait 163

La présentation de la Xbox One n’a pas laissé les joueurs indifférents. Bien que Microsoft se soit démarqué de Sony en montrant la console elle-même et en faisant la démonstration d’un lot conséquent de fonctionnalités, de nombreuses questions restent actuellement sans réponse. La firme est notamment obligée de s’expliquer sur son Kinect, car l’accessoire, désormais obligatoire, est capable d’écouter de manière permanente ce qui se passe dans le salon.

Xbox One

Un kinect obligatoire 

Avec la Xbox One, le Kinect sera obligatoire. Livré avec la console, cet accessoire est une version améliorée de l’actuel, capable notamment de reconnaître jusqu’à six personnes différentes dans la même pièce, que ce soit au niveau des mouvements que de la voix. Et si Microsoft a tant amélioré ce produit à succès, c’est parce qu’il est amené à jouer un rôle crucial, tant dans les jeux que dans l’utilisation générale de la Xbox.

 

L’une des caractéristiques marquantes sera que le Kinect sera toujours allumé. Il doit permettre à toute personne dans la pièce de pouvoir dire à haute voix « Xbox on » pour provoquer l’allumage de la console. Ce qui sous-entend que le Kinect reste à l’affût de ce qui se passe dans la pièce de manière permanente. Problème : ne s’agit-il pas là d’un risque pour le respect de la vie privée ? C’est précisément ce que beaucoup de joueurs se demandent, et ce qui inquiète déjà certains pays.

Inquiétudes autour d'un potentiel espionnage 

C’est le cas notamment de l’Australie. Tim Vines, directeur du groupe Civil Liberties Australia, ne cache pas ses inquiétudes : « Les gens devraient avoir la possibilité de désactiver la caméra ou le microphone, même si cela limite les capacités de l’appareil. Bien entendu, si Microsoft ne le permet pas, les gens devraient alors voter avec leur portefeuille et passer sur la prochaine Xbox ». Il précise en outre pourquoi la Xbox One pourrait avoir des problèmes dans sa commercialisation sur l’île-continent : « La nouvelle Xbox de Microsoft tombe sous la définition d’un appareil de surveillance en vertu de certaines lois australiennes, et ils doivent donc prendre les devants et dire aux acheteurs si quelqu’un d’autre peut intercepter leurs informations ou accéder à distance à la machine ».

 

Xbox One Kinect

 

Le son de cloche est peu ou prou le même du côté de l’Allemagne. Peter Schaar, commissaire fédéral pour la protection des données et la liberté de l’information, explique l’aspect angoissant du nouveau Kinect : « La Xbox One enregistre continuellement toute sorte d’informations personnelles sur moi. Mes réactions, mes connaissances ou mes états émotionnels. Ces informations sont alors travaillées sur un serveur externe, et potentiellement envoyées chez des tiers ». Il ajoute, visiblement très inquiet : « Le fait que Microsoft pourrait potentiellement m’épier dans mon salon est un vrai cauchemar ».

Chez Microsoft, on assure que les données seront anonymes 

Du côté de Microsoft, on reste sur la ligne de défense développée par le responsable Phil Harrison la semaine dernière chez nos confrères d’Eurogamer. Interrogé sur l’utilisation de données anonymes pour améliorer le Kinect avec le temps, il avait ainsi répondu : « Oui. Microsoft a une très, très bonne politique de respect de la vie privée. Nous sommes un leader dans le monde de la vie privée, je pense que vous en conviendrez. Nous la prenons très au sérieux. Nous n’utiliserons pas le Kinect pour épier qui que ce soit. Nous tendons l’oreille pour les mots « Xbox on » puis allumons la machine, mais nous ne transmettons aucune information personnelle, d’aucune manière que ce soit, qui pourrait mener à votre identification, sauf si vous donnez explicitement votre accord ».

 

Contacté, Microsoft n’a pas souhaité apporter d’éléments nouveaux de réponse sur ce qui avait déjà été dit par Phil Harrison. L’éditeur a simplement tenu à rappeler que le Kinect ne fonctionnerait pas différemment de tout ce qui a été fait jusqu’à présent en termes de respect de la vie privée. Il n’est toutefois pas dit que les craintes seront calmées tant que des tests ne seront pas réalisés sur ce qui transite par la connexion quand la console est active.

Publiée le 28/05/2013 à 17:06
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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