Lutte contre la contrefaçon : dans les coulisses de Priceminister

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Bilan de la lutte contre la contrefaçon chez Priceminister
priceminister  Pierre Kosciusko-Morizet, PKMMercredi était organisée une rencontre presse chez Priceminister à l’occasion de son bilan 2008 de la lutte contre la contrefaçon.

La présentation reposait sur une étude réalisée à partir de l’ensemble des comptes bloqués par la cellule anti-contrefaçon de la société l’année passée. Après la présentation de cette action, Benoît Tabaka, directeur des affaires juridiques et réglementaires de la société, a ouvert les portes de ce service à notre rédaction pour nous montrer l’envers du décor.


Cette lutte, a expliqué d’entrée Pierre Kosciusko-Morizet (PKM) « ce n’est pas seulement une manière de respecter la loi, c’est aussi faire du business dans de meilleures conditions. C’est une des raisons qui devraient pousser tous les acteurs à faire de même. Je suis confiant là-dessus ». Référence indirecte est faite à la mission lancée par Luc Chatel visant à obtenir un engagement des acteurs.

Le cofondateur de PM rappelle que pour sa part, la société avait fait une forme de pari en investissant contre ce risque auquel toutes les plateformes sont confrontées. Ici comme ailleurs on peut vendre facilement ce qu’on veut et il est alors très tentant pour un réseau d’écouler du stock de produits contrefaits ou attentatoires à une distribution sélective, protégé derrière son écran.

Les moyens exigés des contrefacteurs sont nettement plus simples et très peu coûteux (pas de réseau logistique, pas de personnel…). Un ordinateur et une plate-forme suffisent pour mettre en relation un fabricant chinois avec des clients français, en court-circuitant les barrières de contrôles (fiscales, douanières, techniques, etc.). « Notre but, c’est de protéger nos acheteurs de ces achats, de protéger les vendeurs qui vendent des objets véritables des vendeurs d’objets contrefaits, et puis protéger évidemment les ayants droit des marques » poursuit PKM.

priceminister  Pierre Kosciusko-Morizet, PKM

La contrefaçon a commencé à apparaître aux portes de l’enseigne dès 2003 ou 2004 quand la société s’est intéressée aux textiles, après s’être concentrée surtout sur le monde culturel (CD, etc.).

"Il est plus facile de renoncer à un C.A qu'on ne fait pas encore"

Évidemment, le monde du high-tech n’y a pas échappé par la suite. Trois options s’ouvraient à PM : « une option, on fait comme s’il n’y avait rien, on ferme les yeux. Une option où on fait comme si on luttait contre… sans lutter contre, et une option où on lutte vraiment contre. J’aime bien parler ouvertement de ces trois choix, car une société raisonne comme cela, il ne faut pas se mentir » reconnait PKM.

« On a choisi la troisième solution, essentiellement pour une raison économique parce qu’on s’est dit que de toute façon on ne peut raisonnablement espérer que les gens peuvent vendre de la contrefaçon sans se faire poursuivre. Concrètement ça veut dire aussi qu’on a préféré renoncer à 10% ou 20% de croissance plutôt que de prendre ce chiffre d’affaires et d’avoir des problèmes de respect de la loi et à renoncer un jour à ce C.A. » poursuit le cofondateur. « Il est plus facile de renoncer à un C.A qu’on ne fait pas encore que de couper du C.A qu’on fait déjà. »
Publiée le 28/02/2009 à 12:10
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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