Fréquences 1800 MHz pour la 4G : Bouygues se dit confiant, Free en profitera

Orange et SFR un peu moins d'accord 34

Lors d'une interview publiée hier par Le Figaro, Olivier Roussat, le directeur général de Bouygues Télécom, s'est dit « très confiant » quant à une décision favorable de l'ARCEP début 2013 vis-à-vis de la reconversion des fréquences 1800 MHz (2G) vers la 4G. L'emploi tout comme Free Mobile en profiteront avance Olivier Roussat.

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Répéter la reconversion des fréquences 900 MHz 

Depuis le 1er mars dernier, Bouygues Télécom, grâce à une autorisation de l'ARCEP, expérimente la 4G (LTE) sur les fréquences 1800 MHz. Ces fréquences cédées durant les années 1990 pour proposer de simples appels mobiles à l'époque (GSM), sont aujourd'hui quasi inutiles, dès lors que les fréquences dédiées à la 3G captent la plupart des appels des Français (mais pas encore l'intégralité). Le but des opérateurs, et en particulier de Bouygues Télécom, est donc d'exploiter ces fréquences bientôt inutiles pour la 4G. Une reconversion qui ressemblerait à celle des fréquences 900 MHz, elles aussi anciennement exploitées pour le GSM et réutilisées en 2008 pour la 3G (UMTS).

Le 19 juillet 2012, Bouygues Télécom a officiellement envoyé un courrier à l'ARCEP afin que cette dernière se saisisse du dossier. L'Autorité de régulation des télécoms a huit mois pour répondre à cette lettre, soit jusqu'en mars 2013 au plus tard. Quelques jours plus tard, le 24 juillet 2012, Free Mobile a lui aussi contacté l'ARCEP en ce sens, « afin que soient rééquilibrées entre opérateurs mobiles les quantités de fréquences à 1800 MHz, dès lors que les opérateurs mobiles historiques peuvent réutiliser de manière technologiquement neutre les fréquences dont ils disposent à 1800 MHz ».

Même Free Mobile en profitera

Rappelons que seuls Orange, SFR et Bouygues Télécom disposent de telles fréquences. Toutefois, Bouygues Télécom lui-même, dans son courrier du 19 juillet, soumettait l'idée que « l’autorisation qui pourrait être donnée aux opérateurs d’exploiter le LTE dans la bande 1800 serait l’occasion d’un réaménagement de la bande 1800 réalisé sous les auspices de l’ARCEP, ce qui pourrait conduire à la restitution directe ou indirecte d’une certaine quantité de spectre à la société Free Mobile qui n’en dispose pas actuellement ».

Hier, lors de son interview Olivier Roussat a confirmé ce point de vue, annonçant que si l'ARCEP acceptait ce réaménagement, Bouygues Télécom serait prêt à céder à Free Mobile une partie de ses fréquences. Il faut dire que que dès lors que le Paquet Télécom prévoit la possibilité pour un opérateur de demander l’ouverture à la neutralité technologique de l’utilisation des fréquences qui lui sont attribuées, « l’Autorité est alors tenue, lorsqu’elle procède à l’examen d’une telle demande, de prendre les mesures appropriées afin que soient respectés le principe d'égalité entre opérateurs et les conditions d'une concurrence effective » rappelait l'ARCEP dans un document du mois de juillet dernier.

Les oppositions d'Orange et SFR 

En attendant la réponse officielle de l'ARCEP, une consultation publique a été lancée entre fin juillet et le 28 septembre 2012, afin d'obtenir les avis des multiples acteurs du secteur sur les modalités de la reconversion de fréquences dans la bande 1800 MHz. Notez que si Bouygues Télécom et Free Mobile sont favorables à ce réaménagement, qui aurait en plus pour avantage de permettre d'accélérer le déploiement sur le territoire et même d'exploiter la 4G de l'iPhone 5 d'Apple, Orange et SFR sont opposés au projet. Les deux opérateurs sont en effet ceux ayant dépensé le plus d'argent pour obtenir leurs licences 4G l'an passé, soit près de 1,2 milliard d'euros. Ils ne voient ainsi pas d'un très bon œil Bouygues et Free obtenir si facilement de nouvelles fréquences exploitables pour la LTE.

Malgré cet argument, Bouygues Télécom se veut néanmoins positif. « C’est autorisé et encouragé par la Commission Européenne. Nous sommes très confiants dans le fait que le régulateur et le gouvernement prendront une décision au début de l’année 2013 » a ainsi affirmé Olivier Roussat au Figaro.

Des fréquences qui permettront de recruter

Le directeur général de Bouygues Télécom a de plus avancé une carotte supplémentaire en sus d'un déploiement plus rapide de la 4G et d'une meilleure concurrence : l'emploi. Roussat a en effet expliqué qu'un tel réaménagement « nous permettrait de proposer de nouvelles offres et de recruter plusieurs centaines de collaborateurs dans nos centres d’appels. »

Concrètement, 200 postes pourraient être créés dans les centres d'appels en France afin de combler un « besoin d’explication et d’information pour nos clients » au sujet de la 4G. « Pour une France en panne de croissance, la 4G, c’est un formidable levier de compétitive et donc d’emploi. » Un discours qui peut surprendre, dès lors que Bouygues Télécom a mis en place un plan de départs pour 556 employés en juillet dernier. L'opérateur note toutefois qu'un tel plan ne l'empêche pas de recruter, notamment dans les centres d'appel, non concernés par ces départs.

Publiée le 17/12/2012 à 15:34
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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