L’ombre des États-Unis plane sur les déboires de Demonoid

Demonoid ? Préparation D 44

Demonoid est indisponible depuis plusieurs jours, le célèbre site Web et tracker BitTorrent ayant été l’objet d’attaques DDos. Mais ce n'est pas tout : il s'avère que dans la foulée, ses serveurs ont été copiés puis scellés par les autorités ukrainiennes. Comme le relèvent nos confrères de TorrentFreak, cette opération coïncide étrangement avec une rencontre entre le vice-premier ministre ukrainien et les États-Unis, sans qu'il soit à l'heure actuelle possible de faire de lien direct.

 

Il y a deux semaines, Demonoid était l’objet d’une attaque informatique. Quand les internautes tentaient d’y accéder, ils se voyaient opposer un message les avertissant que ses serveurs étaient surchargés, ce qui pouvait plutôt laisser penser à des problèmes d’ordre technique. Pourtant, les administrateurs du site ont rapidement expliqué à TorrentFreak qu’il s’agissait bien d’une attaque, de type DDos. Depuis, les serveurs sont toujours indisponibles.

 

demonoid

Via TorrentFreak.

 

Les déboires de Demonoid auraient pu s’arrêter là mais dans les jours qui ont suivi cette agression informatique, il s’avère que la police ukrainienne s’est également rendue dans le datacenter qui hébergeait les serveurs de Demonoid, ColoCall. « Les enquêteurs ont copié toutes les informations des serveurs et les ont scellés », a indiqué un responsable de ColoCall à Kommersant, sous couvert d’anonymat. Seule une partie des équipements a été saisie d’après cette source, qui a ajouté qu’il avait ainsi été « obligé de résilier le contrat avec le site ».

Récente rencontre officielle entre le vice-premier ministre ukrainien et les États-Unis

Pourtant, Demonoid bloquait toutes les adresses IP ukrainiennes pour éviter d'éventuelles représailles de la part des autorités, comme le note Ars Technica. C’est d’ailleurs pour ne plus avoir à déménager leurs serveurs que les administrateurs de Demonoid avaient décidé il y a cinq ans de les installer dans ce pays, après de précédents déboires aux Pays-Bas puis au Canada. Bref, rien ne semblait justifier a priori l'intervention de la police ukrainienne.

 

Mais une source proche du ministère de l’Intérieur ukrainien a mis Kommersant sur une piste : cette intervention des autorités coïncide avec la visite officielle de Valeriy Khoroshkovskyi, vice-premier ministre Ukrainien, aux États-Unis. Le site du département du commerce extérieur américain a d’ailleurs publié un communiqué relatif à leur entrevue du 31 juillet, où il fut notamment question de propriété intellectuelle.

 

usa demonoid ukraine

Publiée le 07/08/2012 à 15:03
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