Interview du député Olivier Dussopt

image dediée
Web
Usage des réseaux sociaux

Hadopi, usage des réseaux sociaux, Pacte du logiciel libre, influence du site NosDéputés.fr,... Olivier Dussopt, jeune député-maire d’Annonay (Ardèche), a accepté de répondre aux questions de PC INpact sur ces différents sujets.  


dussopt


Vous êtes un député relativement actif sur Internet, notamment Twitter et Facebook. Pouvez-vous nous expliquer depuis quand vous utilisez ces outils de communication et pour quelles raisons ?


J’ai commencé en 2006 avec un blog tout ce qu’il y a de plus classique, hébergé sur Overblog, donc autant dire que ce n’était pas les fonctionnalités les plus élaborées (rires). Il s’est un peu étoffé au fil du temps.

 

Facebook, je suis dessus depuis l’été 2007. C’est mon assistant parlementaire de l’époque qui m’avait créé mon profil, à une époque où on en parlait peu. Aujourd’hui on a l’impression qu’on a toujours vécu avec Facebook, mais à l’époque on était très peu à être dessus ! C’est un profil perso, et je tiens à ce que ça reste un profil perso et non pas une page publique.

 

Quant à Twitter, je me suis inscrit juste avant l’ouverture de la campagne des primaires socialistes, en avril 2011. Je savais que j’allais jouer un rôle dans cette campagne auprès de Martine Aubry, et donc c’était un outil que je n’avais pas et qu’il fallait que je développe ou en tout cas que j’ouvre avant de commencer la campagne.

 

Comment les utilisez-vous aujourd’hui ?


Aujourd’hui je me sers de Facebook à la fois pour du national et du local, mais surtout pour du local. J’y mets beaucoup d’actualités municipales, alors que sur Twitter je ne fais que du national. Les abonnés que j’ai sur Twitter ne sont pas les mêmes, ils n’ont pas le même profil que ceux que j’ai sur Facebook. Je tiens d’ailleurs à ce que ma page Facebook reste une page perso, encore plus depuis la possibilité d’avoir à la fois des amis et des abonnés qui ne reçoivent que les mises à jour et avec qui il y a moins d’interactions. L’avantage de la page, c’est que ça permet justement plus facilement les commentaires et il y a également le module de messagerie, qu’on n’a pas aussi facilement sur les pages publiques.

 

Donc si je m’en sers c’est avant tout parce que c’est une porte d’entrée supplémentaire. J’ai l’habitude de dire que j’ai deux permanence : une à Annonay et l’autre à Tournon. Mais j’en ai aussi une troisième qui est virtuelle, c’est mon profil Facebook ! En 2007, j’aurais dit que c’était mon blog. Mais aujourd’hui, c’est plus mon profil Facebook que mon blog. Et d’ailleurs même la consultation de mon blog dépend aussi des liens que je mets sur mon profil Facebook.

 

Twitter, c’est à la fois une source d’infos permanente par rapport à ceux que je suis. Et puis c’est un jeu aussi, ça me permet de m’amuser un petit peu (sourire).

 

dussopt

 

Comment gérez-vous ces outils au quotidien ?


Par mes téléphones !

 

Ce ne sont donc pas vos collaborateurs qui s’en occupent ?


Il n’y a que deux choses qui peuvent être gérées par mes assistants. C’est tout d’abord la réponse à la messagerie sur Facebook, parce que j’ai souvent trop de messages. J’ai un collaborateur en particulier qui la regarde et qui, en général, fait des réponses aux gens qui m’ont écrit sur cette messagerie. Il peut également être amené à mettre sur mon profil la vidéo d’une intervention que j’ai faite dans l’Hémicycle ou en commission, parce que lui est au bureau et qu’il a eu le temps de la télécharger sur la base de l’Assemblée, de l’enregistrer et de la mettre en ligne.

 

Mais sinon, pour les statuts, pour les tweets, ce n’est que moi !

 

Comment faites-vous pour gérer tous les différents commentaires, et notamment les trolls ?


Sur Facebook, je supprime systématiquement (ou on le fait pour moi) les liens qui sont mis sur mon mur et dont je ne partage pas l’esprit. Je considère que c’est un outil de communication personnel, mais ça ne doit pas être l’outil de communication de celles et ceux avec qui je ne suis pas d’accord. C’est une forme de censure mais je l’assume bien (rires). Et j’ai pris le parti de laisser tous les commentaires, même ceux qui sont désagréables, sauf lorsqu’ils sont insultants, mais c’est hyper rare... Je n’ai pas de gros problèmes de troll, sur Facebook en tout cas.

 

Sur Twitter, j’ai juste pris le parti de ne pas répondre. Je réponds aux gens que je connais ou quand j’en ai envie, mais quand c’est vraiment du troll, je fais comme si ça n’existait pas.

 

Pensez-vous que tous ces nouveaux outils de communication aient un impact sur votre activité parlementaire ?


Récemment, j’ai vu que oui. Pendant des séances marathon, comme on a pu en avoir lors de l’examen du projet de loi sur le mariage pour tous, il y a une forme d’encouragement sur les réseaux. L’on s’aperçoit qu’il y a des gens qui suivent les débats, non pas avec l’image, mais uniquement avec les tweets ou les statuts Facebook. Donc en termes de publicité des débats, oui, ça a un impact.

 

J’ai eu l’occasion de me servir de deux ou trois tweets que j’avais vu passer pour intervenir dans l’Hémicycle (sourire). Ils m’ont donné un bon mot dont je me suis inspiré... Mais après, ça n’a pas d’impact sur le contenu des débats.

 

dussopt

 

Vous arrive-t-il de tweeter ou de publier des choses sur Facebook alors que vous êtes dans l’Hémicyle ou que vous siégez en commission ?


Oui, mais quand il y a possibilité de le faire ! Le tweet passe après ou pendant, quand on écoute, mais pas nécessairement lorsque je dois me préparer à intervenir. Et pour ça j’ai encore un bon vieux stylo (sourire).

 

Deux députés UMP ont récemment proposé que les députés s’engagent à ne pas s’exprimer sur les réseaux sociaux alors qu’ils sont dans l’Hémicyle ou en commission...


D’ailleurs ils l’ont dit sur les réseaux sociaux, alors qu’ils étaient dans l’Hémicycle, en même temps que moi ! C’est tout le paradoxe de ceux qui ne voulaient pas qu’on tweete mais qui le disaient sur Twitter !

 

 ...Êtes vous favorable à une telle mesure ?


Je trouve que c’est une idée stupide. C’est devenu un outil de publicité et de transparence. En tout cas de publicité plus que de transparence puisque c’est le caractère contradictoire qui fait que c’est transparent. Je ne vois pas l’intérêt de dire « on arrête » ou « on n’arrête pas ». Si on tweete trop ça se verra et nos électeurs nous le ferons payer. Mais interdire les tweets c’est ridicule. Claude Bartolone a d’ailleurs écarté la proposition dans une déclaration. 

par Xavier Berne Publiée le 18/03/2013 à 14:50