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Interview de Hervé Rony (SNEP)

Marc Rees le 09 novembre 2007
Le téléchargement a gagné +35 % sur le marché de gros. Peut-on déjà savoir quelle est la part des ventes de morceaux sans DRM dans cette progression ?

Il y a des bruits, mais je ne les confirme pas du tout. Il y aurait une augmentation de 30% d’achat supplémentaire entre morceaux non DRMisés et morceaux DRMisés. Mais je n’ai aucun chiffre précis, honnêtement.

Sur le volet juridique, Mme Albanel a confié une mission à Pierre Sirinelli via le CSPLA : la responsabilité éventuelle de tous les prestataires internet, hébergeurs et FAI, sur le contenu échangé. C’est la clef, selon vous ?

Oui, du moins l’une des clefs. Encore une fois, il y a plusieurs responsabilités à établir, mais celle des intermédiaires techniques est essentielle.

snep Chacun ne doit pas s’exonérer de sa responsabilité en la reportant sur d’autres sur d’autres. Mise en place, la responsabilité des intermédiaires aurait un mérite par le biais du filtrage, un mot que je manie avec prudence, car il provoque des montagnes de contestations : plus on a de mécanismes d’injonctions auxquels les FAI doivent répondre plus cela limite la pression sur l’internaute lui-même, qu’on a traité de délinquant.

Au SNEP, nous avons nous-mêmes utilisé ce discours, mais on nous met devant une alternative infernale : d’un côté, on nous dit « comme les fournisseurs d’accès ne veulent pas savoir ce qui se passe dans les tuyaux, attaquez donc les internautes ! ». Et quand on arrive pour attaquer les internautes, on se prend dans la figure des campagnes médiatiques, politiques, de contestations, sur fond d’atteintes aux libertés ! On se retrouve ainsi dans une situation politique impossible : au milieu du gué, avec un poids aux jambes, où on nous dit de nager pour atteindre l’autre rive. Ce n‘est pas possible ! Il faut travailler sur la responsabilité des FAI et c’est une très bonne chose que Mme Albanel ait demandé au CSPLA de l’étudier.

Cela n’interdit pas de s’occuper des internautes qui, le jour venu, continueraient à contourner les mesures techniques de protections et véritablement à vouloir pirater d’une façon presque militante.

christine albanel

Et nous, cela ne nous exonère pas de continuer à proposer de nouvelles offres légales attractives, réfléchir à l’interopérabilité, aux DRM , etc. C’est une stratégie à plusieurs niveaux, qui concerne les pouvoirs publics, les internautes, les FAI et nous. Chacun de ces partenaires doit prendre ses responsabilités.

Quand j’entends l’UFC Que Choisir ne faire que hurler au scandale de vendre de la musique trop cher et celui de poursuivre les internautes qui téléchargent de la musique sans demander d’accord des ayants droit, je dis qu’il y a aussi responsabilité des associations de consommateurs. Et je le dis, car à l’étranger ce n’est pas comme cela, notamment en Allemagne.