Les bonnes recettes de la musique en ligne

Sans concurrence, on vendrait plus ! 24
On la croyait suffocante, haletante, la main tendue et les poches vidées par d’ignobles pitoupistes. Finalement, le bilan est moins tranché que ne le laisseraient croire certaines analyses.

Les recettes de la musique en ligne, par contre, sont plutôt en pleine forme. Au premier semestre 2005, elles ont tout simplement plus que triplé ! De janvier à juin 2004, la fédération internationale de l’industrie phonographique constatait en effet 220 millions de dollars de chiffre d’affaires dans en ce secteur. En 2005, les caisses ont enregistré 790 millions de dollars. Pour l’IFPI, la Fédération internationale de l'industrie phonographique, la cause de ces bons chiffres est triple : l’internet à haut débit, les téléphones 3G et l’audio portatif. On signalera au passage que l’explosion du haut débit était autrefois également la cause du piratage galopant. Les temps changent donc, les moeurs aussi ?
 
Les données sont en tout cas telles que le chiffre d'affaires de la musique en ligne dépasse celui des ventes de disques deux titres. Par contre, les ventes totales sur les 6 premiers mois de l’année ont baissé de près de 2% (1,9% pour ne rien vous cacher) soit de 13,4 à 13,2 milliards de dollars entre 2004 et 2005. La musique en ligne représente en tout cas 6% du total du chiffre d’affaires. On pourra s’attendre à un effet balancier plus important dans l’avenir entre vente physique et vente en ligne.

Pour l’IFPI, nul doute, l’explication du recul total tient aux CD vendus à des prix cassés, à un léger recul des DVD musicaux et l’impact du téléchargement et de la gravure sans droit. D’autres causes sont plus rapidement évoquées comme des agendas de sorties de titres mal gérées, la piraterie commerciale et la concurrence d'autres secteurs de divertissement. On notera cette fois un discours en nette évolution puisque la concurrence et le marché s’immiscent dans les causes de la baisse des ventes. Une manière aussi de constater que sans concurrence, avec des prix du coup élevés, l'accès à cette forme de culture n'est jamais ouvert à tous.
Par Marc Rees Publiée le 04/10/2005 à 05:49
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