Communiqué Odebi contre le filtrage des réseaux P2P

La Ligue Odebi a voulu réagir face à la charte anti-piratage entre... 96
La Ligue Odebi a voulu réagir face à la charte anti-piratage entre founisseurs d'accès internet et producteurs de musique, qui devrait être publié officiellement d'ici peu. Voici le communiqué intégral, aux arguments quelques fois étonnants...

Contre le filtrage des réseaux p2p

Dans le cadre du projet de charte FAI/Industrie phonographique impulsée par Bercy, la Ligue s'oppose catégoriquement à tout filtrage des réseaux d'échange d'égal à égal (p2p).

La Ligue dénonce le mythe du "piratage" ou du "tout gratuit" largement diffusé depuis quelques mois : Un fait objectif est que les français paient une redevance pour copie privée. Ainsi, toute personne qui achète un cd vierge paie cette redevance, et ce même si elle n'y copie pas un octet de musique : Cette forme d'impôt, par trop passée sous silence, annihile incontestablement le mythe du "tout gratuit" et les discours de victimisation de l'industrie phonographique.

Toute atteinte à la copie privée, que ce soit par le biais du filtrage des réseaux d'égal à égal, de l'intimidation judiciaire, ou de la mise en oeuvre de dispositifs anti-copie, changerait ipso facto la redevance pour copie privée en _RACKET_ .

On ne peut pas simultanément demander aux français de payer une redevance pour copie privée, et leur interdire cette copie privée.

Concernant le filtrage des réseaux p2p : Il serait totalement inacceptable de filtrer un système qui permet d'échanger de nombreux contenus n'ayant strictement aucun rapport avec l'industrie phonographique, au prétexte que cela permettrait de lutter contre un prétendu "piratage".

Enfin, la mise en place d'un tel système de filtrage aurait un coût nécessairement payé en fin de compte par les internautes : Il est inconcevable de faire payer aux internautes un système leur interdisant une copie privée pour laquelle ils paient une redevance.

Par ailleurs, la Ligue s'oppose avec la plus grande fermeté à tout projet de "pédagogie anti-piratage" qui consisterait à envoyer des représentants directs ou indirects de l'industrie phonographique dans les établissement scolaires. Outre le fait que cette démarche unilatérale s'oppose frontalement au principe de coéducation, l'intimidation, la diabolisation, voire les amalgames (par exemple avec la contrefaçon de médicaments, "qui tue"...) ou les insultes (par exemple le "doigt d'honneur" adressé aux internautes par l'industrie phonographique) sont totalement contraires aux principes pédagogiques les plus élémentaires, et ce d'autant plus si l'on passe sous silence le fait que les français paient en réalité une redevance pour copie privée : Si la copie privée est du "piratage", alors la redevance pour copie privée est du "racket", et l'on verrait assez mal un "racketteur" aller faire la morale à un "pirate"...

La Ligue rappelle qu'aucune étude à ce jour n'a réussi à montrer que le téléchargement de musique est la cause de la baisse des ventes de CD, alors que dans le même temps, de très nombreux français estiment que ces CD sont trop coûteux.

La Ligue demande donc au gouvernement de plus pragmatiquement se pencher sur les mécanismes de détermination des prix des CD, ainsi que sur la ventilation des sommes perçues au titre de la redevance pour copie privée.
Publiée le 28/07/2004 à 15:15
Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

Soutenez nos journalistes

Le travail et l'indépendance de la rédaction dépendent avant tout du soutien de nos lecteurs.

Abonnez-vous
À partir de 0,99 €

Publicité