Jeux violents : LA solution des revendeurs spécialisés

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SinglesConcernée nécessairement par les jeux violents ou à caractère pornographique, l'association Française des Revendeurs Spécialisés a sa petite idée pour régler ce problème.

Créée en juin dernier, elle a pour mission de défendre les intérêts de la profession dans les produits ou services multimédias (jeux, etc.). Elle veut de même prendre "toutes les mesures nécessaires pour mener à bien les missions qui lui sont confiées par ses membres". Son cheval de bataille est ainsi de faire face "au désintérêt manifeste des constructeurs de consoles et des éditeurs de logiciels de loisirs à l'égard des magasins de jeux vidéo".

Et c'est là justement que se trouverait l'une des clés majeures des jeux interdits aux mineurs. Concernant les scènes particulières de GTA San Andreas, ou Resident Eil 4 ou encore PlayBoy the Mansion, l'association estime que "il est inconcevable que [ces jeux] soient vendus en toute impunité en grandes surfaces". Le parallèle peut se faire avec les films olé olé, sucré salé : "à l’instar des films X vendus ou loués dans des vidéoclubs, il est nécessaire que ce genre de jeux, destiné à un public adulte, ne soit pas en libre accès en grandes surfaces".

Un autre problème se conjugue avec le premier, pour l'aggraver. L'association met le doigt sur les innocentes jaquettes. A titre d'exemple, "la jaquette du boîtier de Singles 2 ressemblent plus à un jeu pour jeunes filles ou à une simulation dans la lignée des Sims qu’à un jeu de drague avec scènes érotiques". De même, en Europe, le logo PEGI [NDLR : la cochonne ?] ou Pan European Game Information, classe les jeux par âge, à l'aide de logos. "Peu connu du grand public, certaines personnes l’assimilent même à la note du jeu". Et évidemment, entre deux paquets de nouilles, "les caissières de supermarché n’ont ni le temps, ni la formation pour conseiller les parents".

"Nous sommes conscients que les joueurs adultes réclament de nouvelles expériences ludiques " temporise l'AFRS qui se refuse de critiquer le travail des auteurs et éditeurs, "néanmoins nous devons protéger les enfants et mêmes les adolescents car ce genre de jeu, généralement très sexiste, donne une mauvaise image de la femme, la cantonnant souvent à des rôles de prostituées ou de femmes faciles [...] Il faut garder à l’esprit qu’il y a dans certains jeux des scènes de massacre à la tronçonneuse, d’étouffement avec des sacs plastiques, des séquences très suggestives (fellation, sodomie, partie à trois, etc.)". Des scènes qui heurteront la sensibilité des plus jeunes et seront éloignées du schéma éducatif des parents.

"La grande distribution, assez hypocritement, joue un double jeu : d’un côté les grandes enseignes s’offusquent de l’existence de tels jeux et d’un autre côté, les jeux sont mis en rayon à un niveau facilement accessible aux plus jeunes". Dès lors, la seule solution qui s'impose est celle consistant à réserver ces ventes aux revendeurs spécialisés, seuls capables de renseigner au mieux les parents. "Eux seuls peuvent d’ailleurs interdire la vente de ces jeux aux mineurs car en grandes surfaces aucun contrôle n’est effectué". Un choix qui permettrait aussi aux revendeurs de lutter plus efficacement contre les mastondontes de la distribution...
Publiée le 22/07/2005 à 16:24
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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