Hadopi ? Même pas PUR !

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Un sang pur dans les sillons de l'Hadopi
La réunion journalistes/blogueurs organisée cette semaine par les agences H et Home a consacré la naissance d’une nouvelle Hadopi, du moins telle était l’ambition qui s’en dégageait.

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D’entrée, la présidente de la Haute autorité a en effet expliqué à la salle clairsemée que « la répression n’était pas la finalité de la commission de protection des droits, la CPD est là pour sensibiliser, informer, responsabiliser c’est-à-dire faire prendre conscience de l’existence des droits de propriété intellectuelle et de la création. »

La tourelle dédiée à la mise en œuvre de la réponse graduée était ainsi rhabillée sous le masque de la sensibilisation. Peu importe que dans le texte Hadopi 1 et 2, l’unique mission de la CPD soit avant tout d’assurer la transmission des IP entre les ayants droit, les FAI et le parquet. Peu importe encore que l’ADN du texte soit le défaut de sécurisation de l’accès à internet. Peu importe enfin que la promotion de l’offre légale soit surtout dans les cordes de la Haute autorité, non de la CPD. Non. La réunion consacrait la nouvelle vie de l’Hadopi.

L’essentiel était donc de remaquiller Hadopi de petites fleurs plus que de béton armé. Une stratégie qui débutait mal : à quelques minutes de l’ouverture de cette réunion au prestigieux Espace Pierre Cardin, en face de l’Élysée, la Quadrature du net entamait une distribution de tracts pour dénoncer une nouvelle fois le mécanisme. Rapidement, la Police (en surnombre) débarquait et proposait à la Hadopi de faire cesser ces troubles. Refus poli de la Rue de Texel. Il aurait été suicidaire de prôner la paix dans les murs de l’Espace Pierre Cardin quand dehors les rangers nettoyaient les lieux. Devant les caméras.

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Bref. Dehors, la QDN continuait à tracter et quand dedans Marie Françoise Marais résumait son introduction ces relations intimes qui lient liberté et droit : « la liberté n’est pas de faire n'importe quoi, mais de respecter aussi les droits des autres, de partager véritablement ce qui nous appartient, mais de ne priver certains des rémunérations auxquelles ils ont droit. Il y a toute une série de personnes qui travaillent et qui méritent qu’elles soient rétribuées à leur juste valeur. » La présidente de la Hadopi profitait de l’instant pour applaudir les travaux des labs de l’Hadopi, ces cellules de réflexion créées ex nihilo et dont les résultats devraient selon elle permettre « de dégager véritablement une doctrine intéressante pour tout le monde ». « Si vous avez quelque chose à dire, venez dans ces laboratoires » implorera-t-elle.

Pop up the volume

L’enjeu de cette réunion était donc de lancer la grande campagne de publicité de la Hadopi, une Hadopi « qui n’est pas la mère fouettarde du net » dixit Mme Marais pour qui « il est temps de changer de fréquence et de lever le son ».

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Vers quelle direction ? Une voie toute tracée, mais un discours un peu embrumé : « Dirigeons-nous vers l’offre légale. Et quand je dis dirigeons-nous vers l’offre légale, ne dites pas que c’est forcément payant. Ne dites pas non plus que c’est forcément gratuit parce que le partage gratuit et autre, je suis désolée, mais je pense que dans la démonstration qui peut en être faite, ce n’est pas gratuit du tout. Et partager pour moi c’est partager véritablement une valeur, mais pas partager quelque chose qui n’appartient pas forcément à celui qui peut revendiquer un droit sur ce qu’il fait ».

par Marc Rees Publiée le 08/06/2011 à 10:05