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[Édito] Des conséquences de la crise des ventes de PC

Lourdes conséquences

Depuis l'an passé, le marché des PC montés traverse une crise sans précédent. Une dépression qui pourrait avoir des conséquences désastreuses sur les sociétés clés des secteurs matériel et logiciel. De Microsoft à Hewlett-Packard, en passant par Dell, ASUS, Acer, Intel, AMD, NVIDIA, Logitech, MSI, Western Digital et Seagate, nombreux sont ceux à espérer un rapide rebond du marché. Mais arrivera-t-il ? 

Dell S2340T

Vers moins de concurrence et une plus faible guerre des prix ?

Avec 76,3 millions de PC écoulés au premier trimestre 2013 selon Gartner, ce début d'année a été inférieur à 2012, à 2011 et même à 2010. Il faut ainsi remonter au premier trimestre de l'année 2009 pour trouver un niveau de livraison un inférieur, avec 66,2 millions d'unités. L'an passé, certains estimaient même que le marché dépasserait les 400 millions d'unités. Un objectif désormais impossible à atteindre, à moins d'un miracle et qu'un « chèque ordinateur » soit donné par tous les gouvernements de la planète à la population pour relancer le marché, ce qui n'est guère crédible.

 

Bien entendu, par rapport aux ventes de 2009 et des années précédentes, le marché actuel se porte bien. Néanmoins, les PC sont devenus depuis les années 80 des machines impliquant une production en très grande quantité afin de tirer les prix vers le bas. Quand ces dernières baissent, cela pose inévitablement des problèmes de tarif moyen par pièce et donc par machine. Or aujourd'hui, chacun est habitué à payer quelques centaines d'euros pour obtenir un PC complet d'une qualité relativement satisfaisante. Qui serait aujourd'hui prêt à payer 1500 euros minimum pour s'armer d'une machine ? Outre bien entendu certains types de consommateurs (joueurs, professionnels, etc.), une telle somme est inconcevable.

 

Fabriquer en très grande quantité est donc un point majeur dans un secteur où les marges sont parfois minces. Si pour le moment, écouler entre 300 et 350 millions de PC à travers le monde devrait permettre de stabiliser les prix moyens, si le marché venait à s'effondrer de nouveau dans les années à venir, nous pourrions donc craindre le pire en matière de tarifs. Si à court terme, certains seront tentés au contraire de tirer les prix vers le bas afin d'attirer la clientèle, il est certain qu'à long terme, certains constructeurs disparaitront. À l'instar du marché des CPU, des disques durs et de la DRAM, le risque est donc d'assister à un marché à deux ou trois têtes, où la guerre des prix sera bien différente de la période actuelle. C'est donc tout le business-model du secteur qui est en jeu, car chacun comprend bien que vendre 200 millions de PC n'est pas similaire à en écouler 400 millions. En ce sens, l'agressivité de Lenovo n'est ainsi pas surprenante, tout comme la volonté des Américains HP et Dell de diversifier leurs sources de revenus, condition sine qua non s'ils veulent survivre en cas de chute du marché PC.

Microsoft doit réagir

Outre la problématique de la concurrence et des prix, ce recul des ventes d'ordinateurs implique bon nombre de sociétés. Si certains vendeurs de PC pourraient jeter l'éponge et laisser le marché à un duo ou trio d'acteurs, ils ne sont pas les seuls dans la balance. Microsoft est ainsi encore très dépendant de ce marché, que ce soit vis-à-vis de Windows ou de sa suite Office, même si cette dernière pourrait arriver sur iOS et Android dans les années à venir.

 

Certes, le premier trimestre 2013 de Microsoft a été excellent, contrairement au marché des PC. Mais il est faussé par l'essor de Windows 8 et d'Office 2013/365, alors que l'an passé, Windows 7 était en fin de vie et aucun Outlook ne pointait à l'horizon. Grâce aux nouveaux Windows et Office, Microsoft pourra donc compenser le marasme actuel du marché des PC, néanmoins, il lui faudra rester vigilant. Il ne serait d'ailleurs pas étonnant que la firme de Redmond augmente son agressivité dans le secteur des tablettes et des smartphones, son avenir étant encore trop lié aux PC. 

AMD en danger

Dans le même esprit, des sociétés comme Intel, AMD ou encore NVIDIA ont eux aussi beaucoup à perdre. Si le dernier nommé est arrivé à intégrer le marché mobile grâce à ses fameuses puces Tegra, ce qui devrait lui permettre de compenser en partie une possible chute de ses ventes des produits pour PC, les deux autres sont bien plus PC-dépendants, surtout AMD. En effet, Intel génère des milliards par an grâce aux Datacenter et il commence à percer dans le secteur mobile (smartphones et tablettes). Qui plus est, le fondeur américain dispose de fortes marges sur de nombreux produits. Au pire des cas, il peut donc les réduire, ce qu'il a d'ailleurs déjà commencé à mettre en place. AMD, lui, est dans une tout autre situation.

 

Son chiffre d'affaires est en forte régression sur un an (-31 % tout de même) et même si la société a supprimé de nombreux emplois, lui permettant de limiter ses pertes, il n'empêche que son avenir est directement dicté par la santé du marché des PC. Certes, AMD dispose de contrats hors PC (avec Nintendo et Sony par exemple), mais cela ne sera en rien suffisant. Et quand on sait que ses marges sont bien plus faibles que celles d'Intel et qu'elle est proche de son plus bas historique en bourse, avec une valorisation inférieure à 2 milliards de dollars, on peut se dire que des mouvements importants pourraient lui arriver dans les années à venir si le marché des PC venait à souffrir. À moins bien sûr que ses Temash soient des succès, ce qui est loin d'être une certitude.

De Logitech à MSI

Hormis les constructeurs de PC, Microsoft ou encore AMD, n'oublions pas non plus que les fabricants d'autres matériels. Si du côté de la mémoire, le marché mobile compensera, les constructeurs de disques durs, de cartes mères, de ventirads et même d'accessoires (souris, claviers, etc.) peuvent aussi souffrir comme jamais. La société Logitech, déjà en difficulté face à ses concurrents (notamment Microsoft), peut ainsi se poser des questions. Tout comme Gigabyte, Seagate, Western Digital, MSI, Asrock, ECS, Zalman, Noctua, Cooler Master, Artic Cooling, et globalement, tous les constructeurs qui n'arriveront pas à percer dans les tablettes tactiles et les smartphones. Et la liste est longue.

 

La position d'ASUS est d'ailleurs intéressante. D'un côté, le géant de la carte mère a toutes les chances de perdre des plumes dans ce secteur. Il pourrait aussi en perdre dans celui des cartes graphiques. De l'autre, il est un constructeur de PC qui progresse ces dernières années contrairement au reste du marché (hors Lenovo) et il est un minimum présent dans le secteur des tablettes tactiles, même s'il peut remercier Google sur ce point. Sa diversité est donc l'une de ses forces, même si sa dépendance au marché PC est encore très forte. Sa situation n'a rien à voir avec celle de son compatriote Acer...

 

Plus globalement, il faudra analyser dans les mois à venir l'évolution du cours en bourse des sociétés les plus touchées par la crise du PC. Sachant qu'hormis Intel et Microsoft, la plupart des acteurs concernés ont déjà une faible valeur en bourse. Cela pourrait ainsi mener à des cessions de divisions voire à des rachats complets de sociétés.

 

Bien entendu, s'il y aura des perdants, n'oublions pas que certains, tels Apple, Qualcomm ou encore Samsung, ne seront que peu secoués par cette crise, voire en profiteront du fait du transfert du budget du PC vers d'autres produits.

Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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Publiée le 20/04/2013 à 10:10

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Il y a 139 commentaires

Avatar de rafununu INpactien
rafununu Le samedi 20 avril 2013 à 10:23:59
Inscrit le jeudi 12 mai 05 - 1891 commentaires
Il paraît qu'à Montgallet, tout le monde se reconverti vers la eClope ? Vrai ?
Avatar de Neliger INpactien
Neliger Le samedi 20 avril 2013 à 10:24:12
Inscrit le jeudi 31 janvier 13 - 207 commentaires
Entre les questions de volume et le marché des tablettes, le paysage informatique semble en mutation.
Avatar de kantfredo INpactien
kantfredo Le samedi 20 avril 2013 à 10:24:48
Inscrit le jeudi 15 septembre 11 - 196 commentaires
c'est juste que le marché mondial arrive a saturation, tout le monde et équiper et les chiffres de ventes vont se stabiliser, il ne reste plus que les renouvellement de 5 a 10ans. Il ne sert a rien d'en faire de grandes analyses inutiles
Avatar de benco INpactien
benco Le samedi 20 avril 2013 à 10:55:59
Inscrit le lundi 18 août 03 - 3463 commentaires
Bof...

le marché du PC ??? Est mort...

le numérique est partout... une seule chose compte le réseau.

pour le reste c'est très spécialisé ou Mail/surf...

Adios PC bienvenue SmartPhone Tablette et Objets connectés...
Avatar de Konrad INpactien
Konrad Le samedi 20 avril 2013 à 10:56:05
Inscrit le mardi 3 août 10 - 2108 commentaires
Très intéressante comme analyse. Autre conséquence, certes plus théorique : la loi de Moore (disant que le nombre de transistors par unité de surface double tous les 2 ans) risque de ne plus être suivie.

Il y a 139 commentaires

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