Taxation à 75 % : Stéphane Richard conditionne sa révolte

Richard, pauvrard 248

Les grands patrons des télécoms seront mécaniquement concernés par les futures réformes fiscales annoncées. À commencer par la première d’entre elles, la taxation à 75 % des revenus au-dessus de la tranche d'un million d'euros.

Stéphane Richard France2 FranceTVStéphane Richard hier soir sur France2 (d.r.)

Hier, au 20H de France2, Stéphane Richard a donné son sentiment sur cette mesure. « Je gagne chaque année à peu près 1,5 million d’euros - ce qui est considérable » a-t-il indiqué. « Sur ce million et demi d’euros aujourd’hui quand j’applique la fiscalité (…), je paye 650 000 euros d’impôt sur le revenu par an. [Avec] les changements évoqués - la taxe à 75 % mais aussi les nouvelles tranches d’impôts sur le revenu , et que l’addition de toutes ces mesures se met en œuvre, je vais payer probablement 2 ou 300 000 euros de plus ».

En février dernier, à l’Assemblée nationale, Richard avait détaillé sa rémunération. 900 000 euros annuels, « auxquels s’ajoute une part variable calculée selon plusieurs indicateurs, dont, pour 30 %, la satisfaction des salariés, dont j’ai demandé la prise en compte après avoir mis en place le baromètre social. Cette part peut atteindre 600 000 euros, que je n’ai jamais touchés en intégralité et que je ne risque pas de toucher en intégralité dans les mois qui viennent ».

Sans flexibilité, Stéphane Richard promet de se révolter

Sur FranceTV, Stéphane Richard parle désormais d’un choc fiscal qu’il est prêt à accepter sous condition. D'accord pour ce surplus fiscal mais il faut que les entreprises y trouvent leur compte en terme de coût du travail et de flexibilité (sous-entendu des salaires, des contrats, etc.). « Là où ça n’irait pas du tout et où je serai dans la révolte, c’est s’il y a ces mesures-là, mais qu’il n’y a pas tout le reste. Que tout le reste est escamoté ou qu’on y renonce parce qu’impopulaire, parce que difficile, parce que les syndicats ne sont pas d'accord, etc. Là, on aura eu l’impression d’un marché de dupe. »

Le salaire de labeur

La question de ces hauts salaires avait fait l’objet d’une passe d’armes entre le dirigeant d’Orange et celui de Free.  Plus tôt, en janvier, Xavier Niel déclarait devant les députés que « [son] salaire et celui de Maxime Lombardini, directeur général d’Iliad, sont vingt à trente fois inférieurs à celui de nos homologues ailleurs. Nous essayons de prendre en compte la juste valeur des choses ». Et le numéro un de Free de détailler : « mon salaire s'élève à 173 000 euros bruts annuels. Il est désormais public et doit être comparé aux 313 millions d'euros de profit réalisés l'année dernière ».

Réaction de Stéphane Richard devant les parlementaires : « Free serait une sorte de coopérative ouvrière ou chacun serait payé au même tarif où le dirigeant ne toucherait qu’un « ridicule » salaire annuel de 173 000 euros, 70 % du capital de la société appartenant à ses salariés. Mais si M. Niel ne se paye « que » 173 000 euros, les comptes publiés l’an dernier par la société Iliad indiquent qu’il a touché 14 millions d'euros de dividendes ! Par ailleurs, si, en effet, un peu plus de 65 % du capital sont détenus par les salariés, M. Niel en détient à lui seul plus de 62 % ! »

Publiée le 11/09/2012 à 09:06
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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