L'ARCEP publie sa "Lettre de l'Autorité" de Juillet/Août

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L'Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP), ex-ART, l'Autorité de régulation des télécoms, vient de publier à l'instant sa 45ème "Lettre de l'Autorité" pour les mois de juillet/août. Cette lettre proposée en PDF de 20 pages traite d'un sujet souvent abordé en France ces derniers temps, La Poste et son ouverture à la concurrence. Bien que le sujet soit intéressant, il ne nous concerne pas spécialement.

Cependant ce PDF traite dans ses dernières pages de l'internet haut-débit en France et les territoires français. Nous connaissions déjà la plupart de ces informations, et cette lettre ne fait que les confirmer, mais certaines phrases sont particulièrement intéressantes. En voici quelques unes :

L'ADSL en France et les problèmes de coûts dans les zones rurales

« Si les répartiteurs équipés en 2004 permettent l’éligibilité à l’ADSL de 90 % des lignes à 128 kbit/s, passer de 6.000 à 12.000 répartiteurs pour atteindre 98 % de lignes éligibles va nécessiter un doublement des investissements de la part de France Télécom.

Bruno Janet (France Télécom) a rappelé que le plan ZAE [Zones d’activités économiques] de l’opérateur historique concernera 2.000 zones, soit 12.0000 entreprises en très haut débit à partir de septembre 2004, la mise en place du Giga-Ethernet dans 30 villes à partir de 2006, et un engagement de fournir à toute entreprise, quelle que soit sa localisation en France, un accès haut débit à 2 Mbit/s symétrique, allié à une baisse des tarifs.

La demande des opérateurs clients des délégations de service public (DSP) porte essentiellement sur la location de fibre, car c’est par elle que passe l’innovation. Selon Completel, la tarification par plaque constitue une barrière à l’entrée. Pour Free, l’investissement nécessaire pour l’achat de fibre d’une plaque est « anticoncurrentiel». LDCom, quant à lui, estime que le catalogue de services doit évoluer, peut-être vers une logique de tarif forfaitaire en fonction de la taille du répartiteur.

Le dernier thème étudié a été celui des «petits» répartiteurs (moins de 5000 lignes). Comme l’a souligné Marc Gauché (SEM e-Téra), les coûts d’accès à ces répartiteurs freinent l’extension de la couverture du DSL en zones rurales. L’ARCEP a indiqué qu’il faut la co-localisation distante avec un câble partagé par plusieurs opérateurs alimentant un abri, subventionné éventuellement par la collectivité, pour s’affranchir des coûts de structure supportés par France Télécom. »

Un espoir pour les DOM (Départements d'Outre-mer) et notamment la Réunion

« L’ARCEP estime qu’à la Réunion, et dans les DOM en général, la concurrence n’est pas suffisante pour le développement du haut débit alors qu’il s’agit d’un enjeu central pour le développement social et économique.

La principale raison tient au niveau des tarifs de détail qui, à débit équivalent, est deux fois supérieur aux tarifs pratiqués en métropole dans les zones non dégroupées.

A titre d’exemple, le tarif mensuel du Mbit/s passe ainsi de 3 182 à 1 650 euros pour un trafic compris entre 1 et 20 Mbit/s et de 2 869 à 1 500 euros pour un trafic supérieur à 50 Mbit/s. Sachant que l’offre « collecte IP/ADSL » est la plus utilisée à La Réunion, cette baisse des tarifs, si elle est répercutée totalement (voire partiellement) sur les prix de détail, devrait fortement contribuer au développement du haut débit à La Réunion, comme cela a été observé en métropole lors des baisses successives d’IP/ADDSL en 2002 puis en 2004. »

Le Wimax arrivera massivement en France (?)

« Les propositions de l’ARCEP pour l’utilisation de fréquences BLR devraient favoriser le développement de nouvelles solutions radio capables d’étendre le haut débit sur tout le territoire.

L’Autorité étudiera les demandes, région par région. Dans les régions où l’absence de rareté des fréquences est constatée, l’Autorité délivrera les autorisations sur la base de la règle « premier arrivé, premier servi ». Les autorisations pourront, dans ce cas, être délivrées sur une zone de couverture régionale ou porter sur un département ou plusieurs communes.

Dans les régions où la rareté des fréquences est avérée, les candidats seront départagés sur la base de trois critères : la contribution au développement territorial des services à haut débit, l’aptitude du projet à favoriser la concurrence sur le haut débit et le montant de la redevance que le candidat est prêt à payer dès l’attribution. »

Si tout ceci vous intéresse et si vous disposez de quelques minutes devant vous, voici un lien vers le .pdf en question.
Publiée le 02/08/2005 à 16:16
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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