La France compte 9,5 millions de déconnectés, et 1,7 million l'assument

Une question d'équilibre 36

Si la France est un pays de plus en plus connecté, il existe, nous le savons, encore de nombreuses personnes exclues du Web, soit totalement, soit partiellement avec un très faible nombre d'heures de connexion par mois. Et si certains le subissent ou le sont par manque d'informations ou d'intérêts, d'autres s'excluent sciemment d'Internet plus ou moins régulièrement. Une étude menée par Havas Média France et mise en avant par e-marketing.fr s'est penchée sur ces déconnectés français. Ils seraient 9,5 millions en tout (18,4 % de la population), dont un peu plus de 1,7 million qui souhaitent eux-mêmes se déconnecter régulièrement.

Deconnectés

Pour Havas Média France, les déconnectés français se divisent en quatre grandes catégories :

Les Minitélistes : ils sont 2,056 millions selon l'étude et représentent ainsi environ 4 % de la population âgée de plus de 15 ans. Il s'agit pour beaucoup de personnes retraitées ou vraiment peu en phase avec la technologie. Pour eux, le monde de la high-tech est difficile à appréhender, tout va trop vite, et le sujet ne les intéresse pas. Internet, pour quoi faire ?

Les Exclus : ils sont 1,914 million (3,8 %) et ont de plus faibles revenus que la moyenne nationale. Ils sont logiquement sous-équipés en ordinateur et par conséquent peu connectés. Cela concerne aussi de nombreux habitants de zones rurales. Pour eux, choisir entre des dépenses alimentaires, culturelles et informatiques est une véritable question.

Les Flippés : ils sont 3,642 millions (7,1 %) et représentent de très loin la part la plus importante des déconnectés selon la catégorisation d'Havas. De part leur peur du réseau, que ce soit pour des raisons d'intrusion des marques dans leur vie privée ou vis-à-vis du manque de protection des données personnelles sur Internet, ces personnes surfent extrêmement peu et sont avant tout des surfeurs passifs. Ils ne publient ainsi strictement rien sur la toile (même leur avis), et évitent évidemment les réseaux sociaux. Leur méfiance envers les informations du Web est aussi très grande. Leurs revenus, contrairement aux exclus, sont par contre loin d'être très faibles et se situe plutôt dans la classe moyenne, avec plus 2700 € par mois de revenus nets par foyer.

Les Déconnectés 2.0 : ils sont 1,724 million (3,4 %) et sont de loin les plus intéressants. Eux, ils peuvent avoir accès à Internet, ils n'en ont pas spécialement peur et ils ne sont pas pauvres. Plutôt représentés par la classe financière aisée, ces Déconnectés 2.0 ne veulent pas se sentir dépendant de la toile. Ils surfent donc très peu et estiment qu'ils peuvent aisément se passer d'Internet. Globalement, ils souhaitent se couper de la technologie et n'hésitent donc pas à le faire. L'étude précise que ces personnes « assument leur anticonformisme ».

Deconnectes

Havas Média note dans son étude nommée Unplugged que ces déconnectés utilisent internet principalement pour des raisons pratiques, notamment pour l'administratif (déclarer les impôts), consulter des plans, acheter en ligne, échanger du courrier, etc. Pour eux, le plus important est donc d'être libre au sens large. Libre de choisir, et bien sûr, libre de se connecter et surtout de se déconnecter quand ils le souhaitent. Cela explique pourquoi seul le côté pratique d'Internet est développé chez eux.

Enfin, l'étude se pose des questions sur cette catégorie de personnes. La déconnexion est-elle un fantasme des internautes ? Cela peut-il être un mode de vie ? Quel est l'équilibre entre la connexion et la déconnexion ? Quel équilibre doit-on mettre en place entre tous les écrans (TV, ordinateur, tablette, smartphone, etc.) ?

Publiée le 12/09/2012 à 14:55
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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