Les trophées de la répression sur le Net

Alors que la fête de l'INternet entend se poursuivre jusqu'au 4 avril,... 56
Alors que la fête de l'INternet entend se poursuivre jusqu'au 4 avril, Reporters sans frontières apporte sa petite touche personnelle aux festivités. Cette dernière décerne actuellement ses trophées de la répression sur le Net.

La Chine s'en sort encore avec les honneurs cette année. Huit autres pays ont egalement été récompensés, dont la France (devinez pourquoi...).

    
Liste des lauréats:
  • Palme d'or : la Chine, avec le prix du meilleur acteur à Hu Jintao
    Avec 60 cyberdissidents emprisonnés, des centaines de milliers de sites Internet filtrés et une surveillance implacable des courriers électroniques, la Chine est la grande gagnante cette année. Le jury a attribué le prix du meilleur acteur au président chinois Hu Jintao pour ses déclarations régulières sur les progrès de son pays en matière de droits de l'homme.

  • 1er prix de censure : l'Arabie saoudite
    Avec plus de 400 000 publications en ligne officiellement censurées, allant de sites politiques à des mouvements islamistes non reconnus, en passant bien sûr par toute publication touchant de près ou de loin à la sexualité, le royaume saoudien a largement mérité cette récompense.

  • Prix du geôlier : le Viêt-Nam
    Avec sept internautes emprisonnés, le Viêt-Nam est la deuxième prison du monde pour les cyberdissidents, derrière son voisin chinois.

  • Prix du (secteur) public : Cuba
    Le gouvernement cubain est récompensé pour sa mainmise sur le Réseau, au travers de l'entreprise publique ETEC SA, et pour son contrôle absolu de l'information.

  • Prix du meilleur décor : les Maldives
    Trois cyberdissidents sont incarcérés dans ce pays, plus connu pour ses plages paradisiaques. Deux d'entre eux ont été condamnés à la prison à vie.

  • Prix de la critique : la Syrie
    Les autorités détiennent au secret deux internautes pour avoir diffusé sur le Net des informations critiques sur le régime.

  • Prix spécial des médias : le président du Zimbabwe, Robert Mugabe
    Ce prix couronne l'ensemble de la carrière de ce prédateur de la liberté de la presse et récompense son acharnement croissant contre Internet.

  • Grand prix de l'hypocrisie : l'ONU et son Sommet mondial sur la société de l'information
    Pour la place de choix accordée par l'organisation, au sein de son grand sommet de l'Internet, aux pays les plus répressifs de ce média, comme la Chine et Cuba.

  • Prix spécial du jury : Nicole Fontaine, ministre française de l'Industrie
    Pour sa proposition de loi sur l'économie numérique (LEN), un texte dangereux pour la liberté d'expression des internautes.
A ce jour, aucun Etat ne parvient totalement à contrôler INternet. Mais la course technologique effrénée que se livrent les "ennemis d'INternet" et ceux qui combattent pour la liberté du réseau est permanente.
Publiée le 30/03/2004 à 08:55 - Source : RSF
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