Pour le directeur du SNEP, un moteur de recherche « n’est pas neutre »

Moteurs, action ! 74

David El Sayegh, directeur général du Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP) vient de revenir dans les colonnes de L’Expansion sur les récents changements opérés par Google, qui a modifié l'algorithme de son moteur de recherche. S’il reste prudent sur les effets à en attendre, le numéro un de l'association de l’industrie musicale française explique que pour lui, un moteur de recherche « n’est pas neutre », et soulève même l’idée d’une « liste noire de sites illicites ».

snep google

Les hebergeurs de fichiers doivent reculer

Il y a deux semaines, Google annonçait l’instauration d’un nouvel algorithme, permettant de rétrograder dans les résultats de son moteur de recherche les contenus fréquemment dénoncés par les ayants droit. Face à cette décision du géant de l’internet, le directeur du SNEP se félicite « que Google fasse des efforts de son propre chef ». David El Sayegh explique toutefois que l’IFPI (la fédération internationale de l’industrie musicale) et les acteurs qu'il représente restent vigilants : « Nous allons attendre de voir comment [ce changement] se matérialise concrètement. Il faudra analyser les résultats sur des sorties commerciales récentes ». 

 

Le numéro un des industriels de la musique française déclare ensuite qu’il s’attend à ce que les hébergeurs de fichiers soient les premiers à diminuer dans les résultats du moteur de recherche de Google. Ce sont « les nouveaux Megaupload » précise-t-il.

David El Sayegh soulève l'idée d'une liste noire de sites illicites

Mais David El Sayegh voit plus loin : « Ce n'est pas seulement par le biais des liens que Google doit faire le ménage. On pourrait par exemple fournir une liste noire de sites illicites ». D’ailleurs, pour le directeur du SNEP, « quand on est un moteur de recherche, forcément on n'est pas neutre, donc on a un rôle à jouer ».

 

Cette idée n’est pas sans rappeler l’amendement du député Franck Riester, qui avait proposé durant les débats sur Hadopi de surréférencer l’offre légale dans les moteurs de recherche. À l’époque, Google avait vertement critiqué la démarche : « Ce serait aller loin que de demander aux moteurs de recherche de surréférencer certains sites labellisés, cela constituerait une forme de censure. De plus, une telle demande méconnaîtrait le fonctionnement automatisé des moteurs de recherche ». 

 

Rappelons que durant la campagne présidentielle, la filière musicale s'était mobilisée pour revoir le régime de responsabilité des intermédiaires techniques, FAI, hébergeurs et... moteurs de recherche.

Publiée le 25/08/2012 à 10:30
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