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Hadopi : après le P2P, le secteur du cinéma vise le streaming

Et le DDL suivra

Après le P2P, le streaming (en attendant le téléchargement direct ?) pourrait bien être la cible majeure des ayants droit. C’est tout du moins ce qu’a fortement sous-entendu Frédéric Goldsmith, le délégué général de l'Association des Producteurs de Cinéma (APC), lors d’une interview accordée à Edition Multimédi@.

megavideo filtrage DNSLa migration des internautes français du P2P vers le streaming (type MegaVideo et VideoBB) et le téléchargement direct (MegaUpload, RapidShare, FileServe, etc.) n’est un secret pour personne. La mise en place d’Hadopi n’a fait qu’accélérer un processus qui a déjà débuté il y a plusieurs années.

Et aujourd’hui, ces façons d’accéder à du contenu illégalement gênent plus que jamais les ayants droit. « Un enjeu est le développement des sites de « streaming » illégaux, contre lesquels il existe des moyens d’action complémentaires dans le Code de la propriété intellectuelle » a notamment fait remarquer Goldsmith.

L'idée de s'attaquer au streaming n'est pas nouvelle

La lutte contre le streaming et le « direct download » est donc sur toutes les lèvres depuis plusieurs mois déjà. En décembre dernier, Eric Walter de la Hadopi nous expliquait ainsi que « nous sommes en train de travailler sur la mise en place d’une observation totalement anonymisée pour avoir des données quantitatives pour savoir ce qu'il se passe sur les réseaux ». Comprendre ici : nous comptons mesurer l’importance du streaming et du téléchargement direct. Une première étape avant la seconde, la répression.

« Pour l’instant, ce qui se dit c’est qu’il y a une migration. Est-ce qu’on l’a constaté ? Non, a soutenu le secrétaire général de la Hadopi. Dire qu’il y a une migration, ne veut pas dire qu’il y a un effet Hadopi chez le téléchargeur illégal. Cela veut dire en revanche, et cela remonte avant Hadopi, c’est tellement logique, tellement évident, qu’il y a de plus en plus de solutions technologiques pour échanger, accéder à des données. Et parmi ces données, il y a le streaming, le direct download. Et que de toute façon ces solutions technologiques qui sont neutres sont utilisées à bon escient, à mauvais escient » argumentait ainsi Eric Walter l’an passé.

Les pressions de Vivendi

Plus récemment, le 31 mars dernier, lors d’un colloque de l’UNIFAB (l’union des fabricants), Sylvie Forbin (Vivendi) prononçait cette phrase plus qu’explicite : « Il faut que les entreprises via le juge se dotent des moyens d’écarter les sites et notamment les sites de streaming sur lesquels Hadopi ne peut rien, et leur permettre d’être hors du marché légal. Et ceci est tout à fait possible ».

Et comment est-ce possible ? Tout simplement grâce à l’article L.336-2 du Code de la propriété intellectuelle permettant au tribunal de grande instance d’ordonner « à la demande des titulaires de droits (…) toutes mesures propres à prévenir ou à faire cesser une telle atteinte (…) à l'encontre de toute personne susceptible de contribuer à y remédier. »

Sylvie Forbin s’expliquait d’ailleurs très bien sur le sujet (le gras est de notre fait) : « Je fais juste allusion en dernier point aux actions en cessation, que nous appelons de nos vœux et pour lesquelles le groupe Vivendi a beaucoup travaillé. Ces dispositifs ont donné lieu dans la loi Hadopi à une amélioration et une clarification de l’article 8.3 de la directive européenne et qui permettent par l’article L.336-2 de donner au juge le pouvoir de faire injonction à des opérateurs quels qui soient dans la chaine pour mettre fin de façon efficace à un dommage causé à des œuvres protégé par droit d’auteur. Les actions en cessation doivent être un instrument extraordinairement utile et efficace qui viendra en complément et justifiera que l’Hadopi puisse permette aussi au consommateur d’être sensibilisé sur ces questions. »

P2P, streaming, DDL, tout doit être contrôlé

Mais le lobbying des ayants droit ne s’est apparemment pas arrêté là, puisque quelques jours plus tard, nous apprenions que la députée UMP Christine Marin souhaitait que la Hadopi contrôle le streaming et le téléchargement direct.

Interrogeant le ministère de la Culture au sujet de la migration des usages du P2P vers le streaming et le direct download, la députée fit remarquer que « certains pays européens, comme l'Italie, ont décidé d'aller plus loin sur ce sujet en contrôlant la mise en ligne et la diffusion des contenus par un système d'autorisation préalable avec le décret Romani ». Un texte particulièrement dangereux que nous décrivions ici en janvier 2010. Concrètement, il met quasi à égalité Internet et la télévision, avec tout ce que cela implique, et donne un pouvoir incroyable au CSA local.

Une dangerosité qui n’a semble-t-il pas gêné madame Marin : « ce dispositif permet de contrôler les contenus mis sur de nombreux sites italiens de plus en plus utilisés pour échanger films et musiques, voire même les réseaux sociaux qui dépassent de plus en plus leurs cadres d'utilisation. (…) Ce système peut d'autant plus être assuré par la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet qui assure déjà le ciblage des utilisateurs des réseaux peer-to-peer. »

Cette interview de Frédéric Goldsmith au sujet de la surveillance du streaming ne doit donc pas vous étonner. Ce n’est qu’une étape supplémentaire vers un fait inéluctable : le P2P ne sera pas le seul protocole surveillé. Ce n’est qu’une question de temps. À voir si l’approche des élections l’an prochain va ralentir ou accélérer le processus.
Source : Numerama
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD, aime les interviews insolites et les tablettes tactiles (malgré leurs défauts). Essentiellement présent sur Google+.

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Publiée le 12/05/2011 à 16:31

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Il y a 114 commentaires

Avatar de benamey INpactien
benamey Le jeudi 12 mai 2011 à 18:08:46
Inscrit le samedi 5 septembre 09 - 205 commentaires
Et si on se mettait à la licence globale ?

Ça serait pas plus simple que de vouloir contrôler tout Internet ?
Avatar de Inny INpactien
Inny Le jeudi 12 mai 2011 à 18:10:12
Inscrit le lundi 17 août 09 - 2817 commentaires
Et si on se mettait à la licence globale ?

Ça serait pas plus simple que de vouloir contrôler tout Internet ?

Et ce serait surtout beaucoup moins coûteux.
Cela montre bien que l'idée derrière tout ça, ce n'est vraiment pas la protection du droit d'auteur.
Avatar de FelX INpactien
FelX Le jeudi 12 mai 2011 à 18:11:19
Inscrit le mardi 25 octobre 05 - 768 commentaires
Et si on se mettait à la licence globale ?

Ça serait pas plus simple que de vouloir contrôler tout Internet ?


Bah si on demandait aux gens d'adopter de vrai solutions, il faudrait qu'ils inventent d'autres problèmes pour justifier leurs salaires, et pour pouvoir nous contrôler, donc ca sert à rien.
Avatar de RLDF INpactien
RLDF Le jeudi 12 mai 2011 à 18:17:52
Inscrit le lundi 19 novembre 07 - 537 commentaires
A force de retrancher les tipiakeurs derrières des méthodes toujours plus complexes, ils vont finir par ne plus pouvoir détecter le moindre piratage sur le net
certains pirates utilisent des tunnels ssh et autres sftp sans aucun lien avec le web, il va être extrêmement difficile de les débusquer.
tout cela pour dire qu'au final, il était plus simple de proposer une alternative attractive contre le téléchargement illégal que de vouloir contrôler tout internet sans en connaitre toutes ses ramifications présentes et futures
Avatar de 127.0.0.1 INpactien
127.0.0.1 Le jeudi 12 mai 2011 à 18:20:54
Inscrit le mercredi 29 avril 09 - 13214 commentaires
Et si on se mettait à la licence globale ?

Ça serait pas plus simple que de vouloir contrôler tout Internet ?


Ca serait surtout plus rentable pour eux que de laisser les fichiers pirate transiter entre internautes, sans compensation.

Ah, si. Il y a une compensation : j'oubliais la Redevance sur les supports de stockage, pour les films légalement achetés.

Edité par 127.0.0.1 le jeudi 12 mai 2011 à 18:22
Avatar de Cherone INpactien
Cherone Le jeudi 12 mai 2011 à 18:22:32
Inscrit le jeudi 30 juin 05 - 19 commentaires
A force de retrancher les tipiakeurs derrières des méthodes toujours plus complexes, ils vont finir par ne plus pouvoir détecter le moindre piratage sur le net
certains pirates utilisent des tunnels ssh et autres sftp sans aucun lien avec le web, il va être extrêmement difficile de les débusquer.
tout cela pour dire qu'au final, il était plus simple de proposer une alternative attractive contre le téléchargement illégal que de vouloir contrôler tout internet sans en connaitre toutes ses ramifications présentes et futures

Tristement vrai, même si on ne demande pas aux députés/gouvernement d'être pointus en réseau, on atteint en France des sommets d'incompétence en ce qui concerne la législation...
Avatar de paradise INpactien
paradise Le jeudi 12 mai 2011 à 18:25:14
Inscrit le dimanche 10 avril 05 - 14117 commentaires
Et ce serait surtout beaucoup moins coûteux.
Cela montre bien que l'idée derrière tout ça, ce n'est vraiment pas la protection du droit d'auteur.

Ah bon ???

Ah ben merde alors !

Je suis déçu, mais déçu !!!
Avatar de yeti62 INpactien
yeti62 Le jeudi 12 mai 2011 à 18:28:05
Inscrit le mercredi 15 juillet 09 - 7438 commentaires
Et question amélioration de l'offre légale, tant en termes de qualité que de prix?

Non, toujours rien?

Qu'ils aillent se gratter, alors. :o
Avatar de Fantassin INpactien
Fantassin Le jeudi 12 mai 2011 à 18:35:12
Inscrit le lundi 5 novembre 07 - 4085 commentaires
C'est beau de rêver... Ils peuvent faire ce qu'ils veulent, croire que tout est possible, être pour une république irréprochable et tout... mais rien ne changera.

Bon... ça fait travailler du monde la gesticulation mais que d'énergie gaspillée pour rien !
Avatar de sr17 INpactien
sr17 Le jeudi 12 mai 2011 à 19:31:24
Inscrit le lundi 26 décembre 05 - 12079 commentaires

Mais c'est exactement le but : quand les "gentils" auront fait tous les "efforts" possibles et que le "méchants" continueront quand même, alors les gentils pouront expliquer que la seule solution à laquelle ils sont contraints et forcés (si si) mais qui va sauver l'économie c'est l'Internet-Riguidel
ICI, article sur "Le Monde"
avec DPI massif, à tous les échelons, y compris dans les boxes (qui deviennent obligatoires par mesure technique), listes noires, filtrage, les connexions sécurisées autorisées uniquement avec les institutions et sites agréés, ou sur déclaration préalable d'utilisation (vous avez un serveur chez un hébergeur : déclarez-le a l'Hadopi), etc.

C'est impossible ? Il y a quelques années, Hadopi paraissait impossible aussi.

edit: correction typo


Le web serait supervérouillé ? Admettons même qu'on arrive à empêcher de crypter et de contourner.

Et alors, ça changera quoi ?

Les gens continueront quand même de pirater en échangeant de la main à la main, sur des clés USB ou des disques durs portatifs.

Le piratage de masse n'a pas attendu le web pour exister...

Par contre, quand on aura dépensé des milliards en équipements de filtrage DPI couteux et rendu notre réseau tellement lourd, contrôlé, administré qu'il en deviendra inutilisable pour le développement de l'économie numérique, tous les pays du monde rigoleront de nous.

Souvenez vous du temps ou prendre un nom de domaine en ".fr" demandait d'avoir une entreprise, mais aussi de fournir pleins de documents tamponnés. Le résultat, c'est juste que tout le monde achetait du .com. Les ricains ont fait du business à notre place.

Avec Hadopi, nous suivons le même chemin. On va dépenser des milliards pour se battre contre des moulins à vents pendant que les autres utiliseront leur argent pour faire du business.

Ne vous demandez pas pourquoi nous ramassons les chomeurs à la pelle dans ce pays : c'est parce que nous sommes dirigés par des imbéciles.

L'utopie française du contrôle étatique total nous mènera à la faillite.


Edité par sr17 le jeudi 12 mai 2011 à 19:32
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