Musique : la vente en ligne, bouée des majors

Pascal, sauvé par des dreling-drelings 26

Les derniers chiffres des ventes de CD Audio ne sont pas très bons. Ils traduisent en effet un recul de 2,7% en France en valeur pour s'établir à 398 millions de petits euros au premier semestre 2005, face à la même période 2004 (-11 millions). Dans le même temps, le nombre de disques vendus augmente lui de plus de 5%. Bref : plus ça monte, moins les majors gagnent. 

Pourquoi ces thermomètres inversés ? Pour le SNEP(*), le prix des albums a baissé de 18%, distributeurs et producteurs voyant leurs marges honteusement grignotées par les coups de butoirs du marché. On constate également un balancier entre la vente physique et la vente en ligne : la première baisse au détriment de la seconde qui augmente. Et c'est pour les deux tiers la vente de sonnerie de mobile qui sauve la situation, aidée pour le tiers restant par le téléchargement légal.

Voir ainsi ces grandes majors qui pressent des CD des Beatles, des Stones, des Floyd - etc.-  sauvées des eaux par des dreling-drelings quasi inaudibles pour téléphone est tout de même symptomatique de la situation...Le chiffre d'affaires lié au téléchargement légal est passé de 0,8 à 3,8 millions d'euros. Pour les cessions de sonneries, il  s'établit à 7,5 millions contre 5 millions d'euros au premier semestre 2004. Bref, une compensation presque parfaite avec la baisse de 11 millions précitée..

La cause profonde de cette crise ? Devinette : cela commence bien entendu par un "P" et s'achève par "iraterie". Du coup le Snep en profite pour militer en faveur d'une baisse de la TVA qui pourrait comme par magie combler la baisse du prix des albums. Une sorte de bouée de secours fiscale, en somme... Comme à chaque communiqué, l'urgence est là : "les baisses de prix sont telles qu'elles mettent aujourd'hui en péril les marges nécessaires à la pérennité de l'économie du disque, tant pour les producteurs que pour les enseignes".

Le SNEP a félicité la justice australienne pour la décision rendue à l'encontre de Kazaa. L'Ifpi, syndicat international des majors a lui déclaré «En l'espace de dix semaines, plusieurs cours ont donné un énorme coup de pouce aux efforts des industries musicales et technologiques pour proposer un commerce légale de musique en ligne».

(*)Syndicat national des éditeurs phonographiques

Publiée le 06/09/2005 à 10:22 - Source : Multiples
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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