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Stéphane Richard (Orange) prépare des forfaits à deux vitesses

Un pour vous, et un pour les Richard

Stéphane RichardLa France y a échappé jusqu’à ce jour, mais cela ne saurait tarder : les forfaits internet à deux vitesses (voire plus) pourraient bien arriver d’ici peu. C’est en tout cas ce que prépare activement Stéphane Richard (photo ci-contre), le président de France Télécom (Orange).

Selon l’agence de presse anglaise Reuters, le PDG d’Orange a ainsi annoncé mardi dernier, lors d'une journée accordée aux investisseurs du groupe, qu’il comptait discuter avec les sociétés américaines, et en particulier Google, afin d’aborder un thème désormais ancien, le financement des réseaux. De là, de nouveaux modèles économiques seront mis en place. « Des annonces pourraient avoir lieu ces prochaines semaines concernant des collaborations avec des acteurs de la Silicon Valley » nous prévient Reuters.

Le lendemain, Stéphane Richard a apporté quelques précisions. Des discussions avec Google ont ainsi déjà débuté et ont notamment porté sur une segmentation de l'accès aux réseaux. Concrètement, le but serait d’offrir aux consommateurs des forfaits plus onéreux, mais avec une qualité supérieure. Reuters parle d’une « connexion plus stable, plus rapide ou prioritaire ». Orange et Google se partageront alors les gains issus de la différence tarifaire du forfait a expliqué le PDG à l’agence de presse.

Le message est ici particulièrement clair : suite aux nombreux problèmes qui touchent les opérateurs, et notamment l’importance de certains services comme YouTube, MegaVideo / MegaUpload, ou Netflix outre-Atlantique, les réseaux sont surchargés.

Que ce soit fait sciemment ou non par les opérateurs, le constat pour l’abonné est le même : le réseau est lent, les vidéos sur YouTube (ou ses équivalents) se chargent à la vitesse d’une tortue, les téléchargements sur Megaupload (ou ses équivalents) sont anormalement bas, etc.

Bref, le mécontentement s’amplifie jour après jour auprès des internautes. La segmentation des forfaits, système existant dans certains pays mais inconnu en France, est semble-t-il la situation toute trouvée, et probablement espérée de longue date par les opérateurs. Ainsi, par exemple, l’un d’entre eux pourrait proposer un jour un forfait qui coûtera 5 € de plus que le forfait classique, et où le chargement des vidéos YouTube sera garanti. De quoi dire adieu à la neutralité du Net.

Pour le moment, il semble que seuls les réseaux mobiles soient concernés par ces discussions. Cependant, seul Candide ne comprendrait pas que les réseaux fixes (ADSL, câble, fibre, etc.) ne seront pas touchés dans un avenir plus ou moins proche. Les problèmes sont similaires, les solutions ont ainsi de grandes chances de l’être. L’explosion des ventes de smartphones a cependant chamboulé la donne dans le secteur mobile. Au point de pousser Richard à clamer haut et fort il y a quelques jours que le réseau mobile risque de s’effondrer d’ici peu si rien n’est fait. Une « menace » réelle ou plutôt tactique ?

La nouvelle n’en reste pas moins importante. Selon Stéphane Richard, le co-fondateur de Google, Larry Page, lui aurait explicitement affirmé « qu'ils étaient ouverts d'esprit sur ce sujet et prêts à ouvrir des discussions ». Les opérateurs se sont souvent plaints d'assumer une trop grande part du financement des réseaux, souvent au profit des grands sites internet par ailleurs (Google, Microsoft, Facebook, Apple, etc.).

Pas de financement direct des réseaux, mais...

À en croire le patron de France Télécom, Google et les autres sociétés américaines ne vont pas forcément investir directement dans le réseau, mais ils pourraient bien améliorer la situation et soulager les opérateurs, ceci via différents partenariats.

« Est-ce qu'ils vont payer pour investir à nos côtés dans les capacités de réseau ? Non » tient à clarifier rapidement Stéphane Richard. « Mais si la question est de savoir s'ils sont prêts à collaborer avec nous pour développer des usages plus intelligents du réseau ainsi que pour éduquer les consommateurs, alors oui. »

Des ateliers communs entre Orange et Google

Le PDG a par exemple avancé un possible changement des algorithmes de Google afin de « tenir compte des implications en termes d'utilisation des capacités de réseau ». Mieux encore, et preuve que tout ceci dépasse largement le cadre de simples discussions, Richard affirme qu’Orange et Google ont décidé « de créer des ateliers communs pour voir si on peut contribuer aux services futurs de Google pour réduire leur consommation sur le réseau ».

Enfin, selon Dow Jones Newswires, Stéphane Richard a aussi affirmé mardi dernier que sa société a « besoin d'une plus grande coopération avec les fournisseurs de contenus pour être plus efficaces sur le plan de la monétisation des données ». La monétisation des données. Tout est dit.

Pas une première pour Google

Ce partenariat entre le géant du Web et France Télécom n’est pas une première. Pour rappel, l’été passé, Google avait fait grand bruit lors de la publication de son accord avec le géant américain Verizon. Dans cet accord sur la neutralité du net, cette dernière mettait bizarrement de côté les réseaux sans fil.

La technologie sans fil « est différente du monde filaire traditionnel, en partie parce que la concurrence y est plus importante et change rapidement » lisait-on dans cet accord. « Pour reconnaître la nature encore jeune du haut débit sans fil, cette proposition n'appliquerait pas immédiatement la plupart des principes du haut-débit filaire au sans fil, à part la nécessité de transparence. »

On pouvait alors penser que l’accord entre Google et Verizon assurait la neutralité du net sur les réseaux fixes. Pas totalement, puisque non seulement seuls les contenus légaux sont concernés par cet accord (quid de la différenciation légal/illégal ?), mais de plus, un passage faisait état de la possibilité pour les FAI « d'offrir des services en ligne additionnels et différenciés, en plus de l'accès Internet et des services vidéos (comme la FiOS TV de Verizon) offerts aujourd'hui. Cela veut dire que les fournisseurs d'accès haut-débit peuvent travailler avec d'autres acteurs pour développer de nouveaux services. »

La petite phrase de NKM

De quoi laisser penser que les forfaits Internet à plusieurs vitesses sont proches. On se rappellera d’ailleurs que Nathalie Kosciusko-Morizet, la secrétaire d’État à l’Économie numérique, avait enflammé le Web en juin 2010 après s’être déclarée favorable à « des offres d'accès à Internet à différentes vitesses ».

NKM a rapidement corrigé le tir en affirmant plus tard : « C'est exactement le contraire de ce que je pense. Il n'est pas question d'avoir un Internet à deux vitesses, je suis opposée à la segmentation marketing du réseau. »

Mais le sujet a été officiellement lancé, alors qu’il trainait déjà officieusement depuis plusieurs années. Deux mois plus tard, l’affaire Google-Verizon ne fit que rajouter une couche à un sujet qui n’en finira pas de s'épaissir.

Vers de nouvelles offres Premium ?

Outre Orange, on se rappellera que SFR, en octobre dernier, « a estimé que le marché français des télécoms était entré dans une période d'importants changements tarifaires et de structure des offres, qui devrait se poursuivre en 2011 et qui laisse attendre une segmentation plus poussée des offres dans le fixe ».

Quelques mois plus tard, la Neufbox Evolution (et son forfait plus onéreux) est arrivée. Suivie rapidement par la Freebox Révolution. Pour le moment, la « segmentation » des forfaits Internet n’est pas liée à l’accès aux vidéos YouTube, au téléchargement sur les réseaux P2P ou aux sites de streaming audio. Il n’y a pas donc d’entorse à la neutralité des réseaux. Néanmoins, si cela commence par des offres Premium avec des services spéciaux, on peut deviner comment cela va finir…

Nous reviendrons sur ce thème puisqu'un autre acteur va se lancer dans cette course à la prioritisation.
Source : Reuters
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD, aime les interviews insolites et les tablettes tactiles (malgré leurs défauts). Essentiellement présent sur Google+.

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Publiée le 03/06/2011 à 08:06

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Il y a 111 commentaires

Avatar de Masteromer INpactien
Masteromer Le vendredi 3 juin 2011 à 08:09:45
Inscrit le vendredi 25 janvier 08 - 301 commentaires
Parce qu'ils trouvent qu'on ne paye pas assez chère déja ?
Avatar de ed INpactien
ed Le vendredi 3 juin 2011 à 08:12:32
Inscrit le samedi 9 février 08 - 2217 commentaires
Orange, c'est vraiment le mal absolu
Regardez ce que vous avez tous : et bien on va le découper en tranches et vous le revendre au détail plus cher !

Il y a internet, et puis internet par Orange...
Avatar de bb53 INpactien
bb53 Le vendredi 3 juin 2011 à 08:20:05
Inscrit le mercredi 8 février 06 - 216 commentaires
PMU PMU !!!
Avatar de al_bebert INpactien
al_bebert Le vendredi 3 juin 2011 à 08:20:06
Inscrit le jeudi 1 décembre 05 - 4741 commentaires
payer plus cher pour une box plus évolué : OK (BR NAS etc...)

payer plus cher pour avoir accès a youtube ? ILS SE FOUTENT LE DOIGT BIEN PROFOND !!!
Avatar de offset8 INpactien
offset8 Le vendredi 3 juin 2011 à 08:20:33
Inscrit le vendredi 5 novembre 10 - 13 commentaires
C’est une avancée considérable pour les opérateurs, qui, jusqu’à aujourd’hui, se retrouvaient toujours seuls face au financement des réseaux, souvent au profit des grands sites internet par ailleurs (Google, Microsoft, Facebook, Apple, etc.).


Mais c'est complètement faux !

Les vrais opérateurs télécoms (Level 3, Cogent etc ... ) sont financés par leurs clients : Google, Facebook, Apple, mais aussi Orange, Free, Sfr. Google aussi paye pour sa bande passante ! Et il paye d'ailleurs beaucoup plus cher que les pouilleux de chez Orange.

Les clients de Orange, Free, Sfr sont les internautes. Et c'est eux qui doivent financer le réseau d'Orange, Free, Sfr, et personne d'autres.

Les gens utilisent plus leur connection internet, c'est que le prix de l'abonnement doit être augmenté. Ou arrêter de fournir des abonnement illimités.

Et franchement, quand on voit la qualité de la 3G/Edge chez Orange (pas de réseau). Sans compter les appels qui coupent, ou qui n'aboutissent jamais. Ils devraient peut être déjà régler leurs problèmes avant de taper sur d'autres.

Il y a 111 commentaires

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