Malaisie : un black-out en opposition à un amendement jugé liberticide

Malaise du net 21

Les initiatives de black-out du net ont le vent en poupe depuis le succès rencontré par la journée de manifestation contre les projets SOPA/PIPA aux États-Unis. Après la Russie il y a quelques semaines, c’est au tour de la Malaisie de lancer une nouvelle opération de ce type. Encore une fois, il s’agit de protester contre une législation jugée liberticide.

stop 114A

 

Aujourd’hui, une bannière « Stop 114A » est présente en page d’accueil de nombreux sites malaisiens (voir la liste complète ici), dont de nombreux sites de presse, blogs,... En plus d’une mini-bande dessinée explicite (voir ci-dessous), les internautes se voient proposer deux liens, afin d’expliquer la démarche relative à cette opération revendiquée comme un nouveau « black-out du net ». Ce n’en est toutefois pas vraiment un, puisque la plupart des sites fonctionnent normalement après fermeture de la bannière. Il s’agit donc avant tout d’une journée de mobilisation des internautes, les manifestants étant également invités à apposer un badge à leur photo de profil sur les différents réseaux sociaux.

 

114A

 

Comme l’explique le Centre du journalisme indépendant malaisien, fer de lance du mouvement, « il s'agit de provoquer une prise de conscience parmi les usagers du Web de l'impact négatif de l'amendement [114A] sur la liberté d'expression ». D’après les manifestants, cet amendement introduit une sorte de « présomption de culpabilité » qui limiterait la liberté d’expression sur le net. Selon eux, il est notamment prévu que « l’internaute soit considéré comme l’éditeur de tout contenu en ligne, sauf preuve du contraire. Il rend également responsables les personnes qui administrent, exploitent ou fournissent des espaces communautaires en ligne, services de blogs et d'hébergement, des contenus publiés par ses services ». Le Monde note pour sa part que l’amendement 114A autorise les poursuites contre les hébergeurs, fournisseurs d'accès et internautes en cas de diffusion de contenus diffamatoires ou critiques envers le pouvoir en place.

 

 

Il n’en demeure pas moins que l’amendement en question a déjà été adopté par le parlement en avril, puis publié au journal officiel à la fin du mois dernier. Avec cette opération, les manifestants demandent donc le retrait du 114A.

 

Rappelons enfin que la Malaisie fait partie des pays placés sous surveillance par l’association Reporters Sans Frontières, tout comme la France. 

Publiée le 14/08/2012 à 17:27
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