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Édito : les joueurs, les dindons de la farce

Et de bons gros pigeons

Cette semaine a été marquée par l’attaque directe de l’UFC-Que Choisir contre les éditeurs et distributeurs de jeux vidéo. Pour l’association, il s’agit d’une première pour ce secteur. Fruits de plusieurs appels à témoignages réalisés cette année, ces plaintes ont suscité de nombreuses réactions, dont des principaux intéressés. Mais si la méthode de l’UFC, qui ne pouvait attirer que les mécontents, peut être critiquée, il n’empêche que l’évolution du secteur du jeu vidéo a de quoi soulever bien des questions.

Coup de gueule d'un joueur en août dernier au sujet de Diablo III, qui résume assez bien les diverses problématiques du secteur.

Bien plus puissant que la musique et même que le cinéma, le marché du jeu vidéo génère des milliards et des milliards d’euros. Le lancement d’un jeu engendre même le jour de sa sortie plus d’argent qu’aucun blockbuster hollywoodien n’a pour l’instant atteint. Son importance est gigantesque, que ce soit en Amérique du Nord, en Europe ou en Asie.

Le jeu vidéo est ainsi passé d’un marché de niche dans les années 70/80 à un gros marché dans les 90, pour finir par devenir la machine à sous que l’on connaît aujourd’hui depuis les années 2000. Ceci principalement grâce à une féminisation importante du secteur, les jeux dits "casuals", mais aussi à la disponibilité de nombreux jeux adultes.

En tout état de cause, l’évolution du marché peut donc paraître positive. Son nombre d’adeptes s’est multiplié, il touche les hommes, les femmes, les enfants, les ados, les jeunes et moins jeunes adultes, et même parfois les séniors. Pourtant, les mécontentements des joueurs sont légion. L’UFC a relevé les bugs, l’abus des contenus additionnels, les DRM et les armes anti-piratage et contre la revente pour l’occasion. Mais bien d’autres griefs pourraient être exprimés à leurs sujets.

Les tarifs en France : les importations de jeux vidéo de sites anglais vers la France sont nombreuses. Il faut dire que les prix y sont vraiment moins onéreux, que les frais de port sont faibles (voire offerts) et que certains jeux sont même disponibles en français.

Les tarifs des jeux dans l'Hexagone auraient dû faire l’objet d’une véritable enquête depuis longtemps tant les différences avec l’Angleterre ou les États-Unis sont abyssales. Mais il n’en est rien. Le gamer français se fait saigner à blanc depuis des dizaines d’années, et ce n’est semble-t-il pas un si gros problème, puisque le pourcentage des foyers disposant d’une console augmente d’année en année (47 % en 2011).

Il faudra néanmoins s’interroger un jour sur les tarifs en France, d’autant que le pays est loin d’être un nain mondial pour le secteur. Si les USA écrasent le monde, en Europe, seul le Royaume-Uni est plus important que la France. Mieux encore, selon une étude récente, les Français dépensent plus en moyenne chaque mois que les Anglais. 22,30 £ (26 €) en France contre 18,60 £ (21,7 €) outre-Manche. Avec les différences de tarifs entre les deux pays, cela n’est guère surprenant…


La durée de vie et les DLC : si avec le multijoueur, la durée de vie d’un jeu est parfois sans limites, en solo, la chanson est différente. Les fameux DLC (Downloadable Content) permettent bien sûr d’augmenter cette durée de vie, mais c’est habituellement en échange de monnaie sonnante et trébuchante…

Concernant la durée de vie, jugée de plus en plus courte par certains joueurs, James Rebours, le président du SELL (le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs) a estimé que « cette critique relève davantage du ressenti que du factuel ». Certes, c’est peut-être le cas même si les doutes sont permis.

Néanmoins, que dire de l’abus des DLC, que ce soit sur PC ou consoles ? Assez rares à une époque encore récente (sauf pour certains types de jeux), ils se sont multipliés ces dernières années. L’exemple le plus récent est Ridge Racer Vita. Namco Bandai a bradé son titre de base… pour finalement rajouter des packs et des DLC à gogo fin décembre, en janvier et en février. En somme, la société japonaise vend son jeu sous forme de kit (jeuxvideo.fr parle de pièces détachées) et malheureusement, il ne s’agit pas là d’une exception…

Là encore, à l’instar des tarifs en France, une véritable réflexion devrait être faite sur le sujet.

Les démos payantes : si pour l’instant, les éditeurs n’ont pas tous osé proposer des démos payantes, ce n’est pas pour autant un cas rarissime. Bien sûr, il y a quelques années, le cas Gran Turismo 4 Prologue avait défrayé la chronique. Depuis, d’autres démonstrations payantes ont vu le jour. Cette année, Capcom en a même proposé plusieurs : Mega Man Legends 3 et Nazo Waku Yakata. Et l’éditeur est coutumier du fait.

Pour revenir à Gran Turismo, citons notre confrère Gamehope qui dans son article du 23 février 2006 (bientôt 6 ans !) résumait parfaitement la situation :

« Après avoir sorti une démo payante (Gran Turismo 4 Prologue), de leur jeu très très moyen Gran Turismo 4 et complètement épuré au dernier moment de la seule nouvelle feature, pourtant prévue depuis des lustres : le mode Online, Polyphony Digital revient avec fracas sur son jeu distribué en kit ! En effet c'est un nouveau Gran Turismo 4 Online qui va être prévu. Au menu, le même contenu, avec en sus le mode online jusqu'à 6 joueurs, avec chat vocal et classement mondial.

Si ça c'est pas se foutre ouvertement du monde je ne m'y connais pas.

Quant à toi, joueur, si tu possèdes déjà GT4 Prologue, GT4 et que tu as l'intention de raquer encore pour GT4 Online, il est peut-être encore temps de consulter, et chez GH on veut bien se mobiliser pour te filer des adresses où trouver aide psychologique et entraide morale...sinon tu peux aussi écrire un skyblog.
»

ps3

Les temps de téléchargement sur consoles : si certains se plaignent des nombreuses et lourdes mises à jour de Windows, celles des systèmes des consoles atteignent parfois des records. Certains joueurs, malgré une ligne internet très performante, se plaignent ainsi de mises à jour qui durent parfois des heures. Les serveurs des constructeurs sont ainsi loin de pouvoir assurer les demandes importantes de mises à jour.

Et la logique est similaire pour les téléchargements de démos ou de jeux. Si sur PS3 et Wii, la gratuité du service internet atténue la critique, pour la Xbox 360, c’est autre chose… Tout le monde n’est heureusement pas touché, mais les personnes qui ne sont pas prévenantes et ne font pas de MàJ pendant la nuit peuvent avoir de mauvaises surprises au moment de jouer.

Les vieux jeux : jouer sur sa nouvelle console à des anciens jeux est un réel plaisir, surtout pour les plus vieux joueurs. Néanmoins, le concept laisse songeur. Les jeux sont parfois des copies parfaites de ceux sortis il y a 10 ou 20 ans, certains ont été rentabilisés à n’en plus compter, et les éditeurs arrivent à les revendre, et parfois à des tarifs très élevés. Voilà une sacrée performance.

Mais à l’instar des tarifs en France ou des DLC abusifs, le public suit, alors pourquoi les éditeurs se gêneraient ? La logique est toujours la même.

La mort de l'occasion : depuis quelques années, le « piratage » n’est plus l’ennemi unique des éditeurs. Désormais, l’ennemi à abattre se nomme le marché de l’occasion. Nous avons d’ailleurs consacré un édito à ce sujet en prophétisant la fin du marché de l’occasion sur la plupart des produits de consommation.

Pour les jeux vidéo PC, les éditeurs ont eu la riche idée d’utiliser plusieurs armes. Par exemple, imposer un DRM limitant le nombre d’installations d’un jeu. Cela permet de lutter à la fois contre la copie, l’échange à des amis et bien sûr l’occasion. Cela empêche aussi l’acheteur d’utiliser son propre jeu soit dit en passant. D’autres techniques existent, comme lier un jeu acheté à un compte unique (type Steam).


Et nous pourrions aussi parler du live payant, des rootkits (ou équivalents) générant des problèmes sur la machine, des jeux nécessitants obligatoirement internet (même pour jouer en solo), des mises à jour qui créent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent, etc.

Pour conclure cet édito, reproduisons une phrase bien célèbre : « Quand on pense qu’il suffirait que les gens ne les achètent plus pour que ça ne se vende pas ! »
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD, aime les interviews insolites et les tablettes tactiles (malgré leurs défauts). Essentiellement présent sur Google+.

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Publiée le 03/12/2011 à 09:42

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Il y a 276 commentaires

Avatar de ano_634889411966901163 INpactien
ano_634889411966901163 Le samedi 3 décembre 2011 à 09:56:43
Inscrit le vendredi 16 février 07 - 113 commentaires
Nostalgie quand tu nous tiens ....

Quand il fallait souffler dans la cartouche NES pour que le jeu démarre,
Quand tu achetais le jeu pour ensuite l'échanger avec ton pote contre un autre jeu,
Quand tu n'allais pas à l'école pour avancer sur Final Fantasy 8
...

LA plus belle époque des jeux video.
Je pleure pour la génération de joueur qui arrive.
Avatar de Zazardify INpactien
Zazardify Le samedi 3 décembre 2011 à 09:59:10
Inscrit le vendredi 3 juin 11 - 52 commentaires
Des solutions ?
C'est clair que voir les jeux en kit pré-annoncés fait un peu peur et pourtant c'est devenu la norme...
Avatar de vestal INpactien
vestal Le samedi 3 décembre 2011 à 10:01:58
Inscrit le lundi 6 juin 11 - 40 commentaires
Et oui, le gars de la video a entièrement raison et je m'étais fait la même réflexion à propos de D3 quand j'avais appris la news de l'HV€ via Paypal sur JH. Je rajouterai que l'on pourra boycotter l'HV€ mais qu'on le veuille ou non cet argent réel va fortement influencer l'économie du jeu et donc notre jeu quotidien. Il va être très compliqué de trouver un item de qualité à l'HVpo par exemple. Restera le troc, l'échange. Je ne parle même pas de l'eldorado pour farmer chinois, ils n'auront plus besoin de créer leur propre site pirate, Blibli vient de légaliser leur démarche: bah oui, les farmer chinois c'est mal sauf quand on prend une commission au passage. -_-

Pour les DRM, j'en ai encore été victime avec le dernier Batman AC, impossible d'y jouer sans formater mon PC (Securom ne voulant pas lancer le jeu à cause de Daemon Tools malgré la désinstallation).

Bref, le pognon pourrit tout. Je suis étonné de voir à quel point l'industrie du jeu video cartonne dans le monde entier et à quel point les lobbys en veulent encore et toujours plus. A force de nous prendre pour des cons, ils ne font que développer le piratage.

Edité par Vestal le samedi 3 décembre 2011 à 10:03
Avatar de Seth-Erminatores INpactien
Seth-Erminatores Le samedi 3 décembre 2011 à 10:03:53
Inscrit le dimanche 13 novembre 05 - 8214 commentaires
Quand je vois que par exemple je ne peux pas installer un POP les sables du temps sur mon Win 7 tout ça à cause de leur protection à la con, ça me fout les boules
Un jeu que j'ai acheté en +...

Edité par Seth-Erminatores le samedi 3 décembre 2011 à 10:04
Avatar de Lorka.Tinou INpactien
Lorka.Tinou Le samedi 3 décembre 2011 à 10:05:23
Inscrit le lundi 5 mai 03 - 308 commentaires
Je trouve vraiment triste l'évolution du marché du jeux vidéo. Il y a 10-15 ans c'était un marché de niche, et on avait droit à du bon contenu, de vraies durées de vie (les jeux à 50h+ de durée de vie hors multijoueurs se comptent sur les doigts de la main en prenant en compte toutes les sorties annuelles je pense...), des addons certes payés plus chers, mais avec là aussi du vrai contenu en plus, pas juste une mission ou quête, 3-4 objets de grosbill et c'est tout.

Il y a encore quelques éditeurs honnêtes et respectueux de leurs consommateurs, mais ça devient rare (The Witcher 2 et son patch 2.0 gratuit qui rajoute pas mal de choses, c'est plutôt rare comme phénomène). Et comme le dit le mec dans la vidéo, Blizzard était de ces studios, mais son rachat par Activision a tout changé, et dans toutes les licences du studio.

Je rajouterai que l'on peut se demander quelle sera l'avenir du jeux vidéo sur PC, à l'heure où des studios suppriment la version PC, déjà en développement depuis longtemps, de leurs jeux à venir car ils savent qu'il n'y aura qu'un joueur sur 10 (20 ? 30 ?) qui aura acheté ces jeux...

Edité par Lorka.tinou le samedi 3 décembre 2011 à 10:08
Avatar de vestal INpactien
vestal Le samedi 3 décembre 2011 à 10:05:37
Inscrit le lundi 6 juin 11 - 40 commentaires
Cadeau, une interview du nouveau président du Sell à propos de la plainte de l'UFC, admirez sa langue de bois et la manière dont il parvient à ne pas répondre aux questions, un vrai politicien =>http://www.gamekult.com/actu/plainte-ufc-une-vision-tronquee-selon-le-sell-A0000...
Avatar de XmhO INpactien
XmhO Le samedi 3 décembre 2011 à 10:05:52
Inscrit le jeudi 25 mai 06 - 159 commentaires
Mais, juste une petite question. Vous dites que le marché des JV génère d'importants revenus, mais j'ai cru que des boîtes comme Ubisoft étaient il y a peu de temps quasiment en faillite.

Ils sont si serrés que ça, ils ne vendaient plus rien ou ils se foutent de nous?
Avatar de lexos INpactien
lexos Le samedi 3 décembre 2011 à 10:06:35
Inscrit le lundi 15 mai 06 - 277 commentaires
y'a des solutions et c'est malheureusement de tipiaker...c'est triste. J'ai acheté certaines nouveautés qui demandent l'accés internet pour jouer en solo ou des jeux qui s'installent mal à cause des protections.

Résultat, je télécharge une version tipiak, aucuns soucis d'installation, pas d'emmerdes en déplacement (cause pas besoin accès intenet)...

les éditeurs ont rien compris..à force d'emmerder les gens...ont va plus acheter...
Avatar de FloRom94 INpactien
FloRom94 Le samedi 3 décembre 2011 à 10:06:34
Inscrit le dimanche 20 mai 07 - 17 commentaires
AAhhhh Final Fantasy 8.....112h de jeux, et je n'avais pas monté tout les perso lvl 99 ni chercher à les booster et obtenir toutes les Gforce....la plus belle pèriode de ma vie :/

Sinon, il serait bon aussi de parlé de :

-La différence de prix des jeux entre une console et une autre voir entre console et PC...

-Des portages console sur PC à chier (exemple récent, SKYRIM...menu fait pour un PAD, proposé deux menus dans ce cas !) (et parfois c'est pas que le menu...)


Avatar de nothanks INpactien
nothanks Le samedi 3 décembre 2011 à 10:11:03
Inscrit le vendredi 27 octobre 06 - 1250 commentaires
Hum, je pleure pour les joueurs en général, j'ai 31 ans j'ai connu cette époque ou on soufflait dans les cartouches et ou l'on retournait la ps1 pour les problèmes liés au lecteur.
J'ai pris l'habitude d'acheter des jeux pc finis (sans bugs), du dlc gratos et support/maj régulier et soutenu... force est de constater que ça n'est plus le cas. Concernant les bugs au départ et le foutage de gueule (absence du mode coop promis sur steam), la palme revient à Stronghold 3, deux potes l'ont acheté, j'ai presque suivi, j'ai bien fait de zapper.

Quand aux dlc payants... que dire... on se fait consoliser? Nan là ce serait un troll, mais on subit une évolution du marché que nous réprouvons ayant connu "lage d'or". C'est triste et je me refuse à payer pour du dlc sauf exception, je l'ai fait pour les skins de Killing Floor qui ne servent à rien et en toute connaissance de cause pour soutenir Tripewire (je commence à regretter vu ce qu'ils nous font avec RO2). EA, Ubi' et autres, oubliez ma CB...

edit : le pire étant, comme le souligne tout le monde, de devoir dl un jeux et son crack pour jouer à un jeu en toute sérénité ou du moins s'assurer de pouvoir le faire alors qu'on l'a payé.

Purée... j'aimerais revenir 10 en arrière...

Edité par nothanks le samedi 3 décembre 2011 à 10:13
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