Digg : l'agrégateur RSS maison arrive en juin et sera payant

Mais c'est pour votre bien, promis 17

La bataille pour le remplacement de Google Reader continue. Ainsi, alors que Feedly semble en tête de la course, Digg continue de tenter de faire parler de lui et de sa solution qui est désormais annoncée pour juin. L'occasion pour la société de faire un petit point sur les demandes de ses utilisateurs, issues de récents sondages.

Nous avons déjà évoqué la question de la fin de Google Reader (prévue pour le 1er juillet) et de l'opportunité qu'elle représentait pour de nombreux acteurs qui tenteront de combler le vide laissé par le service et son API. Celle-ci coïncide d'ailleurs quasi-parfaitement avec l'émergence de plusieurs tendances qui mènent à un même but : renforcer la chaîne de valeur autour de l'information en incitant l'utilisateur à payer pour sa découverte ou pour l'accès à celle-ci.

Digg Google Reader Countdown

Google Reader : ça sent le sapin

Parmi les successeurs potentiels, Digg avait rapidement tenté de faire parler de lui en annonçant qu'il allait plancher sur un outil qui jouerait ce rôle, sans en dire plus. Un départ dans la course tardif, mais qui a l'avantage de permettre à l'équipe d'avoir un regard neuf sur la problématique de la gestion des flux RSS, alors que d'autres ont déjà creusé un sillon dans une direction qui leur est propre et tentent de convaincre que c'est la seule qui vaille.

Digg part de zéro et demande leur avis aux internautes 

Afin de savoir ce qu'attendent les internautes, Digg a opté pour une solution simple et efficace : une série de sondages. Le premier avait été publié début mai et portait sur l'utilisation des flux RSS qui reste encore pour certains d'une importance capitale, même si des acteurs essaient de se substituer à ce standard en jouant le rôle d'intermédiaire. En effet, de nombreux outils préfèrent opter sur une mise en avant forte de leurs partenaires plutôt que de laisser libre court à l'envie des utilisateurs de rajouter un flux sur demande.

Pour rappel, sur un site comme PC INpact, les flux RSS constituent 10 % des accès contre un peu plus de 5 % pour les réseaux sociaux par exemple. Vous êtes d'ailleurs une forte majorité à indiquer exploiter cette solution plutôt qu'une autre (voir cette actualité).

Sondage Digg Sondage Digg

De ces résultats, on apprenait donc que sur les 8 000 réponses obtenues, une majorité d'utilisateurs suit plus de dix flux, alors que la plus grosse concentration ne dépasse pas les 50. Cela semble néanmoins éclaté puisqu'un tout petit peu moins de 20 % en cumule tout de même plus de 250. La plupart sont d'ailleurs des accrocs aux flux puisque leur lecture se fait plus d'une fois par jour dans 80 % des cas environ. Dommage que l'on n'ait pas plus de détails sur ce point précis.

Parmi les applications les plus populaires, on retrouve une fois de plus Feedly de manière principale, même si Google Reader pour Android était largement en tête pour ce qui est du mobile. Flipboard et Reeder semblent avoir aussi leur carte à jouer, mais accusent un net retard. La recherche et les raccourcis claviers semblent enfin un passage obligé pour une application du genre.

Sondage Digg Sondage Digg

Mais, outre ces questions concernant l'usage ou l'ergonomie, l'équipe a voulu en savoir plus sur le partage qui a aussi été au cœur des préoccupations de Feedly ces derniers temps. Car, si agréger et lire du contenu est important, en 2013 il faut aussi pouvoir le faire découvrir à ses amis d'un simple clic ou presque. Et les a priori que l'on pourrait avoir sur le sujet sont là encore malmenés.

L'outil de partage le plus populaire : l'e-mail

Ainsi, l'e-mail sort en tête des outils utilisés en ce sens, puis Facebook et Twitter à quasi égalité. Google+ est lui en retrait, sans parler des Tumblr, Pinterest et autre Path qui sont pourtant dans la tendance à en croire certains :

Sondage DiggSondage Digg

Il en est de même pour les applications permettant de mettre de côté du contenu, obligatoires pour les news-addicts qui ne veulent rien manquer (et qui accumulent des liens plus qu'ils ne peuvent avoir le temps d'en lire) : majoritairement ils ne sont pas utilisés (près de 40 %). Pocket est par contre en tête, devant Evernote qui semble avoir perdu de son aura ces derniers temps, ou Instapaper qui vient de se faire racheter par Betaworks à qui appartient Digg, mais aussi d'autres noms connus tels que Bitly par exemple.

40 % des utilisateurs sont prêts à payer, la monétisation prévue

Mais la question la plus intéressante est sans doute la dernière : seriez-vous prêt à payer pour un service remplaçant Google Reader. La question de la monétisation est au centre de toutes les stratégies de ces startups qui commencent à avoir terminé de passer de tours de table en tours de table et qui se doivent désormais d'assurer leur rentabilité. Et alors que l'on note encore un certain manque d'habitude à payer pour un service en ligne, contrairement aux applications mobiles par exemple, il a été répondu à 40 % que cela ne poserait pas problème :

Sondage Digg

Cela tombe bien puisque c'est ce qui était prévu. Digg se justifie en indiquant que les produits gratuits sur internet « ont tendance à disparaître, laissant leurs utilisateurs sur le bas-côté au passage. Nous avons besoin de mettre en place un produit sur lequel les utilisateurs peuvent se reposer et dont ils savent qu'il sera toujours là pour eux. Nous ne savons pas exactement quel sera le détail de notre grille tarifaire, mais nous savons que nous voulons que nos utilisateurs soient nos clients, pas notre produit ». Ce dernier point fait référence à la maxime largement connue désormais : « Si c'est gratuit, c'est toi le produit ».

Google Reader à la sauce Digg : une bêta en juin, un produit qui saura s'adapter

Une justification que l'on risque d'entendre désormais de plus en plus tant certains misent sur la fin de l'internet entièrement gratuit, que ce soit au niveau des services ou des contenus, ne dépendant que de la publicité pour assurer sa survie. Quoi qu'il en soit, une bêta sera mise en place dès le mois de juin et le produit évoluera selon l'équipe en fonction des requêtes des utilisateurs, ce qui sera la moindre des choses si ceux-ci doivent payer.

Vous pouvez déjà vous inscrire pour en savoir plus en temps voulu, un site a été mis en ligne à cet effet.

Par David Legrand Publiée le 02/05/2013 à 16:30
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