Hadopi ? Même pas PUR !

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Un PUR à cuire
Marie-Françoise Marais résumera ainsi la nouvelle communication de l’institution : « La création de demain se protège aujourd’hui ». On connait la suite avec la diffusion des spots et de la campagne presse-Web qui inondera dès le 13 juin les rétines des internautes-spectateurs-auditeurs.

Hadopi s’est donc munie d’un bâton de Pèlerin pour sensibiliser à l’offre légale les plus jeunes, ces digital natives et leurs parents, tout en s’abritant derrière une autre image, l’autre ayant quelque peu souffert d’années de couacs en série, dès ses premières heures. Les agences Home et H décriront ainsi les recettes de cette alchimie : présenter Hadopi comme un acteur dynamique, tout en accompagnant la construction du « paysage culturel de demain ».

Comment ?

D’abord en montrant que les décisions prises individuellement derrière un écran ont une incidence sur la culture collective « de partage pour demain ». « On est là pour protéger les artistes, mais aussi l’internaute » diront les pro du marketing.

Ensuite, en usant et abusant « de l’humour, des sourires et des codes qui puissent parler aux plus jeunes ». D’où le choix de cette pastille bleue « PUR » pour promotion des usages responsables. On nous citera au passage ces phrases-de-jeunes : « j’ai passé de pures vacances, c’est de la pure musique », pour conclure, « ils vont se retrouver avec une terminologie plutôt connivente et familière ».

Enfin, la campagne va s’inscrire dans la durée, comme le résume ce tableau.

hadopi pur label offre légal réponse graduée suspe

Ces campagnes sur Internet par exemple, dureront jusqu’en septembre. Dans la presse, jusqu’en juillet. Sur les écrans de TV et dans les salles noires, uniquement en juin durant la fête de la musique et celle du cinéma, tout comme dans « les médias tactiques ». Le tout sera accompagné de « conférences de sensibilisation » prévues jusqu’à la fin de l’année 2011.

Plateformes labellisées

Éric Walter promet d'ici fin juillet entre 35 et 40 plateformes déjà labellisées (vidéo, photo, musique, logiciel, etc.) avec des acteurs « majeurs » du marché, d’autres moins connus, des accès gratuits, payants, en téléchargement ou streaming, etc. « Nous avons un panorama riche et divers en matière d’offre légale ». Walter mettra en avant l’utilité de ce programme qui assure une fonction d’intermédiation avec les différents acteurs. Des négociations dont on devinait la marche tranquille : quelques heures avant la conférence de presse, avec un Deezer qui tente d’échapper aux exigences d’Universal, lequel veut limiter à cinq écoutes à vie l’accès à chaque morceaux sur la plateforme.

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Mais à quoi va servir ce label ? Éric Walter : « L’objectif n’est pas de séparer les plateformes labellisées des plateformes non labellisées. Le label ne veut pas dire légal, le label est un signe pour que l’utilisateur sache avec certitude que le contenu est légal. Cela ne veut pas dire que sur d’autres, qui n’auraient pas demandé de labellisation, le contenu ne le soit pas. » Évident. Sauf qu’un label organise bien un marché à trois tonalités : des plateformes légales labellisées, des plateformes jugées illégales et l’immense majorité des autres, devenues mécaniquement suspicieuses aux yeux des consommateurs.

Pour l’heure, Deezer, Beezic et Vidéo à volonté ont été effectivement labellisés. Sur ce dernier par exemple, on note la mention PUR en gros sur la pastille en haut à droite, et un « hadopi » lisible sur le logo déposé à l'INPI, mais totalement illisible en pratique. La Hadopi ne veut pas seulement se draper sous un nouvel habit, elle veut aussi se faire oublier des consommateurs prêts à payer près de 5 euros pour un film en location en 576p.

pur video a volonté hadopi

En situation, la mention "Hadopi" n'existe plus, seul "PUR" reste lisible
par Marc Rees Publiée le 08/06/2011 à 10:05