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Partage du Net : les Etats-Unis disent niet !

C'est à moi, rien qu'à moi, tout à moi !

Le Sommet Mondial sur la Société de l'Information (SMSI) doit s’ouvrir dès mercredi à Tunis, jusqu’au 18 novembre. La réunion prend d’ores et déjà la tournure d’une partie de jeu d’échec serrée. Il y sera en effet examiné un problème brûlant : savoir qui détiendra dans l’avenir la gouvernance de l’internet. Pour l’heure, c’est l’Icann, société privée californienne, très proche de l’administration américaine. Des voix, venant du Sud et d’Europe souhaiteraient cependant changer les règles des jeux historiques et insuffler un peu plus de démocratie sur les réseaux. On souhaiterait particulièrement que ce rôle soit attribué aux Nations Unies ou à un organisme international. Bref, une entité un peu plus indépendante du pouvoir central américain et bien plus transparente.

Les Etats-Unis souhaitent que le débat soit recentré sur l’objet initial de la réunion de Tunis qui est d’ouvrir le monde des nouvelles communications aux pays en développement. « Pour autant que je sache, ces discussions sur la gouvernance d'internet n'apporteront aucun ordinateur, aucun téléphone portable ni quoi que ce soit d'autre à ceux qui n'en ont pas en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud ou ailleurs » a ainsi déclaré l'ambassadeur David Gross, au travers d’une dépêche de l’agence Reuters. « Nous n’accepterons pas la prise en charge de l’Internet par les Nations Unies » avait déclaré plus tôt le même personnage, également coordinateur de la politique de la communication et de l'information des Etats-Unis au niveau international. « Certains pays désirent cela, mais nous pensons que c’est inacceptable (…). Ce n'est pas un problème de négociations. C'est une question de la politique nationale. ».

De son côté, la Commission européenne a réitéré sa volonté de voir enfin « une approche multilatérale » et ce afin de « réduire la fracture numérique entre le Nord et le Sud auquel elle contribue déjà par sa politique d’aide au développement ». Avec une critique à demi-mot contre l’hégémonie américaine, la Commission souligne que « la société de l’information doit être ouverte à tous, respectueuse des droits de l’Homme, de la liberté d’expression et de la diversité culturelle et linguistique ». Viviane Reding, la commissaire chargée de la Société de l’information et des médias, ira sur place pour défendre cette position.

Pour les Américains, la position officielle est la peur d’une « politisation » de la gouvernance, l’ICANN n’ayant à l’heure actuelle qu’un rôle technique, en apparence du moins… Le récent épisode du retrait des .XXX a pourtant montré à lui seul l’influence des vœux du président et des lobbys américains sur les décisions de cette société tellement indépendante.
Publiée le 14/11/2005 à 09:15

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