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UFC vs jeux vidéo : « nous ne portons pas plainte (contre) les bugs »

La lecture, c'est bon pour la santé

La plainte de l’UFC-Que Choisir contre 3 grands distributeurs français et 4 éditeurs de jeux vidéo a fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours. Le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs a bien peu apprécié cette plainte, tandis que Game Cash l’a vivement salué. Mais l’association de défense des consommateurs a surtout remarqué que son message a été incompris. Nous avons interrogé Édouard Barreiro, le porte-parole de l’UFC, pour mieux comprendre les tenants et aboutissants de cette plainte.

Édouard Barreiro. Vidéo publiée le 28 novembre.

« Il y a un malentendu »

L’association souhaite tout d’abord rétablir certaines vérités. Si elle a bien dressé un bilan amer envers les éditeurs de jeux vidéo au sujet des bugs, des DLC et des autres joyeusetés, en aucun cas sa plainte ne porte sur ces sujets. « Il faut être très précis, car effectivement il y a un malentendu. Nous ne portons pas plainte sur des problématiques relatives aux bugs, DLC ou aux pass mais sur le défaut d’information » affirme Édouard Barreiro.

Selon le responsable TIC de l’association, le principal problème est surtout que « les éditeurs n’indiquent pas clairement au consommateur que le jeu nécessite une clé (ou un pass) à usage unique pour activer le jeu, pour débloquer des niveaux ou des outils ou même pour pouvoir jouer en ligne. Le consommateur doit acheter en connaissance de cause. Or, les témoignages montrent que ce n’est pas forcément le cas. »

L’UFC s’intéresse donc au défaut d’information pour le moment. Les autres problèmes (bugs, etc.) seront plutôt gérés par la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), tout du moins si elle accepte de s’occuper du dossier comme le souhaite l’association. À ce sujet, l’UFC nous confirme qu’elle n’a pas encore eu de nouvelle de la part de la DGCCRF, mais elle est confiante, jugeant que la direction ne peut ignorer l’exaspération des joueurs.

« On s'attaque au défaut d'information »

Nous avons aussi questionné Édouard Barreiro sur les revendeurs et éditeurs attaqués par l’association. Cette dernière a en effet visé Codemasters, Warner Interactive, THQ et Bethesda pour les éditeurs, et Micromania, Fnac et Game France pour les distributeurs. Mais pourquoi eux et pas d’autres ?

« Comme je l’ai dit, on ne s’attaque pas, pour le moment, aux pratiques mais au défaut d’information. Or, bien que ces autres acteurs ne sont pas plus vertueux sur le fond, ils informent correctement les consommateurs sur la nécessité de clé ou de pass à usage unique pour profiter pleinement du jeu » nous a ainsi expliqué Barreiro au sujet des éditeurs.

Et au sujet des distributeurs ? « On s’est attaqué uniquement à l’activité commerce en ligne de ces acteurs. Car puisque le consommateur ne peut pas avoir la boite entre les mains pour avoir connaissance de toutes les restrictions d’usage, il est de la responsabilité de ces acteurs de les lui indiquer sur leurs pages. Le consommateur doit acheter en connaissance de cause. »


L’action de l’UFC n’a pas été comprise par tous.

Le SELL fait preuve de mauvaise foi

Enfin, nous avons interrogé le responsable TIC de l’UFC sur les réactions du SELL et de Game Cash. Concernant le syndicat des éditeurs de logiciels, Barreiro a immédiatement remarqué leur « incroyable mauvaise foi », ceci « quand ils ne sont pas totalement risibles ».

Par exemple, quand le SELL note que « 38 % des gens n'arrivent pas à déterminer leur plateforme », l’UFC explique que c’est tout à fait normal, dès lors que « les consommateurs n’ont pas donné cette information et pour cause on ne leur a pas demandé ». Barreiro nous précise que les appels à témoignages de l'association ont pour origine diverses plaintes de consommateurs au sujet de bugs, mais aussi des nouvelles pratiques commerciales des éditeurs.

« Ces bugs qui rendent le jeu injouable »

« Dans la mesure où nous n’avons pas les moyens d’acheter une centaine de jeux et de les tester sur les principales plateformes, le meilleur moyen pour nous de comprendre les contours et l’ampleur du phénomène est bien entendu de demander aux principaux concernés : les joueurs. Nous avons donc fait un appel à témoignage. Bien entendu, ceux qui répondent sont en priorité les mécontents. Mais ce qui fait la force de ce travail, c’est la nature des réponses.

Et je suis désolé pour le SELL mais quand des centaines de consommateurs disent « ça ne fonctionne pas » c’est qu’il y a un vrai problème. Et quand je dis « ça ne fonctionne pas » je ne parle pas de petits bugs qui agacent mais ne remettent pas en cause la valeur du produit. Je parle de ces bugs qui rendent le jeu injouable. Par exemple, les témoignages sur Battlefield 3 sont éloquents : des centaines de joueurs ont chez eux un jeu qu’ils ne peuvent ou ne pouvaient pas (des correctifs ont été mis à disposition depuis) utiliser. Et des témoignages de ce type il y en a des centaines et concernent une grande variété de jeux. D’ailleurs, il suffit d’aller sur les forums des sites spécialisés ou de fans pour mesurer l’ampleur du mécontentement.
»

Un soutien jamais vu

L’UFC nous a d’ailleurs confirmé par téléphone qu’elle n’avait jamais vu un soutien aussi « massif » à son action, preuve que le problème est réel, ceci malgré quelques incompréhensions.

La mort de l'occasion est en marche

Concernant la polémique au sujet du marché de l’occasion, le SELL avait expliqué ceci à notre confrère Challenges : « Il faut se rendre compte que le marché du PC sur lequel l'étude fait le focus est soumis à une très forte piraterie. Aujourd'hui, sur l'ensemble des solutions pour lutter contre les actes de piratage, c'est l'activation online qui marche le mieux. Les éditeurs ont adopté les DRM (Digital rights management) pour lutter efficacement contre la reproduction illégale des logiciels. Si cela a un impact sur le marché de l'occasion, ce n'est pas une volonté délibérée. »

Édouard Barreiro réplique en nous expliquant que certains joueurs et revendeurs de jeux d’occasion ont aujourd’hui le sentiment que les éditeurs souhaitent s’attaquer à la revente de jeux vidéo. « On peut également, souligner la formidable sortie du directeur créatif de l’éditeur THQ, Cory Ledesma, qui assume franchement en disant sans détour avoir le sentiment d’être trompé par le consommateur lorsqu’il achète les jeux d’occasion. » (voir l'article sur le sujet par notre confrère Gameblog).

Enfin, au sujet du dernier communiqué de Game Cash, particulièrement en faveur de l’action de l’UFC-Que Choisir, cette dernière estime que ce soutien « confirme bien que le marché de l’occasion est en danger. Or, compte tenu des prix des jeux, mais aussi du fait que leur durée de vie semble décroitre, le maintien de ce marché est fondamental. »
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD, aime les interviews insolites et les tablettes tactiles (malgré leurs défauts). Essentiellement présent sur Google+.

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Publiée le 08/12/2011 à 18:18

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Il y a 184 commentaires

Avatar de ano_634726298070965238 INpactien
ano_634726298070965238 Le jeudi 8 décembre 2011 à 23:04:58
Inscrit le mercredi 25 mai 11 - 1721 commentaires
HAHA, j'y penserais
Avatar de Linksys WAG54G INpactien
Linksys WAG54G Le jeudi 8 décembre 2011 à 23:12:11
Inscrit le mardi 9 août 11 - 304 commentaires

Des jeux Steam d'occaz ? Tu ne confonds pas avec des comptes Steam d'occaz ?

Pour le marché de l'occasion, il y a aussi la vente entre particuliers.


Heureusement, car selon moi le marché de l'occase en magasin est déjà mort depuis un certains temps. J'ai récemment trouvé à Auchan Fragile pour 10€, et avant ça, c'était Blue Dragon, Lost Odyssée et Venetica. Alors oui j'attends de tomber sur ces déstockages, mais je n'ai surtout plus cette envie pressante de taper le vendeur qui m'indique fièrement que je peut économiser 5€ avec l'occasion. Quand j'entends des vendeurs critiquer ces "connards" d'éditeurs, je me laisse des fois à rappeler que ces boites veulent faire de l'argent, et que ça doit bien les faire chier de voir la tournure de l'occase. Va leur dire que l'argent tourne, quand tu paies ton jeu aussi cher qu'en neuf...
Commentaire de xiaomqplbv supprimé le 09/12/2011 à 07:26:30 : Réponse à un commentaire supprimé
Avatar de dam1605 INpactien
dam1605 Le vendredi 9 décembre 2011 à 09:17:42
Inscrit le mercredi 14 janvier 09 - 694 commentaires

On est d'accord sur le fait qu'on ne peut revendre qu'un compte, pas un jeu directement.


Uniquement parce que Valve refuse de permettre la suppression d'un jeu de son compte ou de le donner. Ce qui a mon avis devrait être permis au moins pour les versions boîtes des jeux.

Avatar de pyro-700 INpactien
pyro-700 Le vendredi 9 décembre 2011 à 09:18:21
Inscrit le samedi 11 décembre 04 - 1029 commentaires
UFC vs jeux vidéo : « nous ne portons pas plainte (contre) les bugs »... mais nous porteront plainte sur les jeux à 60€.











ok je sort, on à toujours le droit de rêver.mdr2.gif
Avatar de yulpocket INpactien
yulpocket Le vendredi 9 décembre 2011 à 09:42:23
Inscrit le jeudi 27 novembre 08 - 214 commentaires
Ce qui a mon avis devrait être permis au moins pour les versions boîtes des jeux


Le problème c'est que désormais tu n'achètes pas un jeu proprement dit mais plutôt une licence personnelle d'utilisation. Le support DVD ou téléchargement n'est là (quand il n'est pas truffé de bugs) que pour te permettre d'exploiter cette licence.

Ce modèle économique, perso, je boycotte....
Avatar de dam1605 INpactien
dam1605 Le vendredi 9 décembre 2011 à 09:59:48
Inscrit le mercredi 14 janvier 09 - 694 commentaires
Le problème c'est que désormais tu n'achètes pas un jeu proprement dit mais plutôt une licence personnelle d'utilisation. Le support DVD ou téléchargement n'est là (quand il n'est pas truffé de bugs) que pour te permettre d'exploiter cette licence.
Ce modèle économique, perso, je boycotte....


C'est pour ça que je parle des versions boîtes. Il y'a forcement "vente" et pas juste un contrat de licence, même si l'utilisation est liée à l'acceptation de la licence. Le côté "vente" est beaucoup plus contraint par la législation.


Edité par dam1605 le vendredi 9 décembre 2011 à 10:01
Avatar de Groumfy INpactien
Groumfy Le vendredi 9 décembre 2011 à 10:03:27
Inscrit le mercredi 8 décembre 04 - 3120 commentaires
Foutage de gueule !

Ca confirme ce que je pense d'UFC Que Choisir pour le secteur high tech...

Ils ont mélangé les bugs, les DLC, l'activation internet et les DRM, c'était explicite dans l'actu PCI initiale et la vidéo Youtube !

Comme nous n'avions pas le texte de la plainte, nous avons été trompé par un défaut d'information


Maintenant, j'apprends qu'ils veulent juste une information ? On va avoir un petit alinéa en dessous des prérequis Direct X que personne ne lit, genre : "Tu ne peux pas revendre ce jeu, ducon. Ce jeu nécessite d'acheter du contenu pour être complet en multijoueur.".

La belle affaire, c'est juste un moindre mal, mais ça ne change pas le fond du problème sur l'existence du Mal (<-- les DRM).



Avatar de ano_634726298070965238 INpactien
ano_634726298070965238 Le vendredi 9 décembre 2011 à 10:03:43
Inscrit le mercredi 25 mai 11 - 1721 commentaires


C'est pour ça que je parle des versions boîtes. Il y'a forcement "vente" et pas juste un contrat de licence, même si l'utilisation est liée à l'acceptation de la licence. Le côté "vente" est beaucoup plus contraint par la législation.

Ce qu'il dit reste valable, tu peux toujours revendre le jeu boite sauf que tu ne peux revendre la licence, ce qui, on est d'accord, rend la vente de la boite inutile du coup car derrière au mieux la personne à qui tu revend la boite devra donc ce procuré une nouvelle licence
Avatar de dam1605 INpactien
dam1605 Le vendredi 9 décembre 2011 à 10:09:08
Inscrit le mercredi 14 janvier 09 - 694 commentaires

Ce qu'il dit reste valable, tu peux toujours revendre le jeu boite sauf que tu ne peux revendre la licence, ce qui, on est d'accord, rend la vente de la boite inutile du coup car derrière au mieux la personne à qui tu revend la boite devra donc ce procuré une nouvelle licence


Oui, mais le consommateur est protégé par tout un tas de trucs, la vente lié, l'abus de pouvoir (d'un pro sur un particulier, note: je connais plus le terme exact mais c'est pas 'pouvoir').
Et puis je ne vois comment on peut décemment défendre que l'achat initial est lié à la licence et mais que lors de la revente la licence ne suive pas...
Je suis pas sûr que devant un tribunal, ça tienne très longtemps, mais tant que y'aura pas d'action collective à la française, y'a peu d'espoir que ça évolue.

article qui parle des droits liés à la vente


Edité par dam1605 le vendredi 9 décembre 2011 à 10:12
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