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Acer avertit Microsoft des conséquences négatives de sa Surface

Un contre tous, tous contre un

Acer a décidément la dent dure contre Surface, la future tablette tactile sous Windows 8 ou Windows RT de Microsoft. En juin dernier, lors d'une interview accordée à Reuters, un représentant d'Acer Europe estimait que copier le modèle d'Apple, i.e. concevoir à la fois le matériel et le logiciel, avait bien peu de chance d'être un succès pour Microsoft. Tout au plus, Surface devrait favoriser l'adoption de Windows 8 pensait Acer. Hier, JT Wang, le patron d'Acer, a indiqué au Financial Times qu'il avait recommandé à Microsoft de réfléchir « à deux fois » avant de lancer sa tablette Surface.

surface

« Ce n'est pas un domaine dans lequel vous êtes bons »

« Nous avons dit (à Microsoft) de bien y réfléchir. Réfléchissez-y à deux fois. Cela va créer un énorme impact négatif sur l'écosystème, et d'autres marques pourraient avoir une réaction négative. Ce n'est pas un domaine dans lequel vous êtes bons alors s'il vous plaît, réfléchissez-y à deux fois. »

 

Les propos de JT Wang sont pour le moins sans ambiguïté. Le patron d'Acer, quatrième constructeur de PC au monde et partenaire important de Microsoft, n'y va pas par quatre chemins. Pour lui, il y a d'un côté les fabricants et vendeurs de machines, et de l'autre, ceux qui développent les logiciels. Or avec Surface, Microsoft traverse une ligne dangereuse aux yeux de ses partenaires, une ligne qu'il n'a pourtant jamais dépassée ces dernières années.

Le modèle de Microsoft remis en question

Mais depuis, un certain Apple écrase tout sur son passage, et ses concurrents veulent logiquement copier son modèle, quand bien même Google, avec un modèle différent, affiche lui aussi une grande réussite. Microsoft, avec Surface, semblait plutôt vouloir copier le modèle de Google avec ses Nexus. Mais si ces derniers sont plutôt des appareils servant de base aux autres constructeurs, et non destinés à écraser la concurrence (Nexus 7 mis à part ?), le cas de la Surface fait débat.

 

Tout d'abord, Google ne fabrique pas ses Nexus mais passe via des partenaires. HTC dans un premier temps, Samsung pour les derniers smartphones Nexus et ASUSTeK pour la tablette Nexus 7. Microsoft, lui, cache l'identité du fabricant de sa tablette (Samsung ?) et en fait son propre produit, sans préciser si des partenaires peuvent fabriquer des clones de la Surface. De plus, avec Surface, Microsoft prend le risque d'écraser les autres constructeurs qui exploiteront eux aussi Windows 8 et Windows RT.

Si Microsoft n'a pas encore adopté le modèle d'Apple en continuant de nouer des partenariats avec des constructeurs tiers, la société américaine n'a pas non plus copié le modèle de Google. Tout du moins, les Nexus du géant du Web n'ont jamais créé autant de remous que la Surface. Même l'acquisition de Motorola Mobility, pourtant très dangereuse potentiellement pour les partenaires de Google, a suscité moins de polémiques auprès des partenaires que la tablette tactile de 7 pouces qu'est Surface.

Microsoft a bien conscience du problème

Une situation totalement connue de Microsoft, qui a expliqué dans un document remis à la SEC le mois dernier que sa « Surface sera en concurrence avec les produits fabriqués par nos partenaires OEM [Original Equipment Manufacturer], ce qui peut affecter leur engagement à notre plateforme ».

 

Des propos qui coincident avec ceux de Campbell Kan, le « President of PC Global Operations », qui a parfaitement résumé la problématique en se questionnant : « Si Microsoft se lance dans le matériel, qu'allons-nous faire ? Devons-nous encore compter sur Microsoft, ou devons-nous chercher d'autres alternatives ? » Un débat interne a ainsi lieu chez Acer afin de savoir comment répliquer à la Surface et à tous les produits que pourrait sortir Microsoft à l'avenir.


Alors que Windows 8 est particulièrement critiqué par certains développeurs, notamment de jeux vidéo, la politique de Microsoft vis-à-vis de sa Surface est tout aussi polémique. Microsoft, sciemment ou non, a en tout cas semé un certain doute auprès de ses partenaires. La firme américaine aurait tout intérêt à dissiper ces doutes rapidement.

Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD. Essentiellement présent sur Google+.

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Publiée le 07/08/2012 à 16:08

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