La Hadopi fait ses premiers petits pas dans l’Open Data

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La Hadopi a fait ses premiers pas timides sur le site gouvernemental dédié à l’Open Data, data.gouv.fr. Des données brutes concernant des enquêtes 2010 et 2011 viennent d'être libérées. Mais l'ouverture s'arrête là.

hadopi open data

En octobre 2011, la Hadopi avait confié un chantier sur l’open data à un membre de son collège, Jean Berbinau. Un chantier censé être utile pour les ayants droit, les sociologues ou quiconque s’intéresse aux comportements et usages de l’écosystème de la riposte graduée. Une mission également opportune puisqu’elle vient dans le même temps contrecarrer ceux qui reprochent à l’autorité son opacité.

« L'Hadopi a pour ambition d'être l'une des premières entités publiques à s'inscrire dans une démarche "Open data" de mise en ligne de données brutes, et à la concrétiser par sa présence sur la plate-forme data.gouv.fr » se gargarisait l’autorité. Près d’un an plus tard, notre « première entité publique » a enfin lâché du lest. Du moins, tout juste quelques grains de sables : la Hadopi vient de fournir les données brutes de ses enquêtes d’octobre 2010 et de mars 2011.

Un entrebâillement

Un tout premier pas pour des données datées. Dans l’entourage de la Rue de Texel, on voit dans ces deux fichiers un timide entrebâillement, loin de contenter les appétits en open data.  « Au moment où la haute autorité se félicite de son bilan, elle se doit de l’accompagner par une publication raisonnée et régulière de toutes les données relatives de la réponse graduée, si du moins elle veut montrer l’aspect pédagogique de la réponse graduée… »  En clair, cet essai n’aurait pas de sens s’il n’a pas de suite. 

Sont spécialement attendues les données en possession de la Commission de protection des droits, cœur répressif de la riposte graduée. Par exemple, la géolocalisation des abonnés, les statistiques au regard des FAI, la répartition des médias, les réseaux utilisés, les plages horaires, etc. Côté Commission de protection des droits, les informations sont cependant délivrées au compte-goutte, tout juste donne-t-elle les données chiffrées de la riposte graduée.

Les murs de la Hadopi restent épais

Mais la CPD n’est pas la seule en cause. Par exemple, la Hadopi ne diffuse que le strict minimum sur ses marchés publics. Elle ne réserve désormais les dossiers complets qu’aux seules entreprises susceptibles d’y répondre. Et donc, surtout pas à la presse. Autre chose, elle pourrait aussi dévoiler le coût de ses voyages à l'étranger, détailler dans un format utilisable son budget (plutôt qu'un vague scan intégré dans un PDF). De même, la Hadopi n’a toujours pas diffusé l’intégralité des déclarations d’intérêts de ses membres - plusieurs manquent toujours à l’appel - alors que ces éléments permettent de contrôler les conflits d’intérêts avec l’industrie culturelle. Nous avions dû lancer plusieurs  procédures CADA pour que cette « première entité publique » daigne dévoiler une partie de ces informations... Enfin, précisons que cette pseudo libération intervient à quelques jours de la remise du rapport annuel de la Haute autorité.

Publiée le 18/09/2012 à 10:04
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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