Les projets numériques du gouvernement pour l’Éducation nationale

De A à Z 31

C’est cet après-midi que le ministre de l’Éducation, Vincent Peillon, et Fleur Pellerin, ministre déléguée à l’Économie numérique, doivent présenter le plan du gouvernement pour « le numérique à l’École ». Invité ce matin sur France Inter, le locataire de la Rue de Grenelle a expliqué quelle « stratégie globale » il entendait mettre en place.

 

Plus précisément, la « stratégie globale » du gouvernement passe par plusieurs points, comme le « raccordement au très haut débit des écoles rurales, ce qui suppose la mobilisation par exemple de la Caisse des dépôts ». S’agissant des équipements (ordinateurs, tablettes...), eux aussi concernés par le plan, le ministre rappelé que ceux-ci sont généralement fournis par les collectivités territoriales. « Dans la loi que je présente, nous allons clarifier ces questions de maintenance », a ainsi annoncé Vincent Peillon, sans plus de précision.

Cap sur les usages du numérique

Surtout, le ministre de l’Éducation a insisté sur un point : celui de la formation aux usages du numérique, sous-entendant que ce point avait complètement été délaissé par la « quinzaine de plans » précédents. La stratégie du gouvernement entend selon lui de s’adresser « aux parents, aux élèves et aux professeurs ». «  On a donc deux choses à faire », a expliqué Vincent Peillon. Premièrement, la ministre veut « des ressources numériques accessibles pour tous, c’est ce que nous sommes en train de faire, par exemple il y a aura un service public de l’aide aux devoirs pour les enfants de sixième des zones en difficultés à partir de septembre 2013 ».

 

Deuxièmement, le locataire de la Rue de Grenelle entend mettre le paquet sur la formation des enseignants, dans la mesure où ceux-ci « utilisent le numérique chez eux, pour préparer les cours,... ils l’utilisent maintenant souvent pour être en relation avec les parents. Mais ils ne peuvent pas l’utiliser dans la classe car on ne les a pas formés à le faire. Le grand retard français est là ! », s’est emporté Vincent Peillon.

 

S’agissant des problèmes qui pourraient être éventuellement liés à l’âge de certains enseignants, le ministre s’est voulu rassurant. Pour lui, « il n’a pas de question d’âge » : « Le véritable problème français (...) c’est les usages, les usages pédagogiques. Quand vous regardez un certain nombre de pays autour de nous, la réussite vient quand on a formé les enseignants à se servir - parce qu’il ne faut pas tomber dans l’illusion techniciste, ce n’est pas uniquement avoir des machines - il faut s’en servir pédagogiquement. Nous sommes l’Éducation nationale, on n’est pas là pour jouer, on n’est pas là pour s’abrutir devant des écrans ! Donc il faut utiliser ces technologies pour précisément progresser en termes d’apprentissage. Et là, c’est la formation des enseignants ».

Logiciels pédagogiques et investissements d'avenir

« Il manque en France, et sinon on va être soumis dans le fond à la pression anglo-saxonne, une production pédagogique de logiciels numériques », a prévenu le ministre de l’Éducation, qui a annoncé que « de l’argent » allait être alloué pour aider à la production de logiciels numériques, et ce dans le cadre des investissements d’avenir. «Nous allons donc structurer une filière française pour le 21ème siècle, parce que c’est l’école du 21ème que nous devons construire, et donc on va de A à Z », s’est félicité Vincent Peillon.

 

Notons que le libre ne fut pas évoqué par le locataire de la Rue de Grenelle, et ce en dépit des récentes préconisations de l’April, qui réclamait il y a quelques semaines une série de mesures pour le numérique à l’école, collège et lycée. Celles-ci reposaient toutes sur les principes des licences libres (voir notre article : L’April défend les vertus du logiciel libre dans l'Éducation nationale). 

 

Rappelons enfin que le budget 2013 prévoit l’allocation de 10 millions d’euros pour le numérique à l’école, comme l’indique l’AFP.

Par Xavier Berne Publiée le 13/12/2012 à 11:22
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