Barnes & Noble compte fermer un tiers de toutes ses librairies aux USA

Les boutiques physiques en voie d'extinction 12

Alors que de grandes enseignes viennent de fermer ou fermeront d'ici peu en France et au Royaume-Uni, les États-Unis ne sont pas épargnés. Selon Mitchell Klipper, président du libraire Barnes & Noble, sa société devrait trancher 30 % de son réseau de boutiques dans les dix ans à venir.

Barnes and Noble

Une hécatombe dans le secteur culturel 

Virgin Megastore, Game, et Surcouf en France. HMV outre-Manche. Bang & Olufsen un peu partout en Europe. Comme nous le pointions dans notre édito du 12 janvier dernier, les boutiques spécialisées dans le secteur de la culture, des jeux vidéo et de l'informatique ne sont pas en grande forme ces derniers temps.

Aux USA, Barnes & Noble est le concurrent naturel d'Amazon. Ce dernier est le n°1 du livre sur Internet. B&N est le n°1 du livre dans le monde physique. Avec 689 librairies réparties dans tout le pays, sans compter 674 boutiques étudiantes, Barnes & Noble est une figure majeure aux États-Unis.

Régulièrement, l'enseigne ferme des librairies dans certaines villes, et en ouvre d'autres ailleurs. Mais selon le Wall Street Journal, les fermetures devraient clairement surpasser les ouvertures dans les années à venir. Le PDG de Barnes & Noble, interrogé par le quotidien économique américain, explique ainsi que l'enseigne comptera entre 450 et 500 boutiques dans 10 ans. En somme, B&N devrait mettre fin entre 28 et 35 % de son réseau de librairies d'ici 2023.

Cette nouvelle est à moitié étonnante, dès lors que B&N est lui aussi très présent sur Internet. Surtout, lors de son dernier bilan pour la période de Noël, l'enseigne a annoncé une baisse importante de 10,9 % de ses ventes de détails. « Cette diminution est attribuable à une baisse de 8,2 % des ventes des magasins, aux fermetures de magasins et la baisse des ventes en ligne » a résumé B&N.

Les librairies sont quasi toutes bénéficiaires

Le président de Barnes & Noble, lors de son entrevue au WSJ, a d'ailleurs expliqué qu'il lui fallait désormais ajuster ses frais et que chaque marché évoluait. Créer et fermer des boutiques un peu partout ne semble ainsi plus être une politique que mettra en place l'enseigne. 

À l'instar de l'Europe, les enseignes physiques de certains secteurs sont de façon évidente en danger aux USA. Les principaux concurrents de Barnes & Noble appartiennent d'ailleurs tous ou presque au passé depuis longtemps. Mais Barnes & Noble n'abandonnera pas pour autant le monde physique a tenu à préciser Klipper.

En effet, s'il a confessé qu'environ 3 % des magasins perdaient de l'argent, le reste avait un bilan équilibré voire bénéficiaire. D'ailleurs, ses boutiques ont généré 317 millions de bénéfices opérationnels lors de son dernier bilan. Si dans le futur à moyen terme, le nombre de librairies déficitaires pourrait grimper, elles ne disparaitront donc pas toutes pour autant.

Publiée le 29/01/2013 à 09:31
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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