Microsoft travaille sur une version web de Skype basée sur WebRTC

Mais pas le même WebRTC que les autres 48

Le protocole WebRTC est amené à jouer un grand rôle dans les communications directes de type audio ou vidéo sur le web. Google et Mozilla notamment ont même commencé à l’implémenter dans leurs navigateurs. Microsoft se lance à son tour dans la bataille, mais la vision de l’éditeur comporte des différences notables avec celle de ses concurrents.

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Une version web de Skype en ligne de mire 

Microsoft a donc présenté au W3C sa vision de ce que devrait être le protocole WebRTC, appelée « Customizable, Ubiquitous Real Time Communication over the Web », ou CU-RTC-Web en abrégé. Une telle proposition va nécessairement poser des difficultés car WebRTC est déjà implémenté en partie dans Firefox, Chrome et Opera, alors même qu’il est loin d’être finalisé.

Matthew Kaufman, architecte en chef de CU-RTC-Web chez Microsoft, a indiqué au site GigaOM que le travail sur cette technologie avait commencé en 2010 conjointement avec Skype. Et pour cause : Microsoft souhaite une version purement web de son client de VoIP racheté à prix d’or (8,5 milliards de dollars). La proposition faite au W3C tient donc compte de ces impératifs de développement, mais pas seulement.

Matthew Kaufman n’est d’une part pas d’accord avec la manière dont est gérée l’implémentation de WebRTC dans les navigateurs concurrents, qu’il juge beaucoup trop rapide. Il dresse d’ailleurs un parallèle avec les WebSockets, intégrés trop vite dans Mozilla avant d’être retirés pour qu’un correctif de sécurité soit appliqué. Microsoft s’est contenté de dire jusqu’à présent que seuls les véritables standards seraient intégrés et Internet Explorer est connu de fait pour avancer moins vite que la concurrence.

Un standard plus flexible selon Microsoft

Kaufman indique d’autre part que le planning de sa version de WebRTC a été délibérément plus lent afin que les ingénieurs prennent leur temps. Ceci en grande partie à cause de différences notables sur le fonctionnement du protocole. Il explique que le fonctionnement actuel de WebRTC peut être comparé à une boîte noire dont les développeurs ne peuvent guère personnaliser l’utilisation. Dans CU-RTC-Web, ces mêmes développeurs auraient davantage le choix, leur permettant de mieux plier la technologique à leurs besoins.

Microsoft insiste en outre sur un point bien précis : un standard ne peut pas être lié à des codecs, formats de données ou scénarios particuliers. Il doit pouvoir s’adapter facilement à tous les cas d’utilisation. En filigrane se trouve derrière cet argument une dent contre VP8, le codec vidéo ouvert par Google en 2010 et que la firme tente de promouvoir depuis. Or, Google et Mozilla veulent principalement utiliser le VP8 pour WebRTC puisque les deux sociétés le soutiennent activement (notamment via YouTube).

Quoi qu’il en soit, Kaufman précise que la proposition CU-RTC-Web n’a pas vocation à écraser ce qui a déjà été fait. L’objectif serait plutôt de trouver un terrain d’entente et surtout d’impliquer les concurrents dans le processus. Reste à savoir si ces derniers seront intéressés, mais puisque le travail se fera au W3C, une certaine coopération devrait tout de même avoir lieu.

Publiée le 07/08/2012 à 14:48 - Source : Microsoft
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

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