Les sociétés de spywares se battent entre elles

Attention, repartons faire un tour du côté de notre amie la frontière du... 76
Attention, repartons faire un tour du côté de notre amie la frontière du ridicule.

Alors voyons, qu'ai-je à vous proposer aujourd'hui ? Je cherche dans mon sac à embrouilles et je trouve...ah David et Arafel je vous avais dit de ne pas mettre tout votre sucre dans ce sac ! :cartonrouge:

Ah voilà : deux sociétés qui se battent.

Oui ? Monsieur au fond de la salle ?

Monsieur au fond de la salle : "Il n'y a rien d'extraordinaire à ce que deux sociétés se battent"

Je vois que vous êtes des lecteurs exigeants, je vais donc fournir quelques détails en plus et... Arafel ! Reviens ici avec ce sucre ! Non mais...

Bon, la société Avenue Media attaque la société DirectAvenue. Jusque là, rien d'excitant. Indice : Avenue Media est installée aux Caraïbes. Ah ! Ça met la puce à l'oreille de certains. Et il y a de quoi : ces deux sociétés éditent de superbes logiciels pour "simplifier" la navigation de l'internaute lambda en proposant de magnifiques outils comme une quinzaine de liens vers des casinos en ligne, une barre d'outil au design épuré permettant un accès à des sites de ventes aux enchères ou de magasins en ligne vendant à des prix magiques. Ai-je mentionné des promotions exceptionnelles sur le Viagra ?

Comment ? On appelle ça un gros paquet des spywares ? Ah oui peut-être... En tout cas, Avenue Media attaque DirectAvenue pour avoir repris "Avenue" dans son nom. Mais non voyons, il s'agit de quelque chose d'infiniment plus grave, et de beaucoup plus drôle aussi. Avenue Media accuse son adversaire d'un fait très singulier : le programme de DirectAvenue, lorsqu'il s'installe, probablement par l'opération du Saint Esprit, effacerait le programme d'Avenue Media de la mémoire, les fichiers sur le disque ainsi que les clés de registre associées. Mais quel scandale ! Rendez-moi mes spywares !

Mais sérieusement, de qui se moque-t-on ? Ces programmes ne demandent rien à l'utilisateur et sont parmi les plus intrusifs qui soient, et ils vont se battre entre eux pour savoir qui aura le droit de polluer les utilisateurs. En fait, derrière ce procès, qui n'a pas commencé d'ailleurs, se profile un problème majeur qui est l'établissement d'une loi claire sur la possibilité pour les sociétés de logiciels de se permettre de changer les paramètres du système de l'utilisateur. Ces programmes scannent vos mouvements et vos habitudes pour envoyer une décharge de publicités concernant ce qu'à priori vous aimez.

D'après les analystes, cette tendance est à la hausse. Les acteurs concernés se défendent d'intégrer des spywares dans leurs logiciels, mais ils mettent en avant qu'il s'agit d'adwares : au moins on ne pourra pas dire qu'ils jouent de mauvaise foi sur ce coup là. Rayonnant, DirectAvenue explique même que l'utilisateur doit accepter un "contrat de licence" (oui monsieur). Bon le dit contrat inclue quand même la clause suivante :

"You further understand and agree, by installing the software, that the software may, without any further prior notice to you, remove, disable or render inoperative other adware programs resident on your computer."

Littéralement : Vous acceptez, sans aucun avertissement de nôtre part, que le logiciel désactive, rende inopérant ou efface d'autres adwares sur votre machine.

Oui, d'autres adwares, sous-entendu : nous installons le notre. Mais comme d'habitude, qu'est ce que cela signifie pour l'utilisateur lambda ? Rien du tout, il cliquera sur oui en pensant sincèrement que c'est bien...

Et voilà, je parle, je parle, et je n'ai pas vu qu'Arafel m'avait pris tout mon sucre...

Publiée le 09/12/2004 à 17:02 - Source : Cnet News
Publicité