La CNIL veut mesurer la perception de la reconnaissance faciale

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Dans le cadre de ses missions de réflexion sur l'évolution des technologies et les effets sur la vie privée et les libertés, la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés s’intéresse au tagging et à l’identification automatique des photos.

facebook tag

Via un appel d’offres, la CNIL organise une enquête sur la « place des photos et vidéos dans la vie numérique en ligne et la perception des outils de reconnaissance d’image et de reconnaissance faciale ».

Avec la démultiplication des smartphones et des applications de partage, les pratiques se généralisent : « 300 millions de photos sont publiées chaque jour sur Facebook (…). Or, les photos de personnes voire de certains lieux peuvent être considérées comme particulièrement sensibles dans la mesure où il devient de plus en plus facile d’appliquer sur elles des technologies d’analyse d’images sophistiquées, en particulier la reconnaissance faciale. Qui plus est, les images qui restent stockées et sont largement dupliquées alimentent la question du droit à l’oubli. »

Outre l’identification des visages comme sur Google Photo ou Facebook, « les systèmes de reconnaissance vocale notamment sur smartphones (par exemple Siri, sur iphone 4S ou Google Now l’assistant vocal de Google) laisse présager des potentialités d’usages inédites ». Dans le cadre d’un marché public, la cellule des études de l’innovation et de la prospective veut donc mesurer les usages et la perception des Français sur ces outils automatiques afin de jauger les enjeux au regard de la vie privée et du respect des données personnelles.

Pour ce marché, la CNIL cible un échantillon de personnes majeures représentatives de la population française et un « sur-échantillon » représentatif de la population : habitudes de prises de vue numérique (matériel, connecté ou non), quantité de photos prises, but (partage, souvenir, art, etc.), utilisation des tags d’identification, règles de partage et de restriction d’accès sur les réseaux, mais aussi perception du caractère intrusif et des « stratégies » adoptées pour se tagger soi-même et tagger les autres (leur demander, leur laisser le choix, ne pas le faire, …). A l’aide de ce sondage, la CNIL veut également connaître les démarches de protection éventuellement mises en place par l’utilisateur (détaggage systématique, demande de retrait des images, accès restreint, accord des tiers…). Après cette enquête, une communication de la CNIL est programmée sur son site.

Publiée le 10/08/2012 à 11:50
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

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