Dans les coulisses du dépôt légal de l’Internet

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Coopération internationale et logiciels libres
Depuis 2003, la BNF est membre de l’International Internet Preservation Consortium (IIPC), une organisation internationale qui promeut l’archivage de l’internet à l’échelle mondiale. Son objectif est de réussir à couvrir l’ensemble du Web grâce à des initiatives locales. Pour arriver à un tel résultat, l’IIPC préconise le partage de techniques adaptées, et notamment le développement d’applications Open Source.

 Web Archiving and the IIPC - French from IIPC - Netpreserve.org.


Comme nous l’a expliqué Clément Oury, l’IIPC « regroupe une quarantaine d’institutions qui archivent le Web un peu partout dans le monde », même si ses membres proviennent avant tout des pays dits du Nord (États-Unis, pays de l’Union européenne, Australie, Japon,...). On y retrouve par exemple la célèbre Bibliothèque du Congrès des États-Unis, la Bibliothèque nationale australienne, mais également certaines universités, telle que celle d’Harvard. En France, il y a deux membres de l’IIPC, la BNF et l’Institut national de l’audiovisuel (INA), qui est pour sa part responsable du dépôt légal des programmes audiovisuels et de radio. L’association sans but lucratif Internet Archive fait également partie d’IIPC, et a fourni à ce titre « la plupart des technologies et des procédures » permettant à la BNF de remplir sa mission d'archivage du Web. Sa participation a également permis de transmettre un savoir-faire, puisqu’Internet Archive a formé les équipes de la BNF.

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Localisation des membres d'IIPC (consultable ici).

Des applications Open Source, un gage d'indépendance

Dès les premières expérimentations d’archivage du Web, au début des années 2000, la BNF utilisait déjà des logiciels libres. Aujourd’hui encore, cette logique d’ouverture est particulièrement prégnante, aussi bien du côté de la BNF que de l’IIPC. « La quasi-totalité des institutions d’IIPC utilise les mêmes outils, qui sont tous Open Source », nous a confirmé Clément Oury. Il s'avère en effet que « le développement et l'usage collaboratif de logiciels libres, de techniques et de normes pour la création d'archives internationales et interopérables » fait plus précisément partie des objectifs de l'organisation internationale.

Comme l’explique le responsable du dépôt légal de l’internet, le logiciel libre présente l’avantage « d’avoir totalement la main sur [ses] produits », ce qui est un gage d’indépendance pour la BNF. « Nos collections sont des copies de sites web faites par un robot, donc c’est très important pour nous que ce robot soit une chose sur laquelle on ait parfaitement la main, et dont les spécifications soient faites par des gens qui soient très au fait des problématiques des bibliothèques ».

De plus, le libre permettra à plus long terme aux générations futures de comprendre comment fonctionnaient les robots d’aujourd’hui. Clément Oury a également souligné que « la dimension collaborative est extrêmement utile avec l’Open Source », puisque lorsqu’un logiciel est développé par un membre d’IIPC, il est très fréquemment partagé avec les autres membres de l’organisation.

Également trésorier de l’IIPC, Clément Oury reconnaît enfin que « c’est important de ne pas dépendre d’un acteur commercial », comme cela peut être le cas lorsqu’on achète un logiciel propriétaire. C’est toutefois « plus pour cet aspect d’indépendance » que la BNF a opté pour des logiciels Open Source que pour des raisons purement financières : « Au final, l’achat d’un logiciel n’est pas forcément ce qu’il y a de plus cher ».
Publiée le 14/06/2012 à 17:18