Lutte contre la contrefaçon : dans les coulisses de Priceminister

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2625 comptes bloqués en 2008
Une autre raison est idéologique et éthique : PM fait de l’achat vente garantie et à partir de ce moment, il est un peu difficile de ne pas lutter contre la contrefaçon : « On peut difficilement garantir des produits de contrefaçons ! ».

Du coup, à partir du moment où un acheteur reçoit un produit contrefait, PM le rembourse. Un cercle vertueux s’est ainsi engagé où les acheteurs dénoncent les produits contrefaits et la plateforme améliore sa base de connaissances pour filtrer les annonces lors de leur dépôt, en amont. Evidemment le système a ses limites physiques : quand un vendeur fait croire à un acheteur que le produit est vrai, en utilisant des photos d’un vrai sac qui n’est pas le sien. Les corrections ne peuvent se faire qu’en aval, quand l’acheteur dénonce le produit. PM rembourse alors cet acheteur et se retourne évidemment contre le vendeur.

La lutte contre la contrefaçon profite aussi aux vendeurs véritables qui ne peuvent évidemment s’aligner sur les tarifs des contrefacteurs. Quant aux marques, PM a démultiplié les relations avec elle pour alimenter et communiquer des listes des produits officiels (et en négatif, contrefaits) : une mobylette Adidas, ou une licence Microsoft Apple Windows…

2625 comptes d'utilisateurs bloqués en 2008

Selon les chiffres fournis par Benoit Tabaka, directeur des affaires juridiques et réglementaires de la société, au cours de l’année 2008, 2625 comptes ont été bloqués, contre 1810 un an plus tôt, soit +45% de croissance. « Ça s’explique pas la croissance de Priceminister, de nos dispositifs, mais également du nombre de contrefaçons ». Sur ce lot, 240 marques ont été victimes de contrefaçon.

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Benoit Tabaka
 
Parmi les secteurs les plus touchés par la contrefaçon ou l’atteinte à des réseaux de distributions sélectives, la part du lion est taillée par la mode (parfums, maroquinerie et les cosmétiques) et les produits high-tech (téléphonie, carte mémoire, baladeurs MP3). De manière plus résiduelle, s’y ajoutent des copies de DVD, CD, de jeux vidéo ou même de livres photocopiés, sans oublier des clubs de golf ou des raquettes de tennis... En 2008, « le secteur «High Tech» représente une part plus importante (37% au lieu de 20% en 2007) dans la totalité des comptes bloqués par PriceMinister au détriment de la «Mode» (58% au lieu de 75%) ». Dans le « Top 20 » des marques les plus atteintes, citons Apple qui arrive en tête, suivi des Parfums et de Microsoft, tous en augmentation dans les comptes bloqués. Nintendo n’est pas dans le peloton de tête, mais est l’une de ces marques qui monte en puissance.
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+328% de produits Apple dans les comptes bloqués

« Le «Top 20» des comptes bloqués montre une très forte progression pour les contrefaçons d’Apple (+328%), des produits Microsoft (+295%) ou Nintendo (+133%) » précise Priceminister. Sur le seul secteur High Tech, la part de détection montre une véritable explosion du secteur avec +78% pour la téléphonie (Apple et Nokia), +300% pour les logiciels (PM a collaboré avec les équipes Microsoft, marque souvent contrefaite) ou les lecteurs audio (+350% entre 2007 et 2008).

Les sources d’approvisionnement sont également connues, du moins en partie. En cas d’annonce douteuse, Priceminister demande une facture attestant l’origine du bien, ce qui permet d’avoir des statistiques de provenance. Sur les 36% qui ont fourni ces informations, 4 vendeurs sur 10 se sont alimentés auprès sur d’autres plates-formes pour tenter ensuite leur chance sur Priceminister.

Au côté de Marc Antoine Jamet, de l’UNIFAB – l’union des fabricants, la direction générale des douanes précisera qu’« aucun état ne peut se permettre qu’une part croissance du commerce échappe aux règles fiscales ou douanières ». On évoque le risque de « termite fiscal » dans le système : « La contrefaçon est une forme de délocalisation sauvage, on perd des emplois, on perd de l’économie », tout en gagnant en insécurité puisque les contrefaçons respectent peu ou pas les contraintes issues des normes et de la sécurisation des produits.

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Marc Antoine Jamet de l'Unifab, et les douanes
 
« Un plan européen de lutte contre la contrefaçon devrait être adopté en Europe d’ici une quinzaine de jours. Il comporte sur la période 2009 – 2012 un volet de lutte contre la contrefaçon sur internet » dira la direction des douanes.
par Marc Rees Publiée le 28/02/2009 à 12:10