La Commission entrouvre la bibliothèque européenne

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« Sans mémoire collective, nous ne sommes rien et nous ne pouvons rien réaliser. C'est elle qui définit notre identité et c'est elle que nous utilisons en permanence dans l'éducation, le travail et les loisirs », déclarait Mme Reding, membre de la Commission chargée de la société de l'information et des médias La Commission Européenne vient ainsi de dévoiler ses plans pour créer « des bibliothèques numériques européennes ».  L’objectif est de permettre « à chacun d’y accéder dans le cadre de ses études, de son travail ou de ses loisirs, et donnera aux novateurs, aux artistes et aux entrepreneurs la matière première dont ils ont besoin ».

Entre la conservation du patrimoine culturel commun et le libre accès pour tous, les intérêts sont effectivement grands. Le projet, qui est censé concurrencer Google Print (et du coup l’OCA de Yahoo), n’en est cependant qu’à ses balbutiements. Et la Commission met donc là une première pierre à l’édifice, ou plutôt un grain de poussière tellement le projet semble pharaonique.

Trois séries d’actions sont prévues : l’organisation d’une consultation en ligne sur la numérisation et la conservation numérique. Ensuite, la mise en place d’une collaboration entre les États membres avec la définition de lignes directrices relatives à la numérisation, étape nécessaire pour alimenter ces fonds. Enfin, la Commission va affecter 36 millions d’euros à la recherche sur « les modes d’accès avancés au patrimoine culturel et sur la conservation numérique ». 60 millions d’euros seront ensuite versés entre 2005-2008 afin de rendre les collections et les services numériques nationaux interopérables, le tout sous une utilisation multilingue.

Constatant que l’entreprise est immense, la Commission souligne que « les fonds sont constitués d’éléments de natures très diverses puisqu'il s'agit de livres, d’extraits de films, de photographies, de manuscrits, de discours et de musique ». Au passage, on note donc des points communs avec le projet OCA de Yahoo, bien plus qu’avec celui de Google, davantage commercial et seulement livresque. Tous se rejoignent face à l’immensité de la tâche : « le fonds dans lequel il faudra faire une sélection est énorme. On compte en effet pas moins de 2,5 milliards de livres et de périodiques reliés dans les bibliothèques européennes, et les heures de films et de matériel vidéo qui se trouvent dans les archives audiovisuelles des organismes de radiodiffusion se comptent par millions ».
Publiée le 04/10/2005 à 05:55
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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